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3 novembre 2015 2 03 /11 /novembre /2015 17:19

~~Espérons que les travaux du COP21 vont porter des fruits. Si on veut limiter le réchauffement climatique à 2 degrés Celsius (au-delà ce sera incontrôlable : effet de bascule), les pays participants devront prendre des engagements contraignants quant à la réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre, GES. Une trop imortante augmentation de la température pourrait avair des effets catastrophiques en seulement une dizaine d'années : dégazage du permafrost (anglais)...pergélisol (franais)...merzlota (russe), aussi bien terrestre qu'océanique. Une importante augmentation de la température planétaire (jusqu'à 10 degrés Celsius) en une dizaine d'années résulterait d'un dégazage de 50 milliards de tonnes de méthane, CH4, ce qui entrainerait des conditions de vie insupportables pour la vie végétale et pour la vie animale. À ce moment là on pourrait parler d'une réelle et brutales 6e extinction. Ce scénario existe, mais son dénoument pourrait ne pas s'actualiser si les bonnes décisions (contraignantes) sont prises lors du COP 21 du début de décembre 2015. Espérons qu'il passera à l'histoire pour avoir été celui des bons choix...lucides et efficaces.

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19 octobre 2015 1 19 /10 /octobre /2015 18:10

Très bel exemple à donner aux autres grandes villes et surtout bonne nouvelle pour la lutte contre le réchauffement climatique.

Agence France-Presse
OSLO

Oslo va bannir les voitures de son centre-ville d'ici à 2019 dans le cadre de mesures visant à diviser de moitié ses émissions de gaz à effet de serre, a indiqué la nouvelle coalition qui s'apprête à diriger la capitale norvégienne.

Celle-ci va aussi retirer ses investissements du secteur des énergies fossiles, ce qui en fait la première capitale au monde - a fortiori d'un pays producteur d'hydrocarbures - à annoncer un tel désengagement, selon les défenseurs de l'environnement. Ils s'en félicitent avant la conférence sur le climat organisée à Paris du 30 novembre au 11 décembre.

Ces mesures figurent dans la plateforme présentée lundi par le parti travailliste et ses alliés, la Gauche socialiste et les écologistes, vainqueurs des élections municipales du 14 septembre après près de deux décennies de règne de la droite.

L'interdiction d'ici à 2019 des voitures particulières à l'intérieur du périphérique couvrira une zone où, selon le journal Verdens Gang (VG), ne résident qu'un gros millier d'habitants, mais où travaillent environ 90 000 personnes.

Les modalités n'ont pas encore été arrêtées, mais le projet inquiète d'ores et déjà les commerçants, au nom des centres commerciaux sont situés dans le centre-ville.

La nouvelle équipe s'est fixé l'objectif de réduire les émissions municipales de gaz à effet de serre de 50 % en 2020 par rapport à 1990.

«La municipalité d'Oslo va retirer tous ses investissements des entreprises actives dans les énergies fossiles», a déclaré la représentante écologiste Lan Marie Nguyen Berg lors d'une conférence de presse.

Le fonds de pension de la ville, qui pèse environ 8 milliards d'euros (11,75 milliards de dollars), a déjà annoncé en mars son retrait du charbon - à l'instar du fonds souverain du pays -, mais ce désengagement devrait aussi désormais concerner le pétrole et le gaz naturel.

«Nous sommes extrêmement heureux de voir que, quelques semaines avant le sommet de Paris, le nouveau conseil municipal d'Oslo prenne une décision courageuse et devienne la première capitale au monde à choisir de sortir de toutes les énergies fossiles», a réagi le président de l'ONG norvégienne The Future in Our Hands, Arild Hermstad.

«C'est un symbole fort quand la capitale d'un pays producteur de pétrole dit non aux investissements dans les énergies fossiles», a-t-il ajouté.

Aux États-Unis, en Grande-Bretagne, en Australie et en Nouvelle-Zélande, certaines villes se sont aussi déjà jointes à la campagne grandissante contre ces énergies à l'origine du réchauffement climatique.

