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21 septembre 2017 4 21 /09 /septembre /2017 20:59

    

 

Mais revenons au fond du sujet: la nécessité de manger moins de viande. Si vous m'avez suivie, vous comprenez pourquoi elle s'impose: l'élevage étant la principale cause de gaz à effet de serre, il paraît logique de réduire notre consommation de viande. Continuer de consommer comme on consomme actuellement n'est pas viable, même si les élevages industriels étaient remplacés par des élevages à taille humaine qui seraient plus respecteux du bien-être animal: ils ne pourraient satisfaire la demande et, par ailleurs, il faudrait pouvoir optimiser tous les espaces non-habités sur terre pour en faire des pâturages pour le bétail, ce qui ne serait pas l' idée du siècle, en plus d'être impossible. A savoir aussi qu'il faut, pour produire un kilo de viande de boeuf, 15 kilos de céréales pour le nourrir (alors que c'est un hervivore), et 30 litres d'eau. Par jour. Je vous laisse faire le calcul pour tous les bovins et autres animaux; il ne va pas sans dire que la perte de ressources est pharamineuse.

source: végétik.org
source: végétik.org

VEGE: LES DOIGTS DANS LE NEZ ?

Seulement voilà. Moins manger de viande, cela nécessite d'aller contre une habitude et une culture profondément ancrée dans la société et dans les consciences (depuis pourtant une cinquantaine d'années seulement..) Et dans les menus de la restauration collective, à savoir les restaurants, les restaurants d'entreprises, les cantines scolaires... Difficile de trouver autre chose que de la viande ou du poisson dans ces menus, les options végétariennes sont plus rares, et ne parlons pas des options végétaliennes, d'autant plus que si l'on va au restau, c'est généralement pour manger de la viande ou du poisson "de qualité", et non pour manger juste des légumes. La bonne viande est encore un met presque sacré.

Pourtant, il est tout aussi agréable de manger végétarien qu'un bon steack-frite, et même à l'extérieur: le problème réside dans le manque de formation des cuisiniers et chefs cuisiniers, au sujet des questions environnementales, de la responsabilité et de l'alimantation non-carnée. Diversifier et végétaliser leurs menus constitut par ailleurs un avantage à la fois pour les restaurants qui élargiraient leur clientèle, et pour les végéta*iens pour qui aller au restaurant serait moins prise de tête, et cela montrerait à ceux qui ne le sont pas qu'il est possible de bien manger sans manger de viande: cela bénéficie à tout le monde. Car ce qui est le plus difficile quand on devient végétarien ou vegan, ce n'est pas tant d'arrêter de manger des produits carnés ou tous les produits d'origine animale; mais le rapport aux autres et à la société: immanquablement, certaines activités sociales et habitudes ne sont plus accessibles. Et on devient ce genre d'ami relou qui contraint tout le monde dans le choix du restau quand une sortie est prévue. Du coup, on évite le restau. Forcément, la vie sociale en prend un coup. Encore que, dans les grandes villes comme Bordeaux (2ème ville végé-friendly de France, vous le saviez ?!), il est encore facile de manger végétarien ou vegan, mais c'est loin d'être le cas partout.

 

 

Alors oui, il y a encore du progrès à faire, mais nous sommes sur la bonne  voie, puisqu'on peut observer une certaine prise de conscience générale, entraînant peu à peu un changement de mentalité. D'où vient cette prise de conscience, pourrons nous nous demander. De plusieurs facteurs, comme l'a fort justement analysé la présidente de l'AVF: d'abord de notre prise de conscience de la condition animale grâce à la diffusion de vidéos filmées dans les abattoirs; ensuite du constat que du point de vue écologique notre modèle alimentaire actuel est insoutenable, ce qui implique la nécessité de diviser par deux notre consommation de viande; même du point de vue de la santé on observe une diminution des produits d'origine animale dans les recommandations nutritionnelles officielles. En 2016, une enquête réalisée par OpinionWay pour Terraeco révélait que 10% des français envisageaient de devenir végétariens, contre 3% en 2012. Des chiffres encourageant, même s'il ne faut pas oublier qu'il n'est pas aisé de changer dans les faits ses habitudes, d'autant que l'alimentation, comme dit plus haut, est un domaine extrêmement complexe, ce qui fait que, s'il est facile de changer de régime alimentaire pour certains, cela n'est pas le cas pour tout le monde. Ainsi, le but d'associations comme l'AVF n'est pas de culpabiliser les gens sur leur alimentation (même si dans d'autres approches la culpabilisation peut s'avérer envisageable !) mais de les guider autant que possible dans leur démarche pour rendre la transition moins difficile, les conseiller en terme de nutrition, de cuisine et de sociabilisation.

