Dimanche 30 mars 2008

Le Soleil réchauffe la surface de la planète.  L'énergie est , en partie, emmagasinée dans le sol.  À une profondeur de deux mètres, la température est à peu près constante.  Elle varie cependant selon la latitude.  Pour chaque parallèle elle varie d'environ 0,5 0C.  Ainsi, à Montréal, qui se situe à 450 de latitude nord, la température à deux  sous la surface du sol est d'environ 90C, alors qu'à la hauteur de Sept-Iles (500 de latitude nord) elle est d'un peu plus de 60C.  Pour la région de Montréal, 90C est plus chaud en hiver et plus froid en été que la température extérieure.

La géothermie exploite ces différences de température, à l'aide de thermopompes (pompes à chaleur), comme source de chaleur en hiver ou source de fraîcheur en été.  Plus la température du sol est élevée, plus l'économie d'énergie est importante.  La thermopompe fait circuler un liquide dans des conduits sous-terrains.  Elle augmente ensuite la température de ce liquide par échange de chaleur entre la terre ou l'eau qui s'y trouve et le liquide caloporteur.  Elle réchauffe ce liquide et en transfère la chaleur au bâtiment où à un chauffe-eau (ou aux deux à la fois).  Au cours de l'été on inverse le processus et le système joue ainsi le rôle de climatiseur.

On peut extraire la chaleur du sol, ou de l'eau, ou encore de l'air.   Dans tous les cas la température du milieu d'où on extrait la chaleur est importante.  À la température de -120C, la termopompe investit 1 kWh d'électricité pour recueillir 1 kWh de chaleur, ce qui fait que le coefficient de performance (COP) est nul.  C'est pourquoi les thermopompes air-air (celles qui retirent la challeur de l'air, à l'extérieur) ne sont pas très rentables sur une base annuelle puisque, pour 50 % des besoins en chauffage, la thermopompe n'est plus efficace, la température extérieure étant trop basse.  Il faut donc utiliser un système de chauffage d'appoint.  À ces conditions, l'économie annuelle en chauffage et en eau chaude est ramenée à 25 %, ce qui ne représente que peu ou pas d'économie étant donné l'investissement initial.

Il y a fort à parier que l'avenir appartiendra à la thermopompe eau-air, c'est-à-dire, à celle qui retire la chaleur de l'eau pour chauffer l'air de nos habitations et de tous les types de bâtiments.  L'eau de nos lacs, nos rivières ou du fleuve, même en janvier, n'est jamais plus basse que 4 %C (en profondeur), ce quii permet un COP de 3 (1 kWh d'électricité génère 3 kWh de chaleur pour une économie de 66 %).  Quand l'eau est plus chaude le COP monte  à 4 puis à 5, ce qui permet des économies de 75 % et de 80 % respectivement.  

Les thermopompes eau-air, particulièrement, sont définitivement vouées à un avenir prometteur.  On aurait intérêt à les utiliser, sur une grande échelle, surtout aux endroits où elles pourraient remplacer la production d'énergie à partir des combustibles fossiles.

Le procédé le plus rentable est définitivement celui qui consiste à extraire la chaleur de l'eau (lacs, rivières, fleuve , océan).  Le rendement est très élevé.  Les économies d'énergie sont de l'ordre de 65 % à 80 % en moyenne.  De plus, les coûts des installations sont relativement bas par rapport aux coûts des installations géothermiques conventionnelles.  Les thermopompes sont maintenant en mesure de produire non seulement de l'énergie thermique, mais également de l'énergie électrique.

Les installations géothermiques des États-Unis (Hawaï, Californie, Utah, Nevada) produisent pour environ un milliard de dollars d'électricité par année.  Cela représente une économie de 60 millions de barils de pétrole.  On prévoit qu'en l'an 2020, ces régions seront alimentés à la hauteur de 10 % de leur consommation totale en énergie thermique et électrique par la géothermie. 