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27 août 2015 4 27 /08 /août /2015 00:58

Denis Laforme Tu as raison, Yvan, son affirmation n'est basée sur rien. Par contre s'il t'avait parlé des paramètres astronomiques qui sont responsables des cycles glaciaires-interglaciaires...là, on aurait pu se donner la peine de lire ses commentaires. Par contre, lorsqu'il dit que la prochaine ère glaciaire adviendra, il n'a pas tort...mais quand? S'il connaissait les résultats des longues observations du serbe Milutin Milankovitch sur la question il est bien possible qu'il aurait pu nous intéresser. Pour faire court : l'écliptique, l'obliquité de l'axe terrestre et la précession des équinoxes sont les trois paramètres astronomiques sur lesquels s'est basé Milankovitch pour conclure qu'un cycle glaciaire-interglaciaire dure en moyenne 100 000 ans (90 000 de glaciaire et 10 000 ans d'interglaciaire). Or, nous le constatons tous, l'interglaciaire actuel est particulièrement long...nous devrions déjà être en début de glaciation. Cependant, il arrive que lorsque ces 3 paramètres astronomiques ne sont pas tout à fait en mode glaciaire (comme c'est arrivé il y a un peu plus de 400 000 ans) que l'interglaciaire dure 20 000 ans (il est déjà arrivé que ce soit 30 000 ans). Abstraction faite du réchauffement climatique qui ne devrait pas trop influencer, le paramètre précession des équinoxes ne semble pas collaborer...et la durée de son cycle fera fort probablement retarder la prochaine glaciation de 20 000 ans pour le plus grand bien de l'humanité si elle est encore là (on sait qu'une glaciation pourrait éliminer le vivant à près de 90%). Bien sûr qu'il y avait des humains lors des 2 dernières glaciations. D'accord, ils ont survécu malgré un super goulot d'étranglement, survenu il y a 73 000 ans (super volcan de Toba sur l'ile de Sumatra en Indonésie), qui selon toute vraisemblance n'aurait laissé qu'environ 2 000 survivants (les plus futés, ce qui a mené à une amélioration des capacités physiques et intellectuelles de la race humaine).

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26 août 2015 3 26 /08 /août /2015 20:47

Changements climatiques : le chaud et le froid

4 avril 2015 9h29 · Yvan Dutil

Depuis des semaines, je regarde les prévisions météo à long terme en espérant un réchauffement des températures et je suis toujours déçu. Alors que la température globale bat des records de chaleurs, au Québec, elle bat des records de froid. Il est même probable, selon mes évaluations, que le mois de février ait été le plus froid depuis 250 ans au Québec. Sans invoquer un châtiment divin punissant les Québécois de tous leurs péchés (on est bon dans six des sept péchés capitaux : orgueil, avarice, envie, luxure, paresse et gourmandise), on est en droit de se demander ce qui se passe. En effet, si l’on connait le moindrement la question des changements climatiques, ce genre de comportements ne discrédite pas la théorie. Cependant, la magnitude de la différence est tellement importante que cela soulève de questions intéressantes.

Dans ce contexte, une publication récente vient apporter un éclairage nouveau. En effet, il n’y a pas que le Québec qui semble résister au réchauffement global, c’est aussi le cas d’une région de l’océan au sud du Groenland, entre Terre-Neuve et l’Irlande. Alors, que le reste du monde se réchauffe cette région se refroidit!

Tendances des températures depuis 1901 (GISS)

Ce comportement n’est toutefois pas une surprise pour les climatologues. En effet, ce refroidissement local serait dû à un ralentissement de la circulation méridienne de retournement de l’Atlantique (en anglais Atlantic Meridional overturning cirulation, AMOC). Ce courant océanique est mû par la variation de température et de salinité de l’eau de mer (circulation thermohaline). En particulier, l’eau froide et salée près de la cote du Groenland s’enfonce dans l’océan démarrant une grande boucle qui fait le tour de la Terre. Or, en conséquence du réchauffement climatique, l’eau de cette région devient plus chaude et moins salée en raison de l’augmentation des précipitations et de la fonte des glaciers au Groenland. Ceci a pour effet de ralentir la circulation globale et de réduire l’apport de chaleur en provenance des tropiques dans cette région.

Ce qui étonne les climatologues cependant, c’est l’importance de ce ralentissement. En effet, les modèles prédisent un ralentissement modéré de la circulation. Alors, que les résultats récents indiquent plutôt une baisse importante de la vitesse de la circulation océanique, bien au-delà des fluctuations naturelles observées au cours de 1100 dernières années.

