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2 février 2017 4 02 /02 /février /2017 17:24

Les énergies renouvelables ne suffiront pas à enrayer le réchauffement climatique

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Au niveau planétaire, la part des énergies renouvelables n'augmente pas de manière significative depuis 15 ans.
Au niveau planétaire, la part des énergies renouvelables n'augmente pas de manière significative depuis 15 ans. Copyright 2017 The Associated Press. All rights reserved.

alarmant - L'hydraulique, l'éolien, le solaire, les voitures électriques... tout ça ne suffira pas à enrayer le réchauffement climatique. Aujourd'hui, les énergies renouvelables ne représentent que 3% de la consommation mondiale d'énergie et la part des fossiles ne diminue pas depuis 15 ans. A ce rythme, sans développer une technique qui permettrait de capturer et de stocker les gaz à effets de serre, la planète va se réchauffer de 3 à 4°C.

Face au maintien des énergies fossiles, l'essor des renouvelables seul ne permettra pas de freiner suffisamment le réchauffement climatique, alerte une étude parue dans Nature Climate Change.

Le solaire, l'éolien ou les voitures électriques ne suffiront pas à garder le réchauffement sous +2°C, la limite que s'est fixé le monde à Paris fin 2015, faute de progrès dans les technologies de capture des gaz à effet de serre, estiment les chercheurs.

A ce stade, "ces technologies n'empêchent pas vraiment la croissance des énergies fossiles ou des modes de transport conventionnels," constate Glen Peters, du Centre de recherche sur le climat d'Oslo (Cicero).

Le réchauffement est largement dû à la combustion du gaz, du charbon et du pétrole qui font tourner l'économie mondiale depuis la Révolution industrielle. De ce fait, le monde a déjà gagné 1°C lourd de conséquences (sécheresses, tempêtes, etc.).

L'accord de Paris a fixé un objectif collectif mais pas d'outils pour suivre l'action des pays. Les chercheurs ont donc listé une demi-douzaine d'indicateurs permettant le suivi et la comparaison des mesures décidées: croissance du PIB, énergie consommée et émissions de CO2 par unité de PIB, part des fossiles, notamment.

 

Part des fossiles inchangée

Au final, les renouvelables représentent moins de 3% de la consommation mondiale d'énergie (même si cette part est cinq fois plus importante qu'en 2000), notent-ils. Et la part des fossiles est la même depuis 15 ans: près de 87%.

Dans le même temps, certaines technologies jugées essentielles pour limiter les températures ne sont pas au point, rappelle l'étude: par exemple la capacité à extraire du CO2 de l'atmosphère. La "capture" et le stockage des gaz à effet de serre ne sont pas assez développés, notent les scientifiques.

Autre solution encore inexistante à une échelle suffisante: les bio-carburants dont le bilan carbone serait neutre. Or toutes ces technologies devraient s'additionner pour dévier une trajectoire qui conduit la planète vers +3 à +4°C, insiste l'étude, qui appelle aussi au sursaut politique.

ATS
 
 

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28 janvier 2017 6 28 /01 /janvier /2017 02:24

La consommation de viande, principale cause du réchauffement climatique

 
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Par Direct Matin Mis à jour le

Publié le

 
 

La consommation de viande et l'élevage destiné à l'alimenter représentent la principale source d'émissions de CO2 sur la planète, devant les transports. Seule une diminution de la part de la viande dans l'alimentation permettrait d'endiguer le phénomène.

On compte plus de 2% de végétariens en France, une proportion qui tend à augmenter de plus en plus rapidement. Mais la consommation de viande reste bien ancrée dans les habitudes, les traditions et les mentalités. La consommation de viande entraîne la mise en place de cheptels de bêtes un peu partout sur Terre. Selon les calculs de AsapSCIENCE, 25 milliards de poulets, 1,5 milliard de vaches, et un milliard de moutons et de cochons fouleraient ainsi le sol terrien.

A lire aussi : Cantines scolaires : un menu végétarien plébiscité par une pétition

Cette prolifération d’animaux, qui n’ont d’autre destin que celui d’être mangé, entraîne diverses conséquences négatives pour notre planète, et constitue la principale cause du réchauffement climatique.

Lutter contre le réchauffement climatique

Sans l'élevage intensif d'animaux, les terres qu’ils foulent – approximativement de la taille du continent africain - seraient utilisées pour planter des cultures de légumes, de fruits ou de céréales. Par ailleurs, la vie végétale pourrait reprendre le dessus, ce qui permettrait de freiner les effets du réchauffement climatique. Les animaux et l'agriculture liée à leur alimentation (soja, notamment) sont en effet à l’origine de 15% des émissions de gaz à effet de serre, soit plus que la totalité des émissions de CO2 liées aux transports (voitures, avions, etc...).

Le retour d’arbres ou de végétaux sur ces terrains permettrait d’absorber davantage de CO2. Autre avantage, l’absence de bêtes d’élevage réduirait énormément la consommation d’eau dans le monde entier. Actuellement, l’utilisation d’eau douce est consacrée à 70% pour l’agriculture. Cela concerne évidemment les cultures de végétaux mais surtout l’élevage.