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Mercredi 26 mars 2008

Au Canada ce type de production d'énergie représente plus de 60% de toute l'énergie électrique produite (et cette portion est encore plus importante au Québec).  Nous sommes donc le leader mondial de la production d'hydroélectricité.

-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------Comparaison internationale de production d'hydroélectricité.
Source : Ressources naturelles Canada, 1995.
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              Pays                                                  Production(GWh)                                         Capacité(MW)

        Canada                                                      353 000                                                           67 100

        États-Unis                                                  300 000                                                           76 000

        Brésil                                                           300 000                                                           64 000

        Chine                                                           258 000                                                          82 700

         Russie                                                       174 000                                                           44 700

         Norvège                                                      121 000                                                           27 600
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         Total mondial                                           2 740 000                                                       729 000
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Les grandes centrales hydroélectriques sont exploitées par des services publics d'électricité qui appartiennent aux provinces.  Un des plus grands sites hydroélectriques du monde est situé au Québec.  Il s'agit du Complexe La Grande dont la capacité dépasse 15 000 MW.  Les autres sites canadiens les plus importants sont :

---- La centrale de Churchill Falls au Labrador ;
---- Le Complexe Manicouagan-Outardes ;
---- La Centrale Sir Adam Beck, située sur la rivière Niagara en Ontario ;
---- L'aménagement du Fleuve Nelson au Manitoba ;
---- La Centrale Gordon Shrum dans le nord de la Colombie-Britanique ;
---- Le Complexe de la Columbia River , située dans la partie sud de la Colombie-Britanique.


L'hydroélectricité ne constitue que 3% de la production mondiale d'énergie.  Nous avons la chance de posséder cette importante ressource naturelle d'énergie renouvelable et abondante.  Il serait sage de développer au maximum ce secteur d'activité afin de diminuer encore davantage notre dépendance envers les énergies produites à partir des combustibles fossiles.  Plus nous exploiterons ce secteur de production d'énergie renouvelable, plus nous serons en mesure d'exporter cette énergie hydroélectrique, ce qui fournirait à nos voisins du sud la possibilité de diminuer leur dépendance envers les combustibles fossiles (particulièrement le charbon).

Nous produisons presque toute notre hydroélectricité avec des turbines à partir d'immenses réservoirs dont les eaux douces qu'ils contiennent sont retenues par des barrages souvent colossaux qui ont un certain impact sur l'environnement.  On devrait également privilégier localement l'utilisation directe de la force des rivières, ce qui serait moins dommageable d'un point de vue environnemental.  Ces petites installations de production d'électricité (souvent de quelques dizaines de mégawatts de capacité)représentent un potentiel non-négligeable.

On peut également produire de l'hydroélectricité à partir des vagues, de la marée ou encore à partir des courants marins qui sont dus à des différences de température ou de salinité de l'eau.  Les vagues sont imprévisibles donc plus difficilement exploitables.  Les marées, par contre, à cause du flux et du reflux prévisibles, sont plus facilement exploitables.

On estime à 2,5 terawatts la puissance des marées.  Évidemment tout comme pour l'énergie solaire, il n'y a qu'une petite partie de ce potentiel qui sera susceptible d'être exploité.

Un bel exemple de production d'électricité à partir de l'énergie marémotrice est l'usine de la Rance (Ille-Et-Villaine) en France qui produit 90% de l'électricité mondiale en ce domaine.  Il s'agit d'un immense barrage de 750 mètres de longueur qui est en mesure de retenir 180 millions de mètres cubes d'eau.  Sa construction a débuté en 1960 et il a été mis en en service en 1967.  C'est une technique de production d'électricité viable et économique.  Il a cependant un certain impact sur l'environnement :site et courants marins modifiés.

La recherche dans la production d'électricité, à partir de la mer, se poursuit, le chef de file en est le Royaume-Uni.  Cependant, les projets, en ce sens, sont moins ambitieux et plus réalistes.