Indice de circulation océanique (Rahmstorf et al 2015)

Il semble que la cause de cette sous-estimation est que la fonte des glaces au Groenland est beaucoup plus rapide que prévue par les modèles, libérant alors plus d’eau douce et ralentissant d’autant plus la circulation thermohaline. En effet, les modèles sont très conservateurs et certains phénomènes comme la fonte des glaciers par leur base, la présence des moulins qui transportent la chaleur rapidement à travers les glaciers et le noircissement de leur surface en raison de la concentration de la poussière sont tous des facteurs qui sont négligés.

Noircissement de la glace au Groenland (Dark Snow)

Le lien entre ce refroidissement local et notre hiver très rigoureux n’est toutefois pas si direct. En effet, puisque les modèles climatiques ne prédisent pas un ralentissement aussi rapide de la circulation océanique, ils ne prédisent pas non plus le refroidissement que nous subissons.

Cependant, pressé de questions par les internautes, le climatologue allemand Stephan Rahmstorf a indiqué sur son blogue que cela était plausible. En effet, un ralentissement de la circulation océanique se traduit aussi par un réchauffement de la température de l’eau au large des côtes américaines et un tel réchauffement se traduit par un refroidissement local à l’ouest de celui-ci. Combiné avec le ralentissement du courant-jet, causé par la réduction de la différence de température entre les pôles et l’équateur, cela pourrait être suffisant pour expliquer pourquoi nous subissons des hivers aussi rigoureux alors que le reste de la planète se réchauffe.

Anomalie de température Hiver 2014-2015 (NOAA)

Reste à savoir ce que ces observations signifient pour le futur du climat. En effet, un ralentissement important de la circulation thermohaline aurait un impact majeur sur le transfert de chaleur de l’équateur vers les pôles. Les pôles se refroidiraient alors que l’équateur se réchaufferait, ce qui se traduirait par une réorganisation du climat global dont les conséquences seraient considérables.

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22 août 2015 6 22 /08 /août /2015 01:17

Une sérieuse étude financée par la NASA qui se questionnait à savoir si notre civilisation était condamnée à disparaître a permis aux chercheurs mandatés de démontrer que plusieurs facteurs pourraient entrainer la disparition de notre civilisation d'ici à quelques décennies. L'étude est sérieuse et les résultats ont été avalisés par la NASA. À partir de là, que devons-nous faire ?

Il faudra bientôt prendre les bonnes décisions si nous ne voulons pas passer dans l'histoire des civilisations disparues. Certains facteurs ne trompent pas; déficit hydrique, agriculture intensive, surconsommation d'énergie, surpopulation,etc. La convergeance de ces paramètres peut nous conduire à:

--- Une insuffisance des ressources due à la surconsommation (surpopulation versus ressources disponibles). Donc, trop peu de nourriture, d'eau et de ressources naturelles pour une population en constante augmentation.

--- Un trop grand écart des richesses et des pouvoirs décisionnels entre les riches et les pauvres; ce qui fait que l'élite qui pourrait prendre les bonnes décisions ne le fait pas...sachant qu'elle aura toujours les ressources suffisantes pour s'en tirer.

Alors, puisque les ressources ne sont pas équitablement disponibles et partagées, les riches (tout en étant conscient des catastrophes appréhendées) continuent à nier l'existance du réchauffement climatique puisqu'ils ont les ressources financières qui leur permettront d'éviter le pire...quoi qu'il advienne des autres.. En fin de compte, on se doit de mieux distribuer les ressources de la planète, de diminuer notre consommation d'énergie, de valoriser le développement des énergies renouvelables et de ralentir la croissance (sinon la stabiliser) de la population de notre planète.

À partir de là, on a un immense problème sur les bras; donc, il existe forcément une solution. Quelle est-elle ? Il faut impérativement dissocier le pouvoir politique et le pouvoir économique (ce dernier dicte la façon de faire à l'autre). Lorsque ces deux pouvoirs couchent dans le même lit cela devient l'équivalent d'une dictature. À partir de la séparation de ces conjoints de fait, le pouvoir politique pourra finalement imposer sa loi et ainsi devenir en mesure de proposer et d'appliquer les bonnes solutions.

