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25 février 2008 1 25 /02 /février /2008 22:33
Il y a 14 000 ans, peu avant la fin du dernier cycle glaciaire, le courant du Gulf Stream était rétabli (il semble être démontré que les courants marins qui constituaient la circulation actuelle dans l'Atlantique Nord étaient  occasionnellement absents lors de la dernière glaciation).  La fonte des glaciers a permis l'accumulation de masses d'eau considérables dans un vaste réservoir de 350 000 km2 qui s'étendait du Manitoba au Québec et au sud jusqu'au Minnesota et au Dakota du Nord (Lac Agassiz).  Dans un premier temps,l'eau s'est écoulée par le Mississippi dans le Golfe du Mexique.

Il y a 8 200 ans, la retraite des glaciers était bien amorcée et la température était presque identique à ce qu'elle est présentement.  À cette époque, il s'est produit un refroidissement brutal.  La température a chuté de 50C en moins de 100 ans en Europe (retour des conditions glaciaires).La nouvelle situation a perduré pendant au moins 200 ans et par la suite, la température est revenue à la normale en moins de 20 ans (peut-être 10 ans). On pense que ce refroidissement est dû au ralentissement du Gulf Stream suite au déversement rapide des eaux du Lac Agassiz par le Fleuve Saint-Laurent (la fonte des glaciers aurait libéré cette voie).  Il est également possible que la sortie du Lac Agassiz se soit bloquée et que l'imposante masse d'eau se soit déversée par la Baie d'Hudson.  Un tel phénomène provoqua une diminution de la salinité de l'eau de mer et par la suite un ralentissement des courants océaniques.

Si je donne cet exemple,c'est pour démontrer qu'un phénomène semblable pourrait se produire lorsque,  suite à l'augmentation de température que provoque l'augmentation de la concentration des G.E.S., surviendront d'abondantes précipitations qui s'ajouteront à l'eau provenant de la fonte des glaciers.  La fonte des glaces du Groenland et des glaces de mer provoquent déjà un ralentissement du Gulf Stream (plus de 20 % à certains endroits).  Si on ajoute d'abondantes précipitations qui seront recueillies principalement par le Fleuve Saint-Laurent et la Baie d'Hudson, puis déversées dans l'Atlantique Nord, il est probable que le ralentissement du Gulf Stream sera encore plus marquée.  Ce phénomène, combiné aux autres paramètres précédemment mentionnés (cycles de Milankovitch), ainsi qu'aux perturbations atmosphériques dûes à la différence croissante de température entre la haute atmosphère (stratosphère) et la basse atmosphère (troposphère), pourrait éventuellement permettre un refroidissement sinon une glaciation.  Les icebergs sont également responsables de cet apport supplémentaire en eau douce.  Ils sont en augmentation constante.  En 1970, il y en avait 400 par année, puis en 1980 on en comptait 600 par année, en 1990 c'était 1 000 par année.

Alors, de deux choses l'une : ou nous manquons le rendez-vous en 2040 avec des cycles de Milankovitch plutôt favorables, une concentration de CO2 dans l'atmosphère à 500 p.p.m. (possiblement +60%), des courants océaniques ralentis, des courants atmosphériques très actifs, de fortes précipitations, une température moyenne de 160C à 170C et une activité solaire qui commencera à décroître; ou la conjoncture de ces paramètres est telle qu'elle permettra l'amorce d'une glaciation.  N'oublions pas que, contrairement à la situation qui s'est présentée au début des quatre dernières glaciations,le cas présent est unique.  Chaque début de glaciation s'amorçait alors que la concentration du CO2 dans l'atmosphère était de 280 p.p.m. .  Elle est actuellement  de plus de 380 p.p.m. et elle sera de plus de 500 p.p.m. (possiblement 800 p.p.m. ) en l'an 2040.  Ce nouvel état de fait rendra plus problématique l'amorce de la prochaine glaciation.  Cependant, il y a tellement  de paramètres à considérer,qu'il est fort probable,tout au moins possible, que si plusieurs vont dans le même sens, le passage de l'interglaciaire à une période froide ou une période semi-glaciaire se produira.
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25 février 2008 1 25 /02 /février /2008 20:43
Effet d'emballement...
Effet de seuil...
Rupture de tendance...
Point de non retour possible : l'an 2040 ?