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Mercredi 26 mars 2008
" Les  sources d'énergie renouvelable sont celles qui permettent de produire de l'électricité ou de l'énergie thermique sans pour autant épuiser les ressources.  L'énergie solaire, éolienne, hydroélectrique et géothermique de même que celle tirée de la biomasse et des déchets constituent des formes d'énergie renouvelable ".
( Source : Rapport au Parlement en vertu de la Loi sur l'efficacité énergétique, 2001-2002).

On peut presque qualifier ces énergies d'inépuisables puisqu'elles sont naturellement abondantes.  Nous allons cependant, pour des raisons évidentes, exclure l'énergie nucléaire.  Bien sûr ce mode de production d'électricité n'émet pas de gaz à effet de serre (ou si peu).  Cependant les risques associés au nucléaire sont trop élevés.  Avant de songer au nucléaire on devrait d'abord privilégier toutes les formes d'énergies renouvelables.

Les réductions des coûts de ces énergies renouvelables sont directement proportionnelles à leur utilisation.  Ainsi, depuis quelques décennies, les coûts de production de l'énergie éolienne ont diminué de plus de 35 %, ceux de l'éthanol à partir de la biomasse d'environ 80 %, ceux de l'énergie thermique solaire de près de 30 %.  À chaque fois qu'on double la production de ces énergies, les coûts de production baissent de 20 %, comme c'est habituellement le cas lorsqu'on implante de nouvelles technologies.

Peu importe le type d'énergie privilégié, il est toujours rentable de l'exploiter en cogénération.  Il s'agit d'une technique de production d'électricité et de chaleur sous forme de vapeur d'eau ou d'eau chaude.  Elle permet d'améliorer de façon notable le rendement énergétique de l'ensemble.  Ce n'est pas une énergie renouvelable en soi, mais elle peut être adaptée aux diverses sources d'énergie existantes.

Retenons les cinq principaux types d'énergie renouvelable :

---- l'énergie hydroélectrique,
---- l'énergie géothermique,
---- l'énergie éolienne,
---- l'énergie solaire,
---- l'énergie provenant de la biomasse.

Ce sont les énergies qui entraînent le moins d'émission de CO2 par kWh de production d'électricité.
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Mercredi 26 mars 2008

En complément...


Parmi les six paramètres dont dépend principalement l'équilibre thermique de la Terre, il faut reconnaître qu'il y en a au moins deux sur lesquels on ne peut pas agir.  Les cycles solaires et les cycles astronomiques de Milankovitch sont ceux qu'on ne peut pas changer.  Par contre, il est possible de poser des gestes et d'adopter des comportements qui seront susceptibles d'atténuer les impacts reliés aux courants atmosphériques et océaniques, à l'albédo et à la concentration des G.E.S. dans l'atmosphère terrestre.

Mais avant d'examiner de quelle manière on peut influencer les paramètres qu'il est possible de modifier, examinons quelques autres mécanismes correcteurs qui, sur le long terme, sont en mesure de rétablir le bilan radiatif de la Terre.  Ces mécanismes procèdent de façon à retirer une grande partie du CO2 de l'atmosphère.  Ils se déroulent très lentement entre deux périodes interglaciaires.  Ils réussissent à rétablir l'équilibre thermique de la planète.  Ce sont des mécanismes de piégeages du CO2, l'un au niveau des continents et l'autre au niveau des océans.  Ils réussissent dans un premier temps à arrêter l'augmentation de la température puis à l'abaisser jusqu'à la fin d'une période glaciaire pendant que s'effectue l'épuration de l'atmosphère.  C'est une action qui est lente et qui corrige la situation à long terme.

Le processus qui se produit sur les continents est le suivant.  Suite à une augmentation de température le sol est altéré.  Des silicates de magnésium, de calcium et de fer sont disponibles pour piéger le CO2.