70% de la surface agricole mondiale utilisée pour le bétail

En élevage industriel, la production d’un kilogramme de bœuf absorbe par exemple 13.500 litres d’eau. C’est bien plus élevé que la consommation nécessaire à la culture de céréales telles que le riz (1.400 litres) ou le blé (1.200). En 2002, un tiers des céréales produites et récoltées dans le monde avait directement servi à nourrir le bétail. Cela représentait au niveau mondial 670 millions de tonnes, soit assez pour nourrir trois milliards d’êtres humains.

Une étude parue en 2013 note que l’« empreinte eau » des Européens liée à leur alimentation pourrait baisser de 23 % à 38 % en diminuant ou supprimant la part de la viande dans les repas.

Gourmande en eau et en céréales, la production de viande l’est aussi en terres. La FAO estime que 70 % de la surface agricole mondiale est utilisée soit pour le pâturage du bétail, soit pour la production de céréales destinées à les nourrir.

Le manque de terres agricoles pousse aussi à la déforestation : 91 % des terres « récupérées » dans la forêt amazonienne servent ainsi aux pâturages ou à la production de soja qui nourrira plus tard le bétail. Et moins de forêt, c’est moins d’émissions de dioxyde de carbone absorbées

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28 janvier 2017 6 28 /01 /janvier /2017 02:16

Plus de 100 ans de changement climatique résumés en 20 secondes

La NASA publiait il y a quelques jours une vidéo révélant plus de 100 ans de changement climatique en vingt secondes. Comme vous pourrez le voir, les niveaux de...
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La NASA publiait il y a quelques jours une vidéo révélant plus de 100 ans de changement climatique en vingt secondes. Comme vous pourrez le voir, les niveaux de dioxyde de carbone ont augmenté dans l’atmosphère depuis la fin du 19e siècle, un phénomène qui s’est clairement intensifié à partir des années 80.

La NASA et l’Administration océanique et atmosphérique nationale des États-Unis (NOAA) confirmaient cette semaine que 2016 était l’année la plus chaude jamais enregistrée… encore une fois ! Un constat alarmant pour certains, moins pour d’autres, après tout, les tendances climatiques et météorologiques vont et viennent depuis toujours. Mais la réalité est qu’indépendamment des changements de températures opérés au cours des dernières 4,5 milliards d’années, ce n’est rien comparé aux changements opérés au cours du siècle dernier.

 

Pour illustrer cette tendance au réchauffement, la NASA a publié il y a quelques jours une vidéo anxiogène combinant des données remontant à 1880, date à laquelle nous avons commencé à recueillir des enregistrements de températures. Jusque dans les années 70, les températures fluctuent « normalement » pourrait-on dire, les couleurs chaudes reflétant les années plus chaudes et inversement et les couleurs froides pour les années plus fraîches. En revanche, le phénomène s’accélère très clairement à partir des années 80 et s’accentue jusqu’en 2016. Le thermomètre de référence dans le coin supérieur gauche de la carte reflète quant à lui la différence de température (en degrés Celsius) entre chaque année.

À la fin de l’année dernière, les températures moyennes de la planète se glissaient donc à près d’un degré Celsius au-dessus du point de référence. « L’année 2016 établit un record de chaleur pour une troisième année consécutive », a déclaré Gavin Schmidt, directeur de l’Institut Goddard de la NASA. « Nous ne prévoyons pas des années record tous les ans, mais la tendance actuelle de réchauffement à long terme est assez claire ».

Comme vous pouvez également le voir dans la vidéo, le réchauffement ne s’effectue pas au même rythme selon les régions du monde, notamment avec des phénomènes météorologiques tels qu’El Niño ou La Niña, avec un phénomène clairement plus marqué dans l’hémisphère nord et notamment les régions polaires.

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23 janvier 2017 1 23 /01 /janvier /2017 21:28

23 janvier 2017, 19 h 14

vaches-Belgique© Christophe Magdelaine / www.notre-planete.info - Licence : CC BY-NC-SA

Les émissions de méthane, un puissant gaz à effet de serre, connaissent une nouvelle envolée depuis quelques années. Si les causes ne sont pas clairement identifiées, l'empreinte de plus en plus pesante de l'élevage et la production de déchets dans le monde sont les hypothèses principales.

Selon un bilan complet des émissions de méthane réalisé par une équipe de recherche internationale menée par le Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement (LSCE, CEA/CNRS/UVSQ), la croissance des émissions de méthane augmente depuis 2007 avec une accélération depuis 2014, après une période de stabilisation au début des années 2000.

Le méthane est le 2ème gaz à effet de serre (après le dioxyde de carbone, CO2) contribuant à 20 % de l'effet de serre additionnel lié aux activités humaines. C'est un puissant gaz à effet de serre qui provient de la dégradation de la matière végétale par des bactéries méthanogènes, dans un milieu pauvre en oxygène. Bien que ses concentrations dans l'atmosphère sont plus faibles que le CO2, son Pouvoir de Réchauffement Global (PRG)[1] est 28 fois supérieur.

Les différentes sources de méthane

Le méthane provient de différentes sources :

  • naturelles (41% des émissions) : zones inondées, lacs, réservoirs, termites, sources géologiques, hydrates, etc. Selon l'étude, la contribution de ces sources au bilan global est "probablement surestimée" selon l'étude.
  • anthropiques, c'est à dire issues de nos activités contribuent à 59 % des émissions totales de méthane dans l'atmosphère avec une dominance (34 %) des activités liées à l'agriculture (ruminants et culture du riz) et aux traitements des déchets (solides et liquides).
  • fossiles : Le dégazage de méthane (formé il y a plus de 50 000 ans) pourrait représenter jusqu‘à 30 % des émissions totales (bien que ce résultat soit encore discuté) avec la répartition suivante : 21 % dus à l'exploitation du charbon, du pétrole et du gaz et 9 % d'origine naturelle (dégazage géologique).