Actuellement, à cause de la précession des équinoxes en mode glaciaire et de l'excentricité qui place la Terre rapprochée du Soleil en hiver et éloignée en été, même si l'inclinaison de l'axe terrestre est moyenne, il se pourrait que ces conditions soient favorables à l'accumulation, en hiver , de neige aux hautes latitudes de l'Hémisphère Nord.  Cependant, l'accumulation de couches de glace nécessite une conjoncture favorable avec d'autres rétroactions allant dans le même sens.  Il se pourrait qu'elles soient suffisantes : diminution de l'activité des courants océaniques et forte activité des courants atmosphériques (importante différence de température entre la haute et la basse atmosphère).

Si pendant un hiver doux, l'air humide (océan chaud : beaucoup d'évaporation) permettait de bonnes accumulations de neige, il est possible que l'été frais qui suivra ne réussisse pas à éliminer toute la neige aux hautes latitudes de l'Hémisphère Nord.  Le processus de glaciation serait par le fait même amorcé.  La neige réfléchirait plus de rayons infrarouges dans l'espace (albedo de la neige fraîche : 85 % à 95 %) et pourrait ainsi contribuer au refroidissement nécessaire à la poursuite du processus.  Si en plus le courant chaud du Gulf Stream ralentit ou, pire, si sa branche nord ( Dérive Nord-Atlantique) diminue considérablement sa vitesse, alors rien ne pourra compenser ce refroidissement.  À partir de ce moment le processus de glaciation partielle ou même de glaciation pourrait s'installer définitivement le tout étant favorisé par un ensoleillement maximal l'hiver dans l,Hémisphére Nord  ( à cause de l'excentricité) et par la précession des équinoxes en mode glaciaire.  De plus, l'activité solaire sera décroissante après l'an 2040. Et si, en plus, une éruption volcanique se manifestait et causait un refroidissement, la glaciation pourrait se perpétuer d'elle-même.




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23 février 2008 6 23 /02 /février /2008 00:45

À l'examen des conditions requises pour l'apparition d'une période glaciaire ou d'une période interglaciaire, on doit tout de suite conclure que la quantité de chaleur reçue aux moyennes et surtout aux hautes latitudes de l'Hémisphère Nord est de première importance.  En ce sens, il est utile de mentionner que le cycle de précession des équinoxes et  celui de l'inclinaison de l'axe terrestre sont seuls responsables de la quantité d'énergie solaire reçue pour une saison donnée.  

L'excentricité de l'orbite terrestre influence surtout l'énergie solaire reçue par la Terre à différents moments de l'année.  Actuellement, on reçoit plus d'énergie en janvier qu'en juillet (différence : 6% ).  Cet écart pourrait s'accentuer jusqu'à 30 % sur un cycle plus long.  À sa position la plus rapprochée du Soleil, la Terre est distante d'environ 129 000 000 km, tandis qu'à sa position la plus éloignée, elle est distante d'environ 187 000 000 km .  La distance moyenne Terre-Soleil est actuellement de 150 000 000 km.  Ces différences sont dûes aux attractions entre la Terre et le Soleil ainsi qu'entre la Terre et les autres planètes.  Notons que cette excentricité de la Terre varie selon un cycle de 100 000 ans, mais également selon un plus grand cycle de 413 000 ans. Tout cela n'affecte pratiquement pas la quantité moyenne d'énergie solaire reçue par la Terre en une année.  Donc, il en résulte simplement, pour la période actuelle, des étés plus froids et des hivers plus chauds.

Ces trois cycles de Milankovitch permettent d'expliquer les différences d'énergie reçues particulièrement aux hautes latitudes de l'Hémisphère Nord tout au long de l'année (650 de latitude nord), l'amplitude des différences entre les saisons, les différences d'énergies emmagasinées par les eaux et par le sol (différence d'albedo) et les différences d'énergies reçues entre les hémisphères à cause de l'inclinaison de l'axe terrestre et de la précession des équinoxes.