CO2  +  CaSiO3   ------->     CaCO3   +   SiO2

SiO2  c'est la silice (sable), ce sont des cristaux imparfaits de Quartz.  Il y en a en abondance sur la planète.  Ce mécanisme s'est donc déroulé à grande échelle et à plusieurs époques.

La dissolution des silicates SiO3 2- permet de capter d'importantes quantités de CO2  selon la réaction chimique précédemment mentionnée.  Par la suite CaCO3, peu soluble dans l'eau, se transforme en dihydrogénocarbonate de calcium soluble.

CO2  +  CaCO3  +  H2O  --------->2 HCO31-  +  Ca2+

Via le cours d'eau, les ions hydrogénocarbonates sont transportés vers les océans.  Des précipités de CaCO3 sont alors formés.  Il en est de même pour les carbonates de magnésium et de fer.

Ce sont des réactions lentes qui corrigent la situation à long terme.  Ce processus diminue donc la concentration de CO2 dans l'atmosphère, par le fait même l'effet de serre et la température diminuent également.

Un phénomène analogue de piégeage du CO2 fonctionne au niveau de l'atmosphère.  Le CO2 se combine à la vapeur d'eau atmosphérique selon la réaction suivante :

CO2  +  H2O  <------>   H1+  +  HCO31-

Cette réaction explique en fait le mécanisme des pluies acides.  Une certaine quantité de CO2 est piégée dans les ions hydrogénocarbonates, mais il y a, par la même occasion, formation d'ions H1+, et qui dit ions H1+ dit acidité.  Les ions hydrogénocarbonates sont en partie recyclés en calcaire marin (CaCO3) et une autre partie retournera éventuellement dans l'atmosphère sous forme de CO2 puisque la réaction est révertsible.  Une augmentation de la température de l'eau favorise la réaction fonctionnant vers la gauche, alors qu'une diminution de température favorise la réaction fonctionnant vers la droite.

Le processus, à cause de la formation des ion H1+, amène donc une acidification de l'eau des océans.  Sur le long terme, la dissolution des minéraux dans l'océan, dont plusieurs sont à caractère basique suffirait à neutraliser ces ions H1+.  Cependant, on observe actuellement une augmentation de l'acidité de l'eau des océans. La concentration de CO2 dans l'atmosphère est très élevée donc beaucoup d'acide carbonique (H2CO3) se forme et acidifie l'océan.

Il s'agit bien du phénomène des pluies acides qui se produit également avec le NO2 et la vapeur d'eau ainsi qu'avec le SO2 et la vapeur d'eau.

On a mentionné que le CO2 se retrouvait dans HCO31- et que ce dernier permettait la formation du calcaire des organismes marins.  Quand l'eau s'acidifie son pH baisse, ce qui a pour effet de rendre de plus en plus difficile la fabrication du squelette calcaire des coraux.  Il en est de même pour les phytoplanctons (algues à coquilles), pour les molusques (huitres, moules, bigorneaux) et pour les crustacés.

Nous avons présenté deux mécanismes de piégeages du CO2.  Or, celui qui fait passer le CO2 de l'atmosphère à l'océan est accompagné d'une augmentation de l'acidité de l'eau de mer.  Le problème est complexe.  Sur une plus petite échelle de grandeur, le problème serait facile à régler.  Il suffirait d'ajouter de l'eau de chaux en quantité suffisante.  On obtiendrait ainsi l'effet recherché en relevant le pH et en piégeant davantage de CO2.

Dans un film de science fiction, on réglerait rapidement le problème avec en prime la possibilité de permettre que la course du Gulf Stream vers l'Atlantique Nord ne soit plus ralentie.  Il suffirait de répandre des quantités considérables de chaux, en fait d'eau de chaux ou d'hydroxyde de calcium, à des endroits stratégiques près du Groenland (là ou l'eau douce s'écoule dans l'océan).  On obtiendrait ainsi un triple effet :

10  L'eau retrouverait son acidité normale.  L'hydroxyde de calcium , étant basique, neutraliserait l'excès d'acidité des eaux océaniques.

