Il y a 14 000 ans, peu avant la fin du dernier cycle glaciaire, le courant du Gulf Stream était rétabli (il semble être démontré que les courants marins qui constituaient la circulation actuelle
dans l'Atlantique Nord étaient occasionnellement absents lors de la dernière glaciation). La fonte des glaciers a permis l'accumulation de masses d'eau considérables dans un vaste
réservoir de 350 000 km
2 qui s'étendait du Manitoba au Québec et au sud jusqu'au Minnesota et au Dakota du Nord (Lac Agassiz). Dans un premier temps,l'eau s'est écoulée par le
Mississippi dans le Golfe du Mexique.
Il y a 8 200 ans, la retraite des glaciers était bien amorcée et la température était presque identique à ce qu'elle est présentement. À cette époque, il s'est produit un refroidissement
brutal. La température a chuté de 5
0C en moins de 100 ans en Europe (retour des conditions glaciaires).La nouvelle situation a perduré pendant au moins 200 ans et par la suite, la
température est revenue à la normale en moins de 20 ans (peut-être 10 ans). On pense que ce refroidissement est dû au ralentissement du Gulf Stream suite au déversement rapide des eaux du Lac
Agassiz par le Fleuve Saint-Laurent (la fonte des glaciers aurait libéré cette voie). Il est également possible que la sortie du Lac Agassiz se soit bloquée et que l'imposante masse
d'eau se soit déversée par la Baie d'Hudson. Un tel phénomène provoqua une diminution de la salinité de l'eau de mer et par la suite un ralentissement des courants océaniques.
Si je donne cet exemple,c'est pour démontrer qu'un phénomène semblable pourrait se produire lorsque, suite à l'augmentation de température que provoque l'augmentation de la concentration des
G.E.S., surviendront d'abondantes précipitations qui s'ajouteront à l'eau provenant de la fonte des glaciers. La fonte des glaces du Groenland et des glaces de mer provoquent déjà un
ralentissement du Gulf Stream (plus de 20 % à certains endroits). Si on ajoute d'abondantes précipitations qui seront recueillies principalement par le Fleuve Saint-Laurent et la Baie
d'Hudson, puis déversées dans l'Atlantique Nord, il est probable que le ralentissement du Gulf Stream sera encore plus marquée. Ce phénomène, combiné aux autres paramètres précédemment
mentionnés (cycles de Milankovitch), ainsi qu'aux perturbations atmosphériques dûes à la différence croissante de température entre la haute atmosphère (stratosphère) et la basse atmosphère
(troposphère), pourrait éventuellement permettre un refroidissement sinon une glaciation. Les icebergs sont également responsables de cet apport supplémentaire en eau douce. Ils sont en
augmentation constante. En 1970, il y en avait 400 par année, puis en 1980 on en comptait 600 par année, en 1990 c'était 1 000 par année.
Alors, de deux choses l'une : ou nous manquons le rendez-vous en 2040 avec des cycles de Milankovitch plutôt favorables, une concentration de CO
2 dans l'atmosphère à 500
p.p.m. (possiblement +60%), des courants océaniques ralentis, des courants atmosphériques très actifs, de fortes précipitations, une température moyenne de 16
0C à 17
0C et une
activité solaire qui commencera à décroître; ou la conjoncture de ces paramètres est telle qu'elle permettra l'amorce d'une glaciation. N'oublions pas que, contrairement à la situation qui
s'est présentée au début des quatre dernières glaciations,le cas présent est unique. Chaque début de glaciation s'amorçait alors que la concentration du CO
2 dans l'atmosphère était
de 280 p.p.m. . Elle est actuellement de plus de 380 p.p.m. et elle sera de plus de 500 p.p.m. (possiblement 800 p.p.m. ) en l'an 2040. Ce nouvel état de fait rendra plus
problématique l'amorce de la prochaine glaciation. Cependant, il y a tellement de paramètres à considérer,qu'il est fort probable,tout au moins possible, que si plusieurs vont dans le
même sens, le passage de l'interglaciaire à une période froide ou une période semi-glaciaire se produira.