L'étude des quatre derniers cycles glaciaires-interglaciaires semble démontrer qu'une glaciation se termine quand la température moyenne de la planète est d'environ 80C à 90C et que l'interglaciaire se termine quand la température a atteint un sommet qui se situe aux alentours de 160C à 170C.  Si la tendance se maintient, on doit admettre que cette température moyenne de la planète pourraît être atteinte vers l'an 2040.  Ça ne signifie pas qu'en 2040 , nous serons en période glaciaire.  Cependant, il se pourrait qu'à partir de cette date, toutes les tentatives pour renverser le processus soient tardives.  Même dans l'hypothèse d'un scénario modéré d'augmentation des G.E.S., c'est ce qui semble se dessiner.  De plus, ce scénario modéré semble être trop optimiste : il se pourrait que l'augmentation de la concentration du CO2 soit plus importante que prévue (+60%). C'est pourquoi il faut agir dès maintenant si nous ne voulons pas atteindre ce point de non retour.  Si la progression demeure constante ou, pire, si elle s'accélère, il pourrait y avoir rupture de tendance(effet de seuil) au plus tard à cette date.  Nous allons essayer d'anticiper ce qu'il pourrait advenir par la suite.

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19 février 2008 2 19 /02 /février /2008 18:57

Afin de mieux comprendre les cycles glaciaires-interglaciaires, il serait intéressant de voir en quoi consistent les cycles de Milankovitch.  Les cycles glaciaires-interglaciaires semblent être influencés par les trois cycles de Milutin Milankovitch.  En premier lieu mentionnons le cycle de l'excentricité de l'orbite terrestre qui a 2 périodes : 100 000 ans et 413 000 ans. On doit également à ce célèbre Serbe deux autres cycles : l'obliquité de l'axe de rotation de la Terre (de 21,80 à 24,40 , il dure 41 000 ans ) et la précession des équinoxes ( la Terre oscille comme une toupie sur son axe en environ 22 000 ans ).  De ces deux derniers cycles dépendent les variations de l'énergie reçue aux moyennes et hautes latitudes de l'Hémisphère Nord, et cela semble être déterminant.

Cependant, ce n'est pas suffisant.  Il ne faut pas oublier d'inclure d,autres acteurs d'importance : l'activité des cycles solaires (particulièrement ceux de 11 ans et de 200 ans) les courants océaniques, les courants atmosphériques, la concentration des gaz à effet de serre dans l'atmosphère et la capacité de réflexion des rayons infrarouges (albedo) par les continents, l'océan et les nuages. Ce  sont des variables particulièrement importantes qui, lorsqu'elle sont favorables, peuvent permettre (en association avec les trois cycles de Milankovitch) le déclenchement ou la fin d'une période glaciaire.

Même si tous les paramètres (excentricité de l'orbite, obliquité et précession) étaient favorables, ce ne serait probablement pas suffisant pour déclencher une glaciation.  Cette conjoncture permettrait de bonnes accumulations de neige aux moyennes et surtout aux hautes latitudes de l'Hémisphere Nord en hiver, mais l'été pourraît être encore suffisamment chaud pour faire fondre toute cette neige (même à la suite de l'augmentation de l'albedo produite par une plus grande accumulation de neige) si, par exemple, l'activité solaire était forte.

Voyons ce qu'il en est en théorie.

---  Période glaciaire :

Cette situation se présenterait quand l'inclinaison de l'axe de la Terre serait faible, quand l'excentricité de l'orbite terrestre autour du Soleil serait faible et quand le cycle de précession des équinoxes ferait en sorte que les hivers soient plus chauds et les étés plus froids. En principe, ces paramètres devraient être favorables à l'avènement d'une période glaciaire.

---  Période interglaciaire :

Pour qu'advienne cet événement, il faudrait être en présence d'une forte inclinaison de l'axe de la Terre, d'une forte excentricité de l'orbite terrestre et d'un cycle de précession des équinoxes qui, comme il y a 9 000 ans environ, ferait en sorte que les hivers soient plus froids et les étés plus chauds.

---  Période actuelle (toujours en théorie) :

Nous sommes à la fin d'une période interglaciaire. La pente de refroidissement à long terme est déjà amorcée depuis 1 000 ans.  Quand on parle de long terme, il faut faire abstraction des variations de quelques dixièmes de degrés sur des périodes de quelques décennies.  L'augmentation de température  qui se situe à environ  0,750C depuis les débuts de l'ère industrielle est causée par l'homme ( Est-ce que ce sera suffisant, même en extrapolant, pour influencer l'avenement de la prochaine glaciation? )   Le cycle de précession des équinoxes s'approche de la période ou nous aurons (nous avons déjà) des hivers plus chauds et des étés plus froids. De plus les cycles de l'excentricité de l'orbite terrestre (100 000 ans et 413 000 ans) et celui de l'obliquité de l'axe de rotation de la Terre (41 000 ans) seront progressivement en position d'amplifier la tendance. Le réchauffement anthropique des deux derniers siècles nous à bien caché cette nette tendance au refroidissement à long terme.