 

methane-bilan-2003-2012Bilan des émissions et puits de méthane de 2003 à 2012 en million de tonnes de CH4 par an (moyenne 2003 à 212)
© Global Carbon Project - Licence : Tous droits réservés

 

La moitié des émissions de méthane proviennent d'Amérique du Sud tropicale, d'Asie du Sud Est et de Chine.

De plus en plus de méthane dans l'atmosphère

Si cela fait fait plus de deux mille ans que les concentrations de méthane dans l'atmosphère augmentent, elles ont plus que doublé depuis l'Ere Industrielle atteignant 1835 ppb[2] en 2015, contre seulement 730 ppb en 1750. Pire, celles-ci connaissent une forte augmentation depuis 2007, après une période de stabilisation au début des années 2000.

Cette évolution récente des sources de méthane demeure "mal comprise" : « Il se pourrait que cette hausse résulte d'une augmentation des émissions de méthane liées à l'agriculture. Cependant une augmentation des émissions associées à l'exploitation des énergies fossiles ne peut pas être exclue pour le moment. », précise Philippe Bousquet, professeur à l'UVSQ et co-auteur de l'étude au LSCE.

La croissance démographique galopante de l'humanité couplée avec l'occidentalisation des modes de vie conduit irrémédiablement à une très forte augmentation des déchets produits, de la consommation de viande et de lait et donc à la généralisation de l'élevage, partout dans le monde.

Or, de tous les types d'émissions, l'élevage est de loin le plus grand émetteur de CH4, souligne l'étude, à cause de la fermentation entérique, c'est-à-dire les rots et flatulences issus de la digestion des ruminants.

Notons que la majorité des émissions de méthane liées à l'agriculture et aux déchets proviennent d'Inde, de Chine, d'Europe, des USA et d'Eurasie centrale.

Deux autres hypothèses sont évoquées :

  • la hausse des émissions liées à l'exploitation des énergies fossiles et
  • la baisse du puits chimique du méthane dans l'atmosphère.

Des émissions non prises en compte dans les rapports du GIEC

Cette envolée des émissions de méthane inquiète : non prise en compte dans les scénarios "moyens" du GIEC, elle rend impossible l'objectif de maintenir le seuil d'augmentation de la température au dessous de 2°C, explique Philippe Bousquet : « d'après notre étude, l'évolution actuelle des concentrations de méthane atmosphérique n'est reproduite dans aucun scénario climatique imaginé pour le dernier rapport du Giec : trois sont trop optimistes et le dernier est un peu trop pessimiste. Il sera donc utile de revoir ces scénarios pour le prochain exercice du Giec. »

Autrement dit, la croissance actuelle des émissions de méthane est aussi rapide que le scénario le plus pessimiste du 5e rapport du GIEC et pousse l'augmentation des températures au-dessus de 3°C, intenable pour nos sociétés.

Par conséquent, les auteurs de l'étude demandent que l'on redouble d'attention et d'expertise scientifique pour mieux quantifier puis diminuer les émissions de méthane, ce qui apporterait des bénéfices rapides[3] et complémentaires aux efforts de réductions des émissions de CO2 dans l'atmosphère.

Marielle Saunois, enseignant-chercheur à l'UVSQ et coordinatrice de l'étude ajoute qu' « il est impératif de continuer les efforts de quantification du bilan mondial du méthane, avec des mises à jour régulières comme pour le dioxyde de carbone car la diminution des émissions de méthane peut être 4 rapidement bénéfique pour le climat . Si on veut rester sous la barre des 2°C, il ne faut pas se contenter de limiter les émissions de dioxyde de carbone, il faut aussi réduire celles de méthane. »

Le Global Carbon Atlas dresse, chaque année, un bilan des émissions et de puits de carbone et de méthane dans l'atmosphère.

Notes

  1. Le pouvoir de réchauffement global (PRG) est un indicateur qui vise à regrouper sous une seule valeur l'effet additionné de toutes les substances contribuant à l'accroissement de l'effet de serre. Ainsi, la durée de vie du méthane dans l'atmosphère est plus courte que celle du CO2 mais l'effet de serre exercé par le méthane est 28 fois plus élevé que celui du CO2 (sur un horizon de 100 ans).
  2. ppb = parties par milliard.
  3. Par rapport au CO2, le méthane a une durée de vie plus courte dans l'atmosphère : 10 ans contre environ 1 siècle.
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31 décembre 2016 6 31 /12 /décembre /2016 17:47
éditorial

Climat : la maison brûle vraiment

Climat : la maison brûle vraiment
Jean Marcel Bouguereau
Archives PP
 

6

Par , publié le , modifié .

« Sans un changement rapide et radical de modèle énergétique, la planète se prépare à crever le plafond de 2 °C de réchauffement que s’est fixé la communauté internationale. »

« Notre maison brûle et nous regardons ailleurs ». C’est en 2002 que Jacques Chirac a prononcé cette phrase. Depuis il y a eu depuis la COP 21 et la COP 22. On se hâte lentement, trop lentement. Même si les émissions mondiales de CO2 se stabilisent, le climat continue de se dérégler.

