Étant donné tout ce qui précède, il serait plus sage d'admettre que la réponse de la nature sera plus forte voire brusque et extrême. À des attaques brusques correspondent habituellement des ripostes brusques. En temps normal, comme ça s'est presque toujours passé précédemment nous aurions eu droit à une glaciation rapide. Mais, comme nous l'avons dit plus tôt, la présence du paramètre de l'ensoleillement relativement fort à 650 de latitude nord ne permettra que l'avènement de ce qu'on pourrait appeler une semi-glaciation dans un premier temps. Une glaciation digne de ce nom pourrait ne se concrétiser que dans quelques cycles (22 000 ans chacun) de précession des équinoxes.
En effet la Dérive Nord Atlantique sera sérieusement ralentie, sinon arrêtée, ce qui correspondra à repousser le Gulf Stream vers le sud. Il ne s'arrêtera pas vraiment, il fait partie de la grande circulation thermohaline(grand convoyeur) des océans, il va simplement raccourcir son trajet. Au lieu de se prolonger loin dans l'Atlantique Nord,il renversera sa course à la hauteur des Açores. Ce phénomène aura pour effet de diminuer considérablement l'apport de chaleur sur l'Europe et l'est de l'Amérique du Nord (cet apport à peut-être été surévalué, il est possible que l'apport de chaleur soit davantage dû aux courants atmosphériques qu'au Gulf Stream). Il pourrait ne se réactiver et reprendre sa course normale que lorsque,dans quelques siècles ou au plus dans quelques milliers d'années, la calotte glaciaire du Groenland aura complètement fondu.
Tout cela ne serait pas une bonne nouvelle. La Scandinavie et le nord de la Grande-Bretagne seraient sous la glace et un climat sibérien régnerait au sud de l'Europe et au nord-est de l'Amérique du Nord. Montréal, New-York et Paris, par exemple, devraient supporter ce climat.
Si la calotte glaciaire du Groenland fond complètement, il faut s'attendre à une élévation de 6 ou 7 mètres du niveau des océans (ou plus encore, puisque l'Antarctique aura partiellement fondu). Faut-il attendre que ces événements se produisent pour prendre le réchauffement global au sérieux? Une telle élévation du niveau de l'océan toucherait 50% de l'humanité. Plus de 3 000 000 000 d'humains vivent à quelques kilomètres des côtes. Toutes ces populations devraient être déplacées ou, du moins pour celles moins affectées par ces bouleversements, vivre dans des conditions très différentes. Des territoires comme ceux des Pays-Bas et du Bangladesh seraient en grande partie inondés.
C'est malheureusement le scénario que nous devons envisager. C'est le plus réaliste si on tient compte de la situation présente. Cependant, il ne faut pas être excessivement alarmiste, l'humanité y survivra. Si rien n'est fait à brève échéance, il est certain qu'il faudra entrevoir la possibilité que ce scénario se réalise.
Pour être honnête et ne rien cacher à la population de la planète, il faut admettre que l'augmentation rapide de la température en cette période interglaciaire pose problème et qu'elle sème de sérieux doutes dans l'esprit de plusieurs experts en la matière.
Il est fort probable que si la tendance se maintient, des modifications climatiques plus brusques voire extrêmes surviendront :
---Des tempêtes accompagnées de vents soufflant à plus de 200 km/h.
---Des courants atmosphériques qui montent en très haute altitude (où , on l'a dit, les températures sont de plus en plus froides) et ramènent des précipitations,des grêlons dont la quantité et la grosseur impressionnent.
---Des pluies torrentielles qui causent des inondations et des glissements de terrain en plus d'augmenter les quantités d'eaux douces se déversant dans l'Atlantique Nord.
---Des tornades avec des vents soufflant à plus de 500 km/h.
---Des cyclones dévastateurs.
---De gigantesques feux de forêt qui brûlent des milliers de km2 de forêt et qui, par la même occasion, augmentent l'effet de serre.
---Des températures extrêmement élevées atteintes à différents endroits du globe (plus de 450C) et des sécheresses.
---Des pluies verglaçantes d'une durée exceptionnelle comme celles de 1998 au Québec et dans l'est de l'Ontario (durée de 5 jours au Québec).
---Des blizzards hivernaux de forte intensité avec des bourrasques soufflant à des vitesses incroyables.
Suite à l'examen de ces conditions climatiques extrêmes, je trouve à propos cette citation de Albert Szent-Gyorgyi : " À travers les âges, le souci capital de l'homme a été celui de la vie après la mort. Aujourd'hui, pour la première fois, nous nous trouvons acculé à nous poser la question de savoir s'il y aura encore une vie avant la mort."