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18 février 2008 1 18 /02 /février /2008 20:16
Le passé étant garant de l'avenir, il serait utile de voir comment ont débuté les cycles glaciaires-interglaciaires.  Voyons ce qu'il en est.

Au cours des différentes ères géologiques, les continents ont changé de position à plusieurs reprises à la suite d'éloignements et de rapprochements successifs pour finalement se retrouver, il y a 180 000 000 d'années, à la position relativement stable qu'ils occupent actuellement.  À partir de -280 000 000 d'années jusqu'à -180 000 000 d'années, il n'y avait qu'une seule masse continentale appelée la Pangée puis, à partir de cette date, elle s'est progressivement divisée en 2 continents : la Laurasie au nord (incluant l'Europe, l'Asie et l'Amérique du Nord) et le Gondwana au sud (regroupant l'Afrique, l'Inde, l'Australie, l'Antarctique et l'Amérique du Sud).  Quelques millions d'années plus tard, ces deux continents se disloquèrent et l'Atlantique s'ouvrit pour en arriver à la position actuelle des continents qui est sensiblement la même depuis au moins 50 000 000 d'années.  L'Antarctique et l'Inde ont cependant mis plus de temps à rejoindre leur position actuelle.

Avant que ce positionnement global ne survienne, il n'y avait que de grandes ères glaciaires qui s'échelonnaient sur 10 à 30 millions d'années.  Les cycles glaciaires-interglaciaires d'une durée de 100 000 ans en moyenne n'existent que depuis quelques millions d'années.  les quatre derniers sont bien connus.  Ils sont constitués d'une période de glaciation d'une durée de 90 000 à 100 000 ans suivie d'une période interglaciaire d'une durée de 10 000 à 20 000 ans (occasionnellement 30 000 ans comme ça s'est produit il y a 400 000 ans et possiblement comme ça pourrait se produire pour l'interglaciaire actuel).  Nous nous situons présentement - en théorie - à la fin d'une période interglaciaire.

Qu'est ce qui à permis l'avènement de ces cycles glaciaires-interglaciaires? C'est la dérive des continents (que nous venons de décrire) vers l'Hémisphère Nord qui a permis le déclenchement de ces cycles constitués d'une période glaciaire (froide et beaucoup de glaciers) et d'une période interglaciaire comme celle dans laquelle nous nous trouvons actuellement (chaude et moins de glaciers).

Suite à cette dérive des continents, les régions polaires se sont retrouvées occupées par une partie des continents au nord et par l'Antarctique au sud.  Ce déplacement à également entrainé une modification des courants marins (océaniques) et atmosphériques. 

Heureusement, l'Antarctique s'est retrouvé entouré d'un courant circumpolaire qui l'isole du point de vue échange thermique du reste de la planète (la situation commence à changer, on n'a quand même pas à craindre de  voir fondre sa calotte polaire, de façon significative, dans un avenir prévisible).

Tout se joue dans l'Hémisphère Nord où les glaciers sont beaucoup plus influencés par les courants océaniques et atmosphériques.

Cette dérive des continents nous a bien servi.  Cela nous tient à l'écart des conditions climatiques extrêmes.  Tant et aussi longtemps que les continents resteront relativement stables, les changements climatiques, quoique souvent importants (avec tous les bouleversements que cela comporte), devraient continuer à permettre la vie végétale, animale et humaine, évidemment.  Il faut espérer que ces changements climatiques ne seront pas trop rapides et qu'ils permettront,le cas échéant, aux migrations de s'effectuer.  Les périodes  glaciaires suivies des périodes interglaciaires semblent être bien installées et stabilisées en l'absence de phénomènes extraterrestres majeurs (chutes de météorites, explosions de supernovas, etc.). 