 
 

Tous les vacanciers qui avaient réservé dans les stations de montagne le savent : il y a de moins en moins de neige à Noël en France. Tous les indicateurs sont au rouge. En 2016, la température moyenne terrestre aura été de 1,2 °C au-dessus de la moyenne préindustrielle, selon l’Organisation météorologique mondiale. Soit environ 0,2 °C de plus que le record de 2015. Modeste en apparence, un tel écart est en réalité, s’agissant du climat, monstrueux. On vient de s’apercevoir que la banquise avait perdu plus de trois millions de kilomètres carrés par rapport à la moyenne 1981-2010 ! 20 % de la banquise s’est évaporée ! Or, à l’échelle mondiale, sur les dix-sept années les plus chaudes jamais mesurées, seize appartiennent au siècle en cours !

« Le réchauffement se produit maintenant beaucoup plus vite que prévu », prévenaient en septembre dernier six climatologues internationaux, dans une tribune publiée par l’ONG Universal Ecological Fund. Il est nécessaire de doubler, voire de tripler les efforts pour limiter les émissions de gaz à effet de serre. » Même si les émissions mondiales de CO2 stagnent, ce tassement demeure insuffisant pour enrayer l’emballement de la machine climatique. Sans un changement rapide et radical de modèle énergétique, la planète se prépare à crever le plafond de 2 °C de réchauffement que s’est fixé la communauté internationale. C’est une course de vitesse qui est engagée.

Du côté des USA, on se prépare à l’arrivée de Donald Trump, pour qui le réchauffement climatique est une invention chinoise pour briser la compétitivité américaine : Barack Obama vient d’interdire tout nouveau forage de gaz ou de pétrole, sur plus de 50 millions d’hectares de l’océan Arctique, afin de réduire la dépendance aux énergies fossiles et de « préserver les écosystèmes » de ces zones maritimes. Quand on voit que Pékin, d’ordinaire peu sensible aux questions environnementales, vient d’adopter une nouvelle loi pour enrayer une pollution décrétée « fléau national », c’est que quelque chose a vraiment changé. Il faut dire qu’on ne respire plus dans les rues de la capitale chinoise. D’ailleurs, Quartz, le magazine en ligne américain voit dans la puissance chinoise le nouveau chef de file dans la lutte mondiale contre le réchauffement climatique.

Pour autant avez-vous remarqué à quel point ce sujet était absent des débats de la primaire de la droite comme et de la gauche ? Il y a pourtant le feu au lac !

 
 
 
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30 décembre 2016 5 30 /12 /décembre /2016 22:37
 

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Jérôme Fenoglio
Jérôme Fenoglio,
directeur du Monde
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la matinale du 21/12/2016 Découvrir l’application

En Normandie, une route solaire au banc d’essai

Ségolène Royal a inauguré, jeudi, un tronçon routier recouvert de panneaux photovoltaïques. Un projet sans précédent au monde par sa taille.

LE MONDE | • Mis à jour le | Par Pierre Le Hir

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Test de route solaire à Tourouvre (Orne), en octobre 2016.

Après l’autoroute du soleil, voici la route solaire. Un tronçon long de 1 km, sur une voie départementale desservant la petite commune normande de Tourouvre-au-Perche (3 400 habitants), dans l’Orne, dont la chaussée a été recouverte de dalles photovoltaïques. Cette infrastructure a été inaugurée, jeudi 22 décembre, par la ministre de l’environnement, Ségolène Royal, qui en fait un exemple de la transition énergétique dans les territoires. Ce projet, sans précédent au monde par sa taille, suscite pourtant des critiques, en raison d’un rendement énergétique incertain et d’un coût élevé. Le financement, de 5 millions d’euros, a en effet été assuré par une subvention de l’Etat.

L’idée de déployer des panneaux solaires sur le réseau routier, afin de produire de l’électricité sans empiéter sur les surfaces agricoles ou les espaces naturels, n’est pas neuve. Voilà plus de dix ans, un couple d’Américains de l’Idaho, Scott et Julie Brusaw, avait ouvert la voie en créant la société Solar Roadways. Depuis, des initiatives similaires ont été lancées dans plusieurs pays, notamment à Berlin ou dans la banlieue d’Amsterdam. Mais, jusqu’ici, les expérimentations n’ont été réalisées que sur de très petites sections de route.

Le concept a changé d’échelle, avec le projet Wattway porté par l’entreprise de travaux publics Colas (groupe Bouygues) et l’Institut national de l’énergie solaire (INES) qui associe le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) et l’université de Savoie. Au terme de cinq années de recherche et de tests menés en Vendée, dans les Bouches-du-Rhône et dans les Yvelines, la route solaire normande va constituer le véritable banc d’essai.

Lire aussi : Bouygues prend la « route du soleil » pour produire de l’électricité

Sur 2 800 m2, des panneaux photovoltaïques en forme de dalles ont été collés sur l’asphalte. Au sein de ce revêtement, les feuilles de silicium générant le courant sont enrobées dans une résine protectrice qui, affirment les partenaires de Wattway, les rend « capables de supporter la circulation de tout type de véhicule, y compris les poids lourds », tout en assurant une bonne adhérence entre les pneus et la chaussée. Ces modules sont fabriqués par la société coopérative de production SNA, basée elle aussi à Tourouvre-au-Perche.

image: http://s1.lemde.fr/image/2016/12/21/534x0/5052350_6_4502_fabrication-de-panneaux-photovoltaiques-par-la_a2ff6b611e112bf8ae6cec5a3c3c8ffe.jpg

Fabrication de panneaux photovoltaïques par la société coopérative de production SNA, à Tourouvre, en novembre 2016.