20  L'hydroxyde de calcium en se combinant au CO2, le piégerait et contribuerait ainsi à la diminution de l'effet de serre.  Le CaCO3 formé serait peu soluble et se transformerait en HCO31- soluble.

30  L'eau gorgée de ces ions, donc maintenant saline, augmenterait sa masse volumique et pourrait plonger en profondeur (et ainsi ne plus bloquer le Gulf Stream qui est un courant de surface).

Ayons la sagesse de reconnaître que ce sont des choses difficiles à changer (quoique pas impossibles) et examinons plutôt les choses qu'il est possible de changer.

 

 


 

 

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Mardi 25 mars 2008
Méthane (CH4)

L'atmosphère en contient 1,8 p.p.m., c'est un maximum depuis au moins 420 000 ans.  Sa concentration dans l'atmosphère est en augmentation depuis le début de l'ère industrielle (160%).  Il provient des surfaces continentales, des océans et des activités anthropiques.  En cas de réchauffement (c'est déjà commencé) le CH4 piégé dans les sédiments sous-marins et dans le pergélisol (sol gelé en permanence) est dégagé dans l'atmosphère.  Pour désigner le pergélisol, on utilise également les termes permafrost et merzlota (russe).

Provenance des principales émissions de CH4 dans l'atmosphère :

---- culture du riz ;

---- mauvaise digestion des ruminants (bovins, ovins) ;

---- déjections animales ;

---- fermentation des déchets organiques ;

---- transport et exploitation du gaz naturel et du pétrole ;

---- décomposition de la biomasse noyée.


Une partie du CH4 s'oxyde en CO2, on l'a dit, CO2 a un pouvoir piégeant inférieur a celui  de CH4.  Sans activités humines, il y aurait quand même environ 82 % de la concentration de méthane dans l'atmosphère.  La différence provient majoritairement des énergies fossiles et des activités d'élevage des borins et des ovins.  De grandes quantités de méthane sont piégées dans le pergélisol et dans les sédiments sous-marins.  Il y est présent sous forme d'hydrates et il existe un risque élevé qu'un dégagement de méthane se manifeste si la température continue d'augmenter.


Ozone (O3)


Sa concentration dans la troposphère est quatre fois plus importante qu'elle ne l'était il y a cent ans.  Il joue un rôle important en absorbant les UV-B en haute atmosphère.  On peut donc dire que, sans ozone, il 'y aurait que peu ou pas de vie sur Terre (sauf dans les océans).  Il est présent à 90 % dans la stratosphère et à 10 %dans la troposphère.


Sa présence en base altitude s'explique par le transfert provenant de la stratosphère et par les activités anthropiques (NOx, CO et hydrocarbures volatils).  Dans la troposphère, c'est un gaz nocif qui provient principalement de la combustion des hydrocarbures en industrie et de leur utilisation pour le chauffage et le transport (surtout les automobiles).


Halocarbures


Ils sont relativement peu abondants dans l'atmosphère :CFC-12, 0,5 p.p.m.; HCFC-22, 0,11 p.p.m.; CF4; 0,07 p.p.m.  Étant donné leur immense pouvoir de réchauffement global, ils correspondent à 25 % du forçage radiatif du CO2.


Depuis le protocole de Montréal, en 1987, les émissions de CFC dans l'atmosphère sont à la baisse.  Ces gaz sont principalement utilisés comme réfrigérants (fréon), comme solvant en électronique et comme gaz propulseur dans les bombes aérosols.  Ceux qui contiennent du brome ou du chlore sont responsables du trou dans la couche d'ozone de la stratosphère.


Oxydes d'azote (N2O et NOx)


 N2O est responsable d'environ 5 % de l'effet de serre, c'est-à-dire qu'il représente 10 % du forçage radiatif du CO2.  Sa concentration dans l'atmosphère a augmenté de 18 % depuis le début de l'ère industrielle.