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18 février 2008 1 18 /02 /février /2008 17:01

Lors de la dernière période glaciaire, l'humanité s'en est bien tirée; il y avait 1 000 000 d'humains avant le début de la glaciation (-125 000 ans) et il en restait 100 000 il y a 80 000 ans.  La population de la planète aurait dramatiquement diminuée jusqu'à environ 2 000 humains, à la suite d'une éruption  majeure du volcan du lac Toba, situé sur l'ile de Sumatra en Indonésie, il y a 73 000 ans.  La population de la planète avait également été de 1 million vers -700 000 ans (population qu'elle a retrouvée il y a 40 000 ans).  Les dommages les plus importants sont causés au plus fort de la glaciation (les derniers 10 000 ans).  À -32 000 ans la population de la Terre était de 50 millions d'humains et à -18 500 ans elle était inférieure à 1 million d'humains.  Admettons quand même que la population n'était pas ce qu'elle est aujourd'hui.  D'accord, l'homme a déjà survécu à des périodes glaciaires (Néanderthal 2 fois, homo-sapiens 1 fois).  Mais, dans quelques décennies (au mieux quelques siècles), comment une population de plus de 7 milliards se nourrira-t-elle, se répartira-t-elle sur les territoires habitables restants si on tient compte de toutes les implications que cela comporte?

``Il est certain que l'humanité n'accepterait pas de mourrir de faim dans l'égalité, et il pourrait y avoir de graves désaccords sur la façon de partager la dernière croûte de pain,``
                                                                                                                      Winston Churchill.

L'augmentation de concentration de dioxyde de carbone dans l'atmosphère étant le noeud du problème, voyons ce qu'il en est.  L'étude des 4 derniers cycles glaciaires-interglaciaires démontre que la concentration du CO2 est de 280 p.p.m. (parties par million) au début d'une période glaciaire et qu'elle est de 100 p.p.m.,au début de la période interglaciaire.  La nature met 100 000 ans d'efforts(une glaciation) pour abaisser de 100 p.p.m. la concentration de CO2 dans l'atmosphère.  La plus grande partie de l'abaissement s'effectue surtout à la fin du glaciaire.  Cependant, depuis le début de la période interglaciaire actuelle, l'augmentation de la concentration du CO2 dans l'atmosphère progressait de façon régulière, mais depuis un siècle, la progression est exponentielle.

                                                                                                        Durée (ans)                        Date
                                                                                                       ___________                     _______________

    De  180 p.p.m.    à   280 p.p.m.                                                10 000                              Vers  1 850
    De  280 p.p.m.    à   380 p.p.m.                                                      150                              2006
    De  380 p.p.m.    à   480 p.p.m.                                                        32                              2038
    De  480 p.p.m.    à   580 p.p.m.                                                        22                              2060
    De  580 p.p.m.    à   680 p.p.m.                                                        17                              2077
    De  680 p.p.m.    à   780 p.p.m.                                                        15                              2092
    De  780 p.p.m.    à   880 p.p.m.                                                        13                              2105
    De  880 p.p.m.    à   980 p.p.m.                                                        12                              2117
    De  980 p.p.m.    à 1080 p.p.m.                                                        10                              2127


Ce scénario est conservateur.  Les spécialistes croient qu'il faudrait le majorer de 60 % .  Tenons-nous en à ces prévisions conservatrices et essayons d'extrapoler.  Si la tendance se maintenait et si l'atmosphère tolérait cette augmentation, dans un siècle, l'augmentation de concentration de CO2 serait 1 000 fois plus rapide que pendant la période interglaciaire (10 000 ans) .En dix ans, elle passerait de 980 p.p.m. à 1 080 p.p.m. en comparaison avec une augmentation de 100 p.p.m. en 10 000 ans lors de la période interglaciaire qui se termine.  Il est peu probable que cela se produise, il y aura sûrement rupture de tendance bien avant ces événements.  Extrapolons encore un peu.  Imaginez quelle aurait été la chute de température de la haute atmosphère (0,6 0C par 10 ans actuellement) à ce moment et quelle serait la température de l'océan avec un effet de serre semblable.  La nature aurait amorcé des mécanismes correcteurs bien avant . C'est pourquoi j'ai tendance à croire que l'enclenchement définitif de ces mécanismes correcteurs se produira à court terme.  Habituellement, ces phénomènes s'échelonnent sur quelques milliers d'années.  Cette fois,`étant donné que l'augmentation de concentration de CO2 dans l'atmosphère a été beaucoup plus rapide (presque 1 000 fois plus rapide que pendant 10 000 ans d'interglaciaire), les correctifs naturels s'amèneront sous peu et d'après ce qu'on observe présentement,ils pourraient être de plus en plus violents.  Le contexte s'y prêtant (haute température des eaux océaniques, basse température en haute atmosphère, activité solaire à son maximum en 2040, cycles de milankovitch relativement favorables), le point de non retour qui nous ferait basculer lentement mais sûrement dans le prochain glaciaire ou semi-glaciaire pourrait bien se présenter. Or, vers 2040, la concentration de CO2 dans l'atmosphère sera encore plus élevée; elle sera de 500 p.p.m.(possiblement 800 p.p.m. selon la tendance actuelle).  Si ça ne se produit pas à ce moment , qui sait ce qui peut arriver?  La table sera mise pour des perturbations climatiques extrêmes qui pourraient bouleverser tout l'écosystème planétaire.  Il ne reste qu'une chose à faire : il faut mettre à contribution tous les habitants de la Terre et agir dans le bon sens...