L’électricité produite rejoint le réseau de distribution local, via un raccordement direct. D’après la société Colas, une surface de 20 m2 suffit à approvisionner un foyer en électricité (hors chauffage) et 1 km de route équipée fournit l’équivalent de la consommation de l’éclairage public d’une ville de 5 000 habitants.

« La route solaire s’inscrit dans la transition énergétique : promesse de croissance verte, création d’emplois, innovation », s’était félicitée Ségolène Royal lors du lancement du chantier, en octobre. Un peu vite, elle avait alors annoncé que la production attendue était de « 17 963 kilowattheures (kWh) par jour », avant de rectifier sur le site internet du ministère, qui ne fait plus état que de « 790 kWh par jour », soit vingt-deux fois moins.

« Gadget »

Ce sont bien les performances de cette infrastructure, au regard de son coût, que mettent en cause certains experts. « Il s’agit sans doute d’une prouesse technique, mais, pour développer les renouvelables, il y a d’autres priorités qu’un gadget dont on est certain qu’il est très cher sans être sûr qu’il marche », pense Marc Jedliczka, vice-président du Réseau pour la transition énergétique (CLER) et directeur général de l’association Hespul, spécialisée dans le photovoltaïque.

Lire aussi : Tesla veut racheter le fabricant de panneaux solaires SolarCity

Le président du Syndicat des énergies renouvelables (SER), Jean-Louis Bal, réserve quant à lui son jugement sur la viabilité du procédé : « Quels seront son coût, sa productivité et sa durée de vie ? Pour l’instant, je n’ai pas les réponses. »

A 5 millions d’euros le kilomètre, la perspective, envisagée par la ministre, de paver de silicium 1 000 km de routes exigerait d’y consacrer 5 milliards d’euros. Cela, alors que le prix du watt-crête (puissance maximale) raccordé se monte, pour l’actuelle route solaire, à 17 euros contre seulement 1,30 euro pour le photovoltaïque posé en grande toiture, et moins de 1 euro pour les installations au sol.

Le site normand est un démonstrateur. A terme, les promoteurs de Wattway espèrent se rapprocher des coûts de production du solaire classique, pour pouvoir passer à la commercialisation de leur procédé. Pour l’heure, ils ont en portefeuille une centaine de petits projets de tronçons photovoltaïques expérimentaux, dont une moitié en France et l’autre à l’étranger.


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/12/21/en-normandie-une-route-solaire-au-banc-d-essai_5052352_3244.html#m8Yuo8QF31vimpDx.99
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30 décembre 2016 5 30 /12 /décembre /2016 20:23

L'Organisation Météorologique Mondiale (OMM) estime que l'année 2016 a encore battu un record de chaleur, avec une moyenne de température supérieure d'environ 1,2°C par rapport à l'ère préindustrielle.

Réchauffement climatique : 2016 sera l'année la plus chaude jamais enregistrée
 

Les mesures de températures à l'échelle planétaire sur les 11 premiers mois de l'année 2016 attestent que le niveau moyen des températures va battre le record de l'année 2015.

2016 va être l'année la plus chaude jamais enregistrée par les organismes de météorologie depuis 1880. Les chiffres consolidés pour l'année entière seront publiés début 2017, mais les données du mois de novembre confirment que 2016 atteindra un record de chaleur.

"Les indicateurs à long terme du changement climatique causé par l'homme, y compris les concentrations records de dioxyde de carbone, la fonte des glaciers et la faible quantité de glace de mer, ont continué" souligne l'OMM.

"Le climat a battu des records en 2016" a déclaré le Secrétaire général de l'OMM, Petteri Taalas. L'Arctique a connu des températures particulièrement élevées et un niveau de glace de mer extrêmement bas : il se réchauffe environ deux fois plus que la moyenne mondiale.

"Dans l'atmosphère, les niveaux de dioxyde de carbone étaient au-dessus du niveau symbolique de 400 parties par million. Dans les océans, une chaleur record a contribué au blanchissement répandu des récifs coralliens. Et sur terre, les sécheresses, les inondations et les cyclones tropicaux ont perturbé la vie de millions de personnes ainsi que le progrès vers le développement socio-économique. Une partie de ces catastrophes peut être liée au changement climatique" a-t-il expliqué.

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20 décembre 2016 2 20 /12 /décembre /2016 02:53

Le réchauffement de la planète en trois animations très parlantes

  • Par lefigaro.fr
  • Mis à jour
  • Publié
Le mont Discovery, un volcan situé en Antarctique.

Le mont Discovery, un volcan situé en Antarctique. Crédits photo : Photo courtesy of Michael Studinger, Operation IceBridge project scientist - NASA Goddard Space Flight Center.

2016 s'annonce comme l'année la plus chaude de l'histoire de notre planète. Parvenir à représenter concrètement la réalité du réchauffement climatique est une gageure. C'est pourtant la clé pour parvenir à frapper les esprits et faire comprendre à tout un chacun l'urgence de la situation.

