La consommation de viande et l'élevage destiné à l'alimenter représentent la principale source d'émissions de CO2 sur la planète, devant les transports. Seule une diminution de la part de la viande dans l'alimentation permettrait d'endiguer le phénomène.

On compte plus de 2% de végétariens en France, une proportion qui tend à augmenter de plus en plus rapidement. Mais la consommation de viande reste bien ancrée dans les habitudes, les traditions et les mentalités. La consommation de viande entraîne la mise en place de cheptels de bêtes un peu partout sur Terre. Selon les calculs de AsapSCIENCE, 25 milliards de poulets, 1,5 milliard de vaches, et un milliard de moutons et de cochons fouleraient ainsi le sol terrien.

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Cette prolifération d’animaux, qui n’ont d’autre destin que celui d’être mangé, entraîne diverses conséquences négatives pour notre planète, et constitue la principale cause du réchauffement climatique.

Lutter contre le réchauffement climatique

Sans l'élevage intensif d'animaux, les terres qu’ils foulent – approximativement de la taille du continent africain - seraient utilisées pour planter des cultures de légumes, de fruits ou de céréales. Par ailleurs, la vie végétale pourrait reprendre le dessus, ce qui permettrait de freiner les effets du réchauffement climatique. Les animaux et l'agriculture liée à leur alimentation (soja, notamment) sont en effet à l’origine de 15% des émissions de gaz à effet de serre, soit plus que la totalité des émissions de CO2 liées aux transports (voitures, avions, etc...).

Le retour d’arbres ou de végétaux sur ces terrains permettrait d’absorber davantage de CO2. Autre avantage, l’absence de bêtes d’élevage réduirait énormément la consommation d’eau dans le monde entier. Actuellement, l’utilisation d’eau douce est consacrée à 70% pour l’agriculture. Cela concerne évidemment les cultures de végétaux mais surtout l’élevage.

70% de la surface agricole mondiale utilisée pour le bétail

En élevage industriel, la production d’un kilogramme de bœuf absorbe par exemple 13.500 litres d’eau. C’est bien plus élevé que la consommation nécessaire à la culture de céréales telles que le riz (1.400 litres) ou le blé (1.200). En 2002, un tiers des céréales produites et récoltées dans le monde avait directement servi à nourrir le bétail. Cela représentait au niveau mondial 670 millions de tonnes, soit assez pour nourrir trois milliards d’êtres humains.

Une étude parue en 2013 note que l’« empreinte eau » des Européens liée à leur alimentation pourrait baisser de 23 % à 38 % en diminuant ou supprimant la part de la viande dans les repas.

Gourmande en eau et en céréales, la production de viande l’est aussi en terres. La FAO estime que 70 % de la surface agricole mondiale est utilisée soit pour le pâturage du bétail, soit pour la production de céréales destinées à les nourrir.

Le manque de terres agricoles pousse aussi à la déforestation : 91 % des terres « récupérées » dans la forêt amazonienne servent ainsi aux pâturages ou à la production de soja qui nourrira plus tard le bétail. Et moins de forêt, c’est moins d’émissions de dioxyde de carbone absorbées