 

 

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17 février 2008 7 17 /02 /février /2008 22:47
Depuis le début de la période Quaternaire, il y a 2 500 000 ans, 25 cycles glaciaires-interglaciaires, d'une durée moyenne d'environ 100 000 ans chacun,  se sont déroulés.  L'interglaciaire est caractérisé par une phase chaude ou tempérée qui dure environ 10 000 ans.  Il est suivi d'une phase froide qui dure environ 90 000 ans.  À l'intérieur de cette dernière, les périodes très froides sont plutôt courtes (de 10 000 à 12 000 ans)mais elles entraînent un abaissement du niveau des océans d'environ 120 mètres.  Ce phénomène et la formation des glaciers s'accompagnent de modifications importantes des courants atmosphériques (particulièrement l'Oscillation Atlantique-Nord) et des courants océaniques (particulièrement le Gulf Stream qui se termine avec la dérive Atlantique-Nord, là ou les courants se dispersent).  Ces cycles sont éminemment naturels.  Quoi que l'on fasse , ils se produiront.  Ce sont essentiellement des cycles d'épuration de la planète que la nature, dans sa grande sagesse, a créé pour assurer sa pérennité.  Ils reposent principalement sur ces paramètres qui sont déterminants pour conserver l'équilibre thermique de la Terre:
Les courants océaniques,
Les courants atmosphériques,
Les cycles de Milankovitch (voir chapitre: le climat),
L'activité solaire,
La concentration des gaz à effet de serre,
L'albedo (réflexion des rayons solaires).

Les concentrations de gaz à effet de serre sont trop élevées, donc ces gaz retiennent de plus en plus de chaleur.  Les rayons infrarouges réfléchis par la Terre sont davantages bloqués par ces gaz, ce qui provoque le réchauffement en basse atmosphère (troposphère) et le refroidissement en haute atmosphère (stratosphère).  Simultanément l'eau des océans , étant de plus en plus chaude, permet le passage d'une plus grande quantité de vapeur d'eau et de gaz carbonique dans l'atmosphère.  Il en résulte de plus en plus de précipitations.  Comme on le verra par la suite, ces précipitations, de plus en plus abondantes en moyennes et en hautes latitudes, accompagnées des eaux provenant de la fonte des glaces de mer et de la calotte du Groenland, se déverseront dans l'ocean et ralentiront l'activité des courants océaniques et c'est parti... Ce qui devait advenir adviendra et même si l'activité humaine n'avait pas augmenté la concentration du gaz carbonique(CO2) et du méthane(CH4) ,sans compter les autres gaz à effet de serre, ça se serait quand même produit.  L'augmentation des gaz à effet de serre (le gaz carbonique n'est responsable que de 53% des dommages) n'a que précipité le processus.

La différence importante est que la transition interglaciaire- glaciaire se serait produite avec des perturbations climatiques moins prononcées en l'absence de cette augmentation anthropique (causée par l'homme) de la concentration des gaz à effet de serre.  Le processus se serait déroulé sur une plus longue période et aurait permis aux populations de voir venir et d'agir en conséquence (migration, agriculture, répartition des territoires encore habitables, etc.)  C'est bien de cela qu'il s'agit.
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6 février 2008 3 06 /02 /février /2008 21:27
Au cours des prochaines décennies, nous devrons unir nos efforts afin de travailler à l'atteinte d'un but ultime: conserver l'humanité sur notre planète.  Cette petite sphère de 12 750 km de diamètre tourne sur elle-même en 23,935 heures et prend 365,26 jours pour faire le tour du Soleil duquel elle est distante de 150 millions de kilomètres en moyenne.  L'atmosphère de la Terre renferme 78 % d'azote, 21 % d'oxygène et 1 % d'autres constituants.  Elle est la seule du système solaire à entretenir la vie telle que nous la connaissons.  Sa température moyenne est de 150C (régions polaires -200C, régions tempérées 110C, régions équatoriales 260C ).