2016 va battre tous les records. La température moyenne à la surface de la Terre pourrait être supérieure d'environ 1,2°C par rapport à l'ère préindustrielle. En 2015, qui était le précédent record, la température affichait «seulement» 1°C de plus. Parmi les causes probables de ce record, le phénomène climatique El nino, mais aussi le niveau sans précédent de concentration des principaux gaz à effets de serre dans l'atmosphère.

Des chiffres alarmants mais qu'il est parfois difficle d'appréhender. Parvenir à représenter concrètement la réalité du réchauffement climatique est souvent une gageure. C'est pourtant la clé pour parvenir à frapper les esprits et faire comprendre à tout un chacun l'urgence de la situation. Ces trois animations (parmi d'autres) ont relevé le défi.

La spirale de la hausse des températures

Climatologue à l'université britannique de Reading et membre du GIEC, Ed Hawkins a développé un modèle qui permet de visualiser la rapidité du réchauffement de la planète depuis 1850. Pour chacune des années depuis 1850 (date du début des premières mesures de température fiables ), il a simplement pris la température moyenne mondiale enregistrée chaque mois en se basant sur les prises de mesures des instituts nationaux. Le résultat est saisissant: en moins d'une minute, l'animation en cercles permet de voir à quelle vitesse la température de la planète grimpe de plus en plus rapidement pour se rapprocher de 1,5°C (premier cercle rouge) et 2°C (deuxième cercle rouge). Ces deux cercles représentent les limites fixées par l'accord de Paris à l'issue de la COP 21.

Plus d'informations: http://www.climate-lab-book.ac.uk/spirals/

Bien voir les évolutions sur le long-terme

Partant du même principe, la visualisation en courbe ci-dessous s'appuie sur les données du Goddard Institute for Space Studies de la NASA. Ce laboratoire dédié à l'étude du réchauffement climatique est doté de supercalculateurs parmi les plus puissants du monde et analyse de manière continue les températures de surface de notre planète obtenues par 1000 station météorologiques à travers le monde ainsi que des données satellitaires. Cette visualisation permet de bien voir les évolutions sur le long-terme, celles qui sont les plus importantes pour bien comprendre les changements profonds qui affectent la planète Terre.

Plus d'informations ici: http://earthobservatory.nasa.gov/blogs/earthmatters/2016/09/12/heres-how-the-warmest-august-in-136-years-looks-in-chart-form/

Une «machine à remonter le temps» pour le climat

Grâce à cette «machine à remonter le temps» comme elle l'a appelée, la Nasa montre les changements de température de 1880 à 2015. Les zones en bleu foncé indiquent les endroits où les températures sont plus froides que la valeur de référence moyenne (de 1951 à 1980), celles orangées les endroits où elles sont plus chaudes que la valeur de référence. (Cliquer sur le lien sous l'image pour lancer l'animation)

Data source: NASA/GISS - Credit: NASA Scientific Visualization Studio

Data source: NASA/GISS - Credit: NASA Scientific Visualization Studio

http://climate.nasa.gov/interactives/climate-time-machine

Dans le même ordre d'idée, la Nasa propose une série de visualisation sur le niveau des glaces aux pôles, le niveau des océans et les émissions de dioxide de carbone.

Enfin, en bonus, si vous pensiez impossible de voir un jour une chronologie en dessins qui vous permette de visualiser un seul coup d'oeil 24.000 ans d'histoire de la Terre et l'évolution de la température moyenne de la planète depuis la dernière période glaciaire (22.000 avant J.C.), le tout avec beaucoup d'humour et énormément de talent, alors ne manquez pas ce (long) dessin d'xkcd (en anglais).

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17 décembre 2016 6 17 /12 /décembre /2016 16:18

Laurent Sacco, Futura-Sciences

L'Homme a modifié dangereusement le climat en injectant massivement du gaz carbonique dans l'atmosphère. Peut-être pourra-t-il limiter, sur le long terme, les problèmes engendrés par le réchauffement climatique grâce à la géoingénierie. Il serait ainsi possible d'injecter des aérosols capables de refroidir le climat sans toucher à la couche d'ozone.

 

Il semble malheureusement de moins en moins probable que l'humanité puisse s'entendre et agir suffisamment rapidement pour éviter une augmentation de deux degrés de la température globale moyenne de la planète. Au-delà de cette température, la stabilité du climat ne sera plus garantie et il y aura des réfugiés climatiques à gérer. Par ailleurs, le manque d'eau et des pics de températures infernales risquent de se faire cruellement sentir dans la région allant de l'Afrique du Nord jusqu'au Pakistan.

La technologie pourrait bien être notre seul et mince espoir pour affronter ce problème et en limiter les effets. Il faudrait, bien sûr, faire des percées spectaculaires en moins de dix ans dans les domaines de la fusion contrôlée et des cellules photovoltaïques, mais mieux vaut ne pas trop y compter. Certains espèrent que la séquestration géologique du gaz carbonique pourra également devenir efficace et qu'elle sera mise en place à grande échelle. Une autre carte à jouer, mais qui ne sera sans doute efficace qu'à long terme (elle ne peut donc pas résoudre à court terme les problèmes du réchauffement climatique) serait de faire de la géoingénierie.

Il a ainsi été proposé d'injecter dans l'atmosphère des composés chimiques capables de modifier la réflectivité de cette atmosphère, et donc de la refroidir. En s'inspirant de l'impact des éruptions volcaniques sur le climat, l'idée d'utiliser des aérosols soufrés est venue à l'esprit de chercheurs (voir article ci-dessous). Toutefois, ces fines particules détruisent la couche d'ozone, ce qui peut contribuer à accélérer le réchauffement global. Dans l'idéal, il faudrait trouver un composant qui n'ait aucun effet secondaire de ce type, que ce soit sur le climat ou, tout simplement, sur les écosystèmes.