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9 août 2015 7 09 /08 /août /2015 00:07

C'est clair : lorsque nous commençons à acquérir des connaissances...alors que nous n'en possédons que très peu...c'est comme si on se localisait tout à fait en bas (à l'intérieur) du "V" de la connaissance. Imaginez que vous placiez un petit point juste en bas, à l'intérieur du "V"; alors, vous voyez immédiatement et facilement les 2 côtés de ce "V", ce qui fait que vous croyez posséder toutes la connaissance (les frontières sont très rapprochées de votre champ de vision). Cependant, si vous continuez à apprendre...longtemps et énormément...vous déplacerez forcément ce point vers le haut de ce "V". Voilà qui vous donnera une toute autre version de la réalité : les côtés du "V" seront de plus en plus éloignés (ils sont les limites de la connaissance) et à partir de là, vous comprendrez que vous êtes de plus en plus ignorant. Il faut connaître beaucoup de choses pour être en mesure de reconnaître qu'on est réellement ignorant.

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18 juillet 2015 6 18 /07 /juillet /2015 20:53

Il a ses limites : pour survivre, il a besoin d'une croissance illimitée de l'économie. Or, pour progresser l'économie dois consommer les ressources de la planète. C'est là que le bât blesse : les ressources de la planète s'épuisent rapidement. La planète est surpeuplée, ce qui fait qu'on consomme quasiment plus qu'on peut produire. On atteindra bientôt un point de rupture et c'est à ce moment qu'on va constater l'échec du capitalisme actuel. La seule façon d'y arriver serait de contrôler les naissance et d'apprendre à vivre avec une croissance nulle, c'est à dire de ne pas consommer plus cette année que l'année dernière. Malheureusement, le capitalisme ne peut et ne veut pas se satisfaire de cette situation : sa soif de profits est toujours grandissante, ce qui fait que cette année il veut engranger plus de profits que l'année dernière. Voilà pourquoi le capitalisme est voué à l'échec.

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13 juillet 2015 1 13 /07 /juillet /2015 18:57

Qu’est-ce qui arrive dans ces machines atomiques ? La matière se réduit en bouillie, vous y mettez du gruyère et il en sort du quark, des trous noirs, de l’uranium centrifugé ou que sais-je encore ?
Umberto Eco, Le Pendule de Foucault

Après deux années de travaux intenses de maintenance et de consolidation et plusieurs mois de préparation en vue du redémarrage, le Grand collisionneur de hadrons (LHC) du CERN, le plus puissant accélérateur de particules du monde, est de nouveau en service. Il fonctionnera à une énergie sans précédent, près de deux fois l’énergie obtenue lors de la première campagne qui avait conduit à la découverte du boson de Brout-Englert-Higgs. Les collisions proton-proton de 14 TeV attendues avant l’été permettront aux expériences LHC d’explorer de nouveaux territoires de la physique.
Mais déjà les titres absurdes fleurissent dans les médias : « mini-trou noirs et univers parallèles : ce que nous réserve le CERN », « LHC can help detect parallel universes », etc., pour ne pas parler des délires dignes d’un asile d’aliénés, type : « ouverture imminente des portes de l’enfer », « black hole doomsday », etc.

Cette psychose du désastre n’est pas nouvelle; elle est même profondément ancrée dans l’esprit humain, ou tout au moins dans certains esprits à tendance paranoiaque. Déjà, dans son édition du 18 juillet 1999, l’hebdomadaire britannique Sunday Times annonçait la mise en chantier du nouvel accélérateur de particules du laboratoire de Brookhaven (États-Unis) d’une manchette tonitruante : « La machine à big-bang pourrait détruire la Terre ». Suivait un commentaire fantaisiste, suggérant que le risque d’engendrer, lors d’une collision de particules à haute énergie, un mini-trou noir capable d’aspirer la Terre n’était pas négligeable. Malgré les démentis des physiciens, l’émoi provoqué par ce titre fut planétaire – ce qui était bien l’effet recherché.
En 2007, rebelote et surenchère avec la mise en œuvre du LHC. Comme aucun mini-trou noir n’a évidemment pointé son nez, les médias se sont un peu calmés. Et maintenant, cela recommence de plus belle avec la remise en service de l’accélérateur qui s’est effectuée cette semaine, et la montée en puissance prévue pour l’été.