La Terre possede la capacité de retenir la chaleur provenant du Soleil ainsi que d'assurer son équilibre thermique en rejetant l'excédent d'énergie vers l'espace.  Le Soleil émet des rayons ultraviolets et de la lumière visible jusqu'au proche infrarouge.  Environ 70 % de cette énergie est retenue par l'atmosphère et la surface de la planète.  Le reste est retourné dans l'espace par les nuages, la surface de la Terre et les aérosols.  La surface de la planète, plus froide, réfléchit une partie de ces radiations reçues à faible longueur d'onde sous forme de rayons infrarouges à plus forte longueur d'onde.

Le bilan radiatif de la planète est généralement équilibré.  Cependant, l'augmentation de la concentration des gaz à effet de serre dans l'atmosphère (G.E.S.), accompagnée d'une augmentation de l'activité solaire, a modifié cet équilibre (augmentation constante depuis le début de l'ère industrielle).  La Terre conserve maintenant plus d'énergie et elle ne peut en rejeter l'excédent dans l'espace.  Une multitude de facteurs peuvent mettre en danger le bilan énergétique de la planète.  La convergeance d'un certain nombre de ces facteurs amène régulièrement des cycles glaciaires-interglaciaires.

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5 février 2008 2 05 /02 /février /2008 01:56

AVANT-PROPOS.

Dans le domaine des changements climatiques, les études sont nombreuses et elles doivent être prises au sérieux.  Le problème est de convaincre ceux qui détiennent le pouvoir de passer à l'action.  Lutter contre l'augmentation de l'effet de serre devrait être une de leurs priorités.  Il ne faut pas se contenter de suivre attentivement la problématique des changements climatiques, il faut agir.  Une attitude d'attentisme serait impardonnable et pourrait engendrer des conséquences catastrophiques pour l'humanité.  Le temps presse car les bouleversements climatiques sont nombreux et vont continuer de s'amplifier.

La science a fait son travail au niveau de la recherche.   Malheureusement, elle est trop compartimentée.   Les chercheurs sont spécialisés, parfois à l'excès, et ils utilisent trop souvent un langage hermétique.  Il y en a très peu qui se donnent la peine de vulgariser ou de partager valablement la connaissance avec le public et les décideurs.

Vulgariser et communiquer avec un langage compréhensible comme le fait si bien Hubert Reeves, n'est pas à la portée de tous; mais c'est indispensable, si on veut bien informer et partager les connaissances scientifiques avec le public.  Il faut reconnecter l'humain avec la nature.

On ne peut pas affirmer avec une certitude absolue que l'augmentation de la concentration des gaz à effet de serre (G.E.S.)dans l'atmosphère terrestre influence de façon déterminante le climat de la planète. On ne peut pas être totalement certain que la température moyenne de la Terre va continuer d'augmenter aussi rapidement.  Il faut cependant admettre que les théories et les prévisions sur le sujet semblent très réalistes.

Même si dans l'esprit de certaines personnes, il subsiste un doute, la sagesse exige que nous prenions des mesures préventives plutôt que de devoir, plus tard, se rabattre sur des mesures curatives qui seraient possiblement trop tardives. À cet égard, il faut se méfier de ceux qui détiennent les pouvoirs économiques et politiques.  En l'absence de preuves irréfutables, il sera difficile de les faire bouger.  On n'a qu'à voir ce qui se passe aux États-Unis.  Les décideurs économiques sont tellement puissants qu'ils ont réussi à convaincre les décideurs politiques de ne pas endosser l'entente de Kyoto.  Elle n'est pourtant pas très exigeante.  En effet, s'en tenir à l'entente de Kyoto serait l'équivalent de donner une aspirine à un malade en phase terminale et de s'attendre à une guérison.

Main dans la main,  ces décideurs accusent la population de consommer trop d'énergie et proclament que les pays en voie de développement négligent le réchauffement climatique.  En même temps, ils continuent de promouvoir l'utilisation des combustibles fossiles, à bloquer toute technologie qui pourrait s'avérer une solution de rechange et à convaincre les opinions publique et scientifique de la justesse de leur point de vue.