De la calcite trouvable en France. © Didier Descouens, Wikipédia, CC by-sa 3.0

La calcite, un antiacide pour refroidir l'atmosphère

Un groupe de chercheurs états-uniens de la Harvard John A. Paulson School of Engineering and Applied Sciences (Seas) est sur une piste, comme ils l'expliquent dans un article publié dans Pnas ainsi que dans une vidéo. Il suffirait, peut-être, d'utiliser un carbonate de calcium bien connu :la calcite.

 
 

Le concept a plusieurs avantages. Ce minéral est relativement abondant sur Terre, où il se trouve sous plusieurs formes naturellesavec des traces de manganèse, fer, aluminium etc. Surtout, il ne se contenterait pas d'être inoffensif pour la couche d'ozone : des particules à base de calcite agiraient en fait comme une sorte d'antiacide pour la stratosphère et la couche d'ozone. À la surface de ces particules, des réactions chimiques actives s'y produiraient qui neutraliseraient les composés soufrés acides menaçant les molécules d'O3.

Un moyen de faire d'une pierre deux coups : l'Homme aurait une carte à jouer pour limiter les effets du changement climatique et pourrait accélérer la réparation de la couche d'ozone qui est en cours.Cependant,comme le précisent les chercheurs, il ne faut pas s'attendre à ce que cette technique résolve le problème du réchauffement climatique à elle seule. Les études doivent aussi se poursuivre afin de vérifier qu'aucun effet secondaire indésirable n'arrive. La Terre est un système dynamique complexe, aussi bien au niveau du climat que de la biosphère ; l'Homme pourrait avoir des surprises désagréables s'il n'y prend garde.

Pour en savoir plus
 

La géoingénierie pourrait-elle réduire l'impact des cyclones ?

Article de Laurent Sacco publié le 03/11/2015

Les ouragans tropicaux tels que Katrina devraient malheureusement se multiplier au cours du XXIe siècle à cause du réchauffement climatique. Selon un groupe de chercheurs, la géoingénierie serait en mesure de réduire cette augmentation. Il faudrait pour cela injecter massivement des aérosols dans l'atmosphère afin d'imiter des éruptions volcaniques comme celle du Pinatubo, survenue aux Philippines en 1991.

John Von Neumann, l'un des géants du Panthéon de l'informatique avec Alan Turing, se serait en grande partie impliqué dans la théorie des ordinateurs dans le but de réaliser des prédictions météorologiques. Cela reste à prouver. Ce qui est sûr c'est que la modélisation numérique du temps et du climat sur Terre à l'aide de supercalculateurs doit beaucoup au physicien et mathématicien anglais Lewis Richardson (1881-1953). Le livre qu'il a publié à ce sujet en 1922, alors qu'aucun ordinateur n'existait encore, a été d'une importance cruciale pour les tentatives ultérieures de modélisation dont l'essor a vraiment commencé après la seconde guerre mondiale, grâce à la conquête spatiale et aux travaux de Verner Suomi sur les satellites météorologiques.

Ordinateurs et modèles numériques ont permis aux membres du Giec de tirer la sonnette d'alarme en ce qui concerne l'évolution du climat au cours du XXIe siècle. La technologie grâce à laquelle l'Homme a vraiment pu commencer à sortir du Néolithique depuis quelques siècles est pourtant en train de menacer son avenir via le réchauffement climatique dont Homo sapiens est responsable. Ne pourrait-elle pas aussi réparer les dommages qu'elle a causés ? En d'autres termes n'est-il pas possible de faire de la géoingénierie en ce qui concerne le climat ?

La question se pose à nouveau à l'heure où un certain pessimisme se fait jour en ce qui concerne la capacité et la volonté de l'humanité à limiter sa consommation des énergies fossiles, et son rejet de CO2 dans l'atmosphère, afin de maintenir le réchauffement climatique global annoncé en dessous de 2 °C.

La concentration de gaz à effet de serre n'a jamais autant augmenté que ces quinze dernières années. Malgré les engagements pris par de nombreux pays, aucune solution concrète ne semble émerger. Le Cnes a rencontré Jean Jouzel, climatologue de renom, afin d’en savoir plus. © Cnes

Un Pinatubo tous les deux ans pendant 50 ans !

De fait, une équipe internationale de chercheurs en géosciences vient de proposer (comme Bill Gates et d'autres avant eux) d'utiliser la technologie pour lutter contre la formation des cyclones tropicaux qui devraient se faire plus nombreux et plus dévastateurs au cours de ce siècle. L'idée de base n'est pas nouvelle : en 2006, Paul Crutzen, prix Nobel de chimie 1995, avait proposé, avec d'autres scientifiques, d'injecter dans l'atmosphère des aérosols soufrés (ces aérosols peuvent refroidir le climat contrairement à d'autres) afin d'imiter l'impact de certaines éruptions volcaniques sur le climat, telle celle du Pinatubo en 1991. Le 15 juin 1991, aux Philippines, ce volcan avait propulsé jusqu'à 35 kilomètres d'altitude au moins 17 millions de tonnes de sulfates. Dans l'année qui a suivi, les températures ont sensiblement baissé un peu partout sur la planète (de 0,4 à 0,6 °C dans l'hémisphère nord et de 0,4 °C au sud). En effet, le vaste ensemble de nuages contenant des aérosols soufrés qui a résulté de cette éruption volcanique a fait plusieurs fois le tour de la Terre, absorbant les rayons solaires et réduisant la quantité de lumière parvenant au sol.