Qu’en est-il réellement ? Peut-on imaginer qu’un puissant accélérateur de particules engendre des énergies suffisamment élevées pour que deux particules fusionnent en un mini-trou noir ? Ou, plus fascinant encore, qu’il ouvre la porte sur des dimensions cachées de l’espace et autres « univers parallèles »?
J’avais déjà abordé la question dans mon livre « Le destin de l’univers : trous noirs et énergie sombre« , paru en 2006 et réactualisé en 2010 pour son édition de poche. Je reprends et développe ici une partie de mon propos d’alors.

Le LHC va délivrer une puissance de 14 000 GeV. Rappelons que le gigaélectronvolt (GeV) est une mesure de l’énergie bien adaptée à la physique des particules : elle correspond à peu près à la masse-énergie d’un proton au repos. Chaque proton accéléré au LHC atteindra donc une énergie de mouvement environ 14 000 fois supérieure à celle du proton immobile. En vertu de E = mc2, cette énergie de mouvement correspond à une masse d’un peu plus de 10–23 kilogramme. Quand deux particules de ce type se heurtent, leur énergie se concentre dans une région minuscule de l’espace, et certains chercheurs ont tenté de pronostiquer que deux protons ultra-relativistes entrant en collision puissent de temps en temps former un mini-trou noir. Mais pour cela, il faudrait que la gravité l’emporte sur l’interaction nucléaire forte. Or c’est très très loin d’être le cas. Une masse de 10–23 kg est extrêmement petite par rapport à la valeur critique de 10–8 kg (c’est-à-dire la masse de Planck, correspondant à une énergie de 1019 GeV) qui, d’après la relativité générale classique, correspond à la masse minimale pour former un mini-trou noir. En outre, d’après la mécanique quantique, les particules ont une extension spatiale d’autant plus petite que leur énergie est élevée. Pour les énergies atteintes avec les protons du LHC, le calcul donne 10–19 mètre ; ceci entraîne qu’une densité maximale de 1034 kilogramme par mètre cube sera atteinte – une valeur certes élevée, mais notoirement insuffisante pour créer un mini-trou noir.

La raison profonde est la faiblesse insigne de la gravité sur l’interaction forte qui assure la cohésion des noyaux. Pour qu’une particule soit à la fois suffisamment massive et compacte pour former un trou noir, il faudrait une énergie un million de milliards de fois plus grande que celle accessible au LHC !

Certes, ces calculs ne sont corrects que dans le cadre de la relativité générale classique. Cependant, en théorie des cordes, la gravitation, contrairement aux autres interactions, pourrait se propager dans des « dimensions supplémentaires » de l’espace, et en conséquence augmenterait considérablement d’intensité à courte distance : dans la théorie classique, c’est-à-dire dans l’espace à trois dimensions, l’intensité de la gravité est quadruplée quand la distance est divisée par deux ; en dimension 9, au lieu de 4 fois elle deviendrait 256 fois plus intense. Ceci implique que la densité d’énergie nécessaire pour créer des mini-trous noirs en laboratoire serait à la portée du LHC, mais seulement dans le cas théorique le plus « favorable », à savoir celui où la taille des dimensions supplémentaires de l’espace serait de l’ordre du millimètre. Dans les modèles de supercordes, en effet, l’énergie nécessaire pour que la gravité l’emporte sur l’interaction forte est moins grande, dans une proportion qui dépend de la taille des dimensions supplémentaires. Si celle-ci est millimétrique, l’énergie de Planck nécessaire pour créer un mini-trou noir ne serait plus de 1019 GeV mais de 103 GeV. Or, le LHC produit une énergie dix fois plus grande.

La conséquence la plus spectaculaire d’un tel scénario serait la production de trous noirs au LHC, comme l’ont indépendamment calculé Savas Dimopoulos et Greg Landsberg en 2001, puis Steven Giddings et Scott Thomas en 2002 : le LHC deviendrait une « usine à trous noirs », les produisant à un taux de 1 par seconde. Ces mini-trous noirs auraient un diamètre si petit (10–18 m) que, en vertu du processus d’évaporation quantique de Hawking, ils ne vivraient que 10–27 seconde. Aussitôt créés, les trous noirs de laboratoire se désintégreraient donc en laissant une signature spectaculaire – une immense découverte qui apporterait la preuve de l’existence de dimensions cachées dans l’Univers, prévue par la théorie des cordes.