Plus ou moins consciemment, les décideurs ne veulent rien changer. Les intérêts économiques, les grands lobbys et une certaine élite constituant les grands monopoles nourrissent cette inertie.  Les changements souhaités des habitudes de consommation ne vont pas dans le sens de leurs intérêts qui sont de tous ordres.  Ces décideurs ont des intérêts qui vont toujours dans le sens d'une concentration du pouvoir entre les mains du plus petit nombre.  Par exemple (dans un autre secteur de l'économie), les fabricants de produits pharmaceutiques n'ont pas intéret à prêcher en faveur de la prévention des maladies. Pourquoi voudraient-ils tuer la poule aux oeufs d'or?  Pourquoi éradiquer la maladie quand on peut s'enrichir en traitant les symptômes?.

Il en est de même pour la production de l'énergie nécessaire à la survie de nos sociétés actuelles.  Pourquoi favoriser les énergies renouvelables quand on peut s'enrichir en produisant de l'énergie à partir des combustibles fossiles?  La nature, dans sa grande sagesse, avait créé d'immenses puits de carbone en enfouissant de grandes quantités de cet élément dans les entrailles de la Terre.  Ces puits sont devenus des sources de carbone et contribuent fortement à accentuer l'effet de serre et à dérégler le cllimat.  L'équilibre devra être rétabli d'une façon ou d'une autre.

Évidemment, la certitude au sujet des changements climatiques appréhendés n'est pas totale et le risque n'est pas démontré de façon irréfutable (comment y parvenir, les paramètres et les interactions entre eux sont tellement nombreux).  Même en l'absence de certitude absolue, la prudence devrait être notre guide.  C'est de l'espèce humaine dont il s'agit, il faut donc faire preuve d'une grande prévoyance.  Négliger cette approche serait impardonnable. Ce serait comme si, en conduisant son véhicule, on s'apprêtait à négocier une courbe sans ralentir en supposant qu'elle ne sera pas trop accentuée et, qu'à sa sortie, aucun obstacle ne se présentera sur notre chemin.

À l'examen des perturbations climatiques, qui vont en s'amplifiant, on peut affirmer que des corrections seront apportées par la nature à très court terme.  L'humanité a le devoir de faire en sorte que cette transition se déroule de la façon la plus modérée possible.  Nous devons donc nous mettre à la tâche dès maintement et non pas dans 10 ans.  À ce moment, les efforts à consentir seront devenus colossaux.  Il sera, alors, considérablement plus difficle de renverser la tendance.

Chaque humain possède une certaine compréhension du grand système qui recouvre la Terre: la biosphère.  Chacun a également sa propre conception de l'écologie.  En matière d'environnement, chacun devrait se sentir interpellé et devrait ressentir les liens qui l'unissent à la nature.

``L'homme en tant qu'être vivant est indéfectiblement lié aux phénomènes matériels et énergétiques d'une des enveloppes géologiques de la Terre: la biosphère``.
                                                                                                      Vladimir I. Vernadsky

Nous sommes entrés dans une phase de bouleversements climatiques majeurs et le dénouement est incertain.  Même si nous ne pouvons pas prédire avec certitude ce qui va se passer, nous savons pertinemment bien que nous devons agir de façon à atténuer ces changements.   Ne rien faire serait de jouer à l'autruche.

Je vais donc essayer d'expliquer l'enjeu sans utiliser le langage hermétique des scientifiques.  Je veux être bien compris par tous et chacun.  Une fois que j'aurai expliqué vers quoi on s'en va, je m'appliquerai à proposer des moyens qui pourront permettre, sinon de corriger totalement la situation, au moins de ralentir les émissions de gaz à effet de serre dans l'atmosphère.  Je proposerai également des moyens qui sont susceptibles de piéger ces gaz.

Je veux procéder dans une démarche proactive.  Puisque je souhaite être entendu de tous, je vais y aller en termes d'actions allant dans le sens de ma démarche et me donnant plus de chances d'atteindre mon objectif.  J'aimerais intégrer ces actions à ma démarche: vulgariser, informer, sensibiliser, conscientiser, responsabiliser, impliquer et agir.

Je parle au nom de la planète et j'espère être entendu par le public et les décideurs.

 

 

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Published by Denis Laforme
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  • : Vise à mieux faire comprendre les changements climatiques, leurs causes et les amorces de solutions possibles. En ce sens, on étudie le réchauffement climatique, le climat, l'effet de serre, les cycles glaciaires-interglaciaires, les économies renouvelables, les économies d'énergie et d'autres sujets connexes.
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