Benjamin Pavone - Climax 2017.
Benjamin Pavone - Climax 2017

UNE DISCUSSION QUI M'A LAISSEE SUR MA FAIM

Le message de la conférence était donc clair: moins de viande, plus de végétaux; et si viande, il vaut mieux dans ce cas privilégier une viande de qualité, produite dans des élevages à taille réduite dans lesquels le bien-être de l'animal est pris en compte, même si les filières agro-alimentaires ne sont pas adaptées à la production locale. Alors certes, qui dit viande de qualité dit payer plus cher, mais c'est quand même vachement mieux que d'opter pour les morceaux en barquettes plastifiées à prix dérisoire que l'on peut trouver en abondance dans les supermarchés. Il faut nous enlever de la tête que manger de la viande telle qu'on la trouve dans les grandes surfaces n'a aucun impact, bien qu'elle soit facile à produire. 

Sur ce point là, je suis tout à fait d'accord. Je suis également tout à fait d'accord sur le fond de la conférence, sa démarche et son message, à savoir que le végétarisme, si on y réfléchit bien, ne concerne pas les végétariens seuls, mais l'ensemble de la population: il n'est pas seulement question d'aimer la viande ou non, mais de se rendre compte de ce que notre alimentation implique, ce qui dépasse de loin le simple plaisir personnel.

Pourtant j'en suis ressortie un peu amère et déçue. Car selon moi, dire qu'il suffit de réduire sa consommation de viande pour réduire les problèmes que sa production engendre n'est pas suffisant: l'arrêter complètement serait bien plus bénéfique, à tout le monde et sur tous les points de vue. Ce n'est pas parce qu'on fait quelque chose de toxique moins souvent que cela ne l'est plus et que c'est moins grave, même si, numériquement, cela provoque moins de conséquences. Ensuite, parce que le fait de manger de la viande était présenté comme nécessaire à un régime équilibré, alors qu'il est démontré de plus en plus que ce n'est pas le cas; enfin, ce qui m'a le plus gênée, c'est la vision de l'animal sous-entendue: animal élevé vu comme une machine à fabriquer de la viande, comme s'il avait signé un contrat avec l'homme pour lui donner sa vie en échange du logis et du couvert, et, même s'il est élevé dans des conditions "décentes", cela pose un problème.

Mais ce problème était l'objet de la conférence du lendemain; celle-ci était axée sur l'environnement et les émissions de carbone, donc je comprends parfaitement que la question de l'éthique n'ait pas été prise en compte. Je ne vais pas pour autant cracher sur toutes les alternatives mises en place, ni sur les végétariens, ni sur qui que ce soit qui prend conscience de ces enjeux et qui contribue à faire avancer les choses: car, comme l'a très justement dit le co-fondateur de l'association L214 Sébastien Arsac, toute avancée et toute action contribuant à la cause animale est bonne à prendre, qu'elle soit welfariste ou plus radicale.

En attendant de se retrouver pour le prochain article sur la conférence du samedi matin, dites moi ce que vous avez pensé de celle-ci, si vous y étiez, et si l'article vous a plu...! Prenez soin de vous, et à bientôt !

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Published by Denis sur les changements climatiques.
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