Oui mais, clament les Cassandre, comment être sûr qu’ils vont bien se désintégrer en toute sécurité, plutôt que de continuer à croître et, pour finir, engloutir toute notre planète ? Puisque le rayonnement Hawking n’a encore jamais été observé, la théorie de l’évaporation pourrait être fausse, et ils estiment qu’il y a un réel danger à jouer les apprentis sorciers : que se passerait-il si un trou noir produit au laboratoire ne s’évaporait pas ? Pourrait-il absorber la Terre ?

Comme de nombreux autres spécialistes des trous noirs, j’ai été inondé de courriers faisant état de cette crainte quelque peu irrationnelle ; des pétitions ont été lancées, tentant de rassembler les signatures de scientifiques afin de dissuader les pouvoirs publics de poursuivre la construction du LHC. Un « hoax » complètement stupide – et malfaisant pour les esprits crédules – circule en ce moment-même sur internet, selon lequel le pape François, dans son discours pascal, aurait déclaré à la foule « Sommes-nous au seuil des jours maléfiques dont la Bible fait allusion? Est-ce que les hordes de démons qui rôdent dans les fosses de l’enfer sont sur le point de déferler massivement dans notre monde? Il faut méditer quant à ces questions avant de permettre aux scientifiques de procéder à de telles expériences ». L’histoire est certes riche en oppositions entre science et religion, mais seulement lorsque cette dernière est fondamentaliste, ce qui n’est heureusement plus le cas avec la religion catholique moderne. En revanche, les sectes fondamentalistes qui pullulent aux Etats-Unis s’en donnent à coeur joie, quitte à mentir et à tromper les crédules.

Hélas – oui, j’écris bien hélas -, la perspective de produire des trous noirs artificiels sur Terre est pour l’heure totalement insensée. La théorie des cordes et des dimensions supplémentaires qui vont avec est très loin d’être établie, sans compter que l’ajustement de ces hypothétiques dimensions à une taille aussi finement réglée que le millimètre est hautement improbable. Mais rêvons un peu… Si cela se produisait vraiment, y aurait-il danger?
En réalité, aucun. Même si certains détails du calcul de Hawking peuvent être erronés, d’autres raisonnements fondés sur la seule mécanique quantique indiquent que les trous noirs microscopiques ne peuvent être stables, ce qui implique leur désintégration spontanée. Par ailleurs, même un mini-trou noir « stable » pourrait subsister des milliards d’années sans absorber la Terre : la seule énergie libérée par l’absorption de matière limiterait sa vitesse de croissance (appelée limite d’Eddington en astrophysique).
Et pour ceux qui ne seraient pas convaincus par ces arguments théoriques, un argument empirique corrobore l’hypothèse que les « usines à trous noirs » ne présenteraient aucun risque. Des collisions très énergétiques comme celles qui ont lieu au LHC se produisent fréquemment au-dessus de nos têtes, lorsque des rayons cosmiques de haute énergie percutent l’atmosphère terrestre. Par conséquent, si les collisions au LHC sont susceptibles de former des mini-trous noirs, la nature en fabrique déjà dans l’atmosphère à un rythme évalué à 100 par an. Et tout le monde a pu constater que la Terre n’a pas été engloutie…

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18 juin 2015 4 18 /06 /juin /2015 17:34


Verdict sans appel

En guise de comparaison, la différence de température entre une période glaciaire et une période chaude est de 5°C, et se produit au rythme d’1°C tous les 1 000 ans, alors que la température actuelle a grimpé de 0,85°C depuis la fin du 19e siècle, en à peine 100 ans donc.

Le verdict est sans appel : à moins de laisser les énergies fossiles de côté ou de trouver un moyen de les exploiter sans créer d’effet de serre, nous assisterons à un réchauffement supplémentaire de 4°C d’ici à 2 100, soit un total de 5°C en 200 ans. Un record exceptionnel puisque cette température n’a pas été atteinte depuis plusieurs millions d’années.

S’il s’agit d’une science discrète, la paléoclimatologie pourrait donc bien entrer sur le devant de la scène dans les prochaines décennies.

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8 juin 2015 1 08 /06 /juin /2015 20:28

+ 1,5°C ? + 2°C ? ... Quand le climat basculera-t-il vers un monde très dangereux ?