Comme elle l'explique dans un article publié dans Pnas, l'équipe de chercheurs a voulu tester numériquement le concept de refroidissement artificiel du climat à l'aide d'injection de dioxyde de soufre (SO2), très précisément dans l'optique d'inhiber la croissance du nombre d'ouragans tropicaux du calibre d'Isabel ou de Katrina.

Les travaux conduits par ces chercheurs dans la cadre du Geoengineering Model Intercomparison Project montrent que le concept est scientifiquement crédible. Il serait possible de diviser par deux le nombre de cyclones au cours de la seconde moitié du XXIe siècle si l'on injectait chaque année environ 10 millions de tonnes d'aérosols soufrés dans l'atmosphère pendant 50 ans à partir de 2020. Cela équivaudrait à une éruption du Pinatubo tous les deux ans. Le projet serait bien évidemment coûteux mais réalisable et sans doute moins onéreux que l'impact sur l'humanité de l'augmentation du nombre de cyclones.

Il y a toutefois un écueil que les chercheurs ne dissimulent pas : il est hors de question d'injecter vraiment du SO2 dans l'atmosphère car cela entraînerait une diminution de la couche d'ozone. Il reste donc à trouver un aérosol à l'effet équivalent mais sans cet inconvénient...

 

Les aérosols, ces particules qui favorisent l'effet de serre Les aérosols sont de petites particules présentes dans l’atmosphère. Ils sont responsables de la formation de nuages et, par la même occasion, contribuent à l'effet de serre et au réchauffement climatique. Le Cnes nous explique au cours de cette vidéo comment les aérosols sont surveillés depuis déjà plusieurs années.

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15 décembre 2016 4 15 /12 /décembre /2016 17:23

14 décembre 2016

Trump démenti par la Nasa

Températures planétaires récentes (GISS, Nasa)

Le nouveau Président des Etats-Unis d’Amérique a un problème sérieux avec la Nasa. Les climatologues de l’Institut Goddard pour les études spatiales (GISS) viennent de publier l’analyse des températures planétaires pour le mois de novembre 2016. Elles montrent que l’année 2016 va sans aucun doute ravir à 2015 le record de chaleur depuis le début des relevés thermométriques. Le mois de novembre affiche un écart à la moyenne calculée sur la période 1951/1980 de 0,95°C. Un écart de 1,02°C sur les onze premiers mois de l’année. Une observation en totale contradiction avec le discours de Donald Trump sur le climat.

Cette publication n’est bien sûr pas une surprise pour les spécialistes du climat. Depuis deux ans, l’épisode El Niño qui a réchauffé les eaux de surface du Pacifique tropical Est, a contribué à cette température planétaire élevée. Mais, si cette température est nettement plus élevée que celle des dernières années à Niño, c’est à la tendance au réchauffement provoquée par l’intensification de l’effet de serre qu’on le doit. Une intensification dont l’origine est connue sans le moindre doute : elle provient de nos émissions de gaz à effet de serre, en particulier du CO2 et du méthane (dont les émissions ont crû vigoureusement ces dernières années).

La courbe séculaire des températures planétaires (GISS, Nasa)

Les données scientifiques publiées par l’équipe GISS/Université Columbia de New York ne sont pas les seules en ce domaine. Mais elles sont convergentes avec celles des autres équipes, et considérées comme une référence mondiale par l’ensemble des spécialistes du sujet.

Une vaste chasse aux sorcières

Que va faire Donald Trump ? Climatosceptique brutal – il a déclaré que le changement climatique est une « invention chinoise » destinée à porter tort à l’industrie américaine – il vient de nommer Scott Pruitt, à la tête de l’EPA (l’Agence fédérale pour la protection de l’environnement) un climatosceptique de même acabit. Son équipe préparant la transition avec le gouvernement Obama vient d’envoyer une curieuse demande : les noms de tous les fonctionnaires ayant participé aux COP, la diplomatie opérée dans le cadre de la Convention Climat de l’ONU. L’annonce d’une vaste chasse aux sorcières ? Dans l’administration et les laboratoires ? Déjà, sous Bush junior, les climatologues de la Nasa se heurtaient à des « officiers de communication » chargé de caviarder leurs messages à la presse.

Pour la Nasa, Trump a déjà déclaré qu’elle devrait plutôt se tourner vers Mars que se consacrer à l’observation de la Terre. C’est là un pas de plus par rapport à l’ère Bush junior. Ce dernier « doutait » du changement climatique et de ses causes ? Alors la Nasa pouvait lui demander des crédits pour étudier la question et lever les doutes. Il semble que Trump n’a en réalité pas de doute, et considère qu’il n’est plus nécessaire de mesurer les paramètres du climat terrestre. Ce qui est assez logique au vu des valeurs obtenues, qui réduisent à néant les discours climatosceptiques.

Alertés, des scientifiques américains commencent déjà à appeler à la rescousse leurs collègues du monde entier explique dans cet article Stéphane Foucart et se préparent à « sauver » leurs données.

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