Compte à rebours des années d'émissions restantes (sur la base des émissions actuelles) pour les différents budgets carbone attribués par le GIEC à des niveaux de réchauffement de +1,5°C, +2°C et +3°C. ©Carbonbrief

Un rapport qui est entre les mains des négociateurs « climat » de la prochaine Conférence des Nations-Unies sur les changements climatiques de Paris (COP21, en décembre) suggère qu’il serait par précaution préférable de viser une limite de réchauffement inférieure à 2°C, notamment à cause d’éventuelles rétroactions du système terrestre. Or, selon les données du GIEC, pour avoir une chance sur deux de limiter le réchauffement à +1,5°C, soit +0,65°C par rapport à aujourd’hui, il faut laisser environ 90% des combustibles dans le sol. Et nous devons émettre moins de 10 ans de nos émissions actuelles avant d’avoir une société définitivement décarbonée ! L'étau se resserre.

Certains scientifiques comme James Hansen à la NASA le craignent depuis un moment déjà, et le sujet a émaillé la dernière conférence des Nations-Unies sur le climat à Lima, en 2014, et vient d'être remis sur la table par le biais d'un rapport, dans le cadre d'un round de négociations à Bonn en Allemagne, en vue de la COP21 à Paris : la limite des 2°C ne serait pas le meilleur objectif à viser si l’on veut vraiment réduire les risques d’emballement du réchauffement global.

Viser une limite de réchauffement le plus possible en dessous de +2°C

Emanant du dialogue entre experts « climat » issus de divers organismes (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, organisation météorologique mondiale, Hadley Centre, Programme des Nations-Unies pour l’environnement...), ce rapport SED (Structured Expert Dialogue) souligne peu ou prou que même si la science manque encore de précisions concernant les risques supplémentaires entre un réchauffement de 1,5°C et un réchauffement de 2°C, il conviendrait par précaution que l’on vise une limite (ou « ligne de défense » ou encore « zone tampon ») le plus possible en dessous de 2°C.

Les scientifiques estiment qu’un tel objectif réduirait les risques concernant entre autres, l’insécurité alimentaire (par exemple en Afrique), l’extinction d’espèces, l’acidification des océans, ou encore la disparition de systèmes « uniques et menacés » comme les récifs coralliens et maintes parties de la cryosphère, ce qui inclue également le risque de hausse aggravée du niveau de la mer. Ils expliquent notamment que « dans un monde plus chaud de 1,5 °C que dans les temps pré-industriels, nous sommes sur le point de passer à un risque élevé pour les organismes, alors que dans un monde à 2 °C plus chaud que dans les temps pré-industriels, le risque devient élevé pour des écosystèmes complets ». Ils évoquent également l’éventualité que l’on n’ait pas seulement une hausse progressive des effets du réchauffement global mais également certaines évolutions « non-linéaires ».

Eviter les rétroactions qui déclenchent des modifications potentiellement irréversibles du climat

Qu’est-ce à dire ? En fait, une crainte des chercheurs concerne plus généralement les rétroactions du système terrestre, dont l’inertie est très longue. Citons par exemples la réduction des glaces et des manteaux neigeux qui entraîne elle-même une accélération du réchauffement et donc encore plus de réduction des glaces, les sécheresses et canicules qui affaiblissent la capacité des écosystèmes terrestres à capter du CO2, le réchauffement de l’eau de mer qui diminue également la capacité des océans à stocker du dioxyde de carbone, cela favorisant la hausse de la concentration atmosphérique de CO2.

A un certain seuil, ces rétroactions peuvent déclencher des basculements, des modifications potentiellement irréversibles du climat, définitive à l'échelle de la vie d'un homme. Ainsi, les écosystèmes peuvent-ils se mettre à relâcher plus de CO2 qu’ils n’en captent. Ainsi, la fonte du pergélisol ou permafrost (sol continuellement gelé aux hautes latitudes) peut-elle générer un puissant dégazage de gaz à effet de serre par le biais des importantes quantités de méthane que contiennent ces sols, aggravant rapidement le réchauffement global. Ainsi encore la fonte des glaces peut-elle parvenir à un stade où certaines de ces composants se disloquent et donnent naissance à une vaste débâcle d’icebergs qui se mettent à dériver vers le sud, à la rencontre du courant de l’Atlantique Nord, et provoquent au final un refroidissement...

Les leçons de l'histoire de la Terre: des épisodes abruptement chauds et froids

Des basculements abrupts chauds et froids répétés ont déjà eu lieu dans le passé de la Terre. Les paléoclimatologues ont même mis en relation de hautes teneurs en méthane de l’atmosphère (pouvant être provoqué via le dégel du permafrost) et le déclenchement, durant la dernière glaciation, de phases rapides de réchauffement pouvant s'établir en quelques dizaines d'années, appelés événements de Dansgaard-Oeschger, et qui ont eux mêmes provoqué... des phases de refroidissement appelées événements de Heinrich.

Explication de cette « surprise climatique », selon les travaux du chercheur Wallace Broecker : une fois arrivées à un certain niveau de fonte, les glaces se sont effectivement disloquées et ont donné lieu à des débâcles d’icebergs. Dérivant vers le sud, ces icebergs ont fondu, apportant donc un énorme volume d’eau douce à l’océan qui, du coup, a vu sa concentration en sel chuter. Or, c’est sa température et sa concentration en sel de plus en plus élevée par le jeu de l’évaporation, qui permettent au courant de l’Atlantique Nord, issu du Gulf Stream, de monter jusqu’aux mers de Norvège, du Groenland, d’Islande et du Labrador, puis de plonger vers les fonds marins, générant ainsi ce que l’on appelle la circulation thermohaline ou « tapis roulant », régulateur du climat...

Chacune de ces périodes de débâcles d’icebergs a été accompagnée d’« une diminution très nette de la ventilation profonde de l’Atlantique », donc de la circulation thermohaline, et d’un « refroidissement intense » de l’ordre de 5°C, note le climatologue Edouard Bard, même si le « tapis roulant » reprend peu à peu par la suite (1).

Un élémentaire principe de précaution voudrait que l’on vise un objectif de moins de 2°C. Mais qu’est-ce-que cela veut dire viser 1,5°C et non plus 2°C ?

Si l'on prend en compte l'hypothèse du scientifique James Lovelock d'une autorégulation de la Terre, cette capacité à créer un événement froid à partir d'un événement chaud pourrait témoigner d'une sorte de "soupape de sécurité" du système face à un réchauffement brutal, cette soupape n'étant évidemment pas sans conséquences sur les êtres vivants.

Les travaux des scientifiques effectués sur le passé de la Terre tendent également à prouver que le largage massif de méthane dans l’atmosphère peut jouer un rôle d’ « amplificateur de changement » et être à l’origine de perturbations majeures du climat (2), comme lors de l’extinction du Permien il y a 245 millions d’années, ou lors de la crise climatique de la fin du Paléocène il y a 55 millions d’années, crise qui a ensuite permis le développement des mammifères…. et au final de l’homme.

Mais la réalité scientifique que montre le rapport SED de la CCNUCC (3), c’est aussi que les chercheurs ne savent pas exactement à partir de quel moment, dans l’évolution de l’actuel réchauffement global dû à l'activité humaine, extrêmement rapide à l’échelle géologique, ce genre de basculement vers une évolution « non linéaire » devient inévitable du fait de l’inertie du système terrestre. C’est là que la « zone tampon » entre 1,5°C et 2°C prend toute son importance.

Dit autrement, un élémentaire principe de précaution voudrait que l’on vise un objectif de moins de 2°C. Mais qu’est-ce-que cela veut dire viser 1,5°C et non plus 2°C ? Selon ce rapport, les moyens nécessaires pour un scénario à 1,5°C sont les mêmes que pour un scénario à 2°C, mais ils doivent être déployées plus vite, et la demande d’énergie a besoin d’être réduite plus tôt, ce qui implique un coût plus élevé que pour le scénario à 2°C.

La décarbonation, c’est maintenant. Sinon, de plus en plus diront assez vite: maintenant, c'est trop tard !

En terme d’émissions de CO2 à ne pas dépasser, la réponse se trouve dans le dernier rapport de synthèse du GIEC (page 64). Pour avoir 66% de chances de limiter le réchauffement à +2°C, il ne faut plus émettre que 1000 milliards de tonnes de CO2 à partir de 2011. Pour avoir 50% de chances de limiter le réchauffement à + 1,5°C, il faut n’en émettre que 550 milliards de tonnes, presque deux fois moins (400 milliards de tonnes pour avoir 66% de chances de limiter le réchauffement à +1,5°C). Or, cela représente aujourd’hui moins de 10 ans de nos émissions actuelles, selon les calculs de l'organisme expert, The Carbon Brief.

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