Les sources anthropiques de N2O sont :

--- l'agriculure (engrais, déjections);

--- La combustion de la biomasse;

--- les procédés industriels chimiques;

--- l'élevage (particulièrement bovins et ovins).


Sa concentration dans l'atmosphère est de 0,32 p.p.m..  Sous l'effet des rayons solaires, sa molécule se dissocie lui permettant ainsi, de contribuer à la diminution de la concentration de l'ozone.  65 % des émissions de N2O ou gaz hilarant proviennent du sol.  La moitié de cette portion provient de l'utilisation des engrais azotés et de divers procédés chimiques.


Pour ce qui est des autres oxydes d'azote NOx, ils modifient l'activité de certains autres G.E.S..  Ils causent une diminution de la concentration de CH4 et de SF6.  Par contre, ils provoquent une augmentation de la concentration de l'ozone de la troposphère.


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Lundi 24 mars 2008

L' effet de serre est indispensable à la vie sur la planète.  Il permet actuellement une température moyenne annuelle de 15 0C.  Sans lui, elle serait de -18 0C.  C'est donc un phénomène naturel bénéfique.  Ce n'est pas l'effet de serre qui pose un problème, c'est son augmentation due aux activités humaines.  La consommation des combustibles fossiles en est le principal responsable.  En effet, la combustion du charbon, du pétrole et du gaz naturel (dans une moindre mesure), pour produire l'énergie, provoque une augmentation exponentiellement croissante de la concentration de CO2 dans l'atmosphère.  Le principal problème auquel nous avons à faire face, c'est la vitesse avec laquelle cette température augmente.


Afin de bien comprendre le phénomène de l'effet de serre, il faut dire, qu'en temps normal, l'atmosphère laisse passer à peu près la quantité d'énergie dont la Terre a besoin pour assurer son équilibre thermique.  Elle reçoit son énergie du Soleil sous forme de lumière, une partie est absorbée et le reste est retourné dans l'atmosphère sous forme de rayons infrarouges.  Ces derniers sont en partie absorbés par les G.E.S., le reste se dirigeant vers l'espace.  Quand la concentration de ces G.E.S., dans l'atmosphère, augmente, plus de rayons infrarouges, provenant du sol, sont interceptés.  Par le fait même, la température moyenne de la planète augmente.  Le CO2 est le principal responsable, mais il n'est pas seul.  Les variations de la concentration des gaz à effet de serre ne constituent, en fait, qu'une des composantes de l'ensemble des forçages positifs et des forçages négatifs qui influencent les changements climatiques dont le réchauffement de la planète.


Un certain nombre de ces G.E.S. sont d'origine naturelle et d'origine anthropique :

__ vapeur d'eau, H2O;

__ dioxyde de carbone, CO2;

__ méthane, CH4;

__ les oxydes d'azote, N2O et NOx;

__ l'ozone en basse atmosphère, O3.


Certains autres G.ES. sont strictement de source anthropique.  Il y en a plus de quarante et d'autres restent à identifier.  Les principaux sont les suivants :

--- chlorofluorocarbone  (CFC)

--- hydrofluorocarbone  (HFC)

--- hydrochlorofluorocarbone  (HCFC)

--- perfluorocarbone  (PFC)

--- hexafluorure de soufre  (SF6)

--- et plusieurs autres G.E.S. de moindre impact.


En l'absence de l'activité anthropique, la responsablitité relative des G.E.S. de source naturelle sur l'effet de serre serait à peu près la suivante :

--- H2O , 60 %;

--- CO2 , 25 %;

--- tous les autres G.E.S. , 15 %.


À noter que l'évaporation de l'eau des océans contribue à 85 % de la formation des nuages.  Si la troposphère ne contenait pas de vapeur d'eau, la température nocturne baisserait jusqu'à -1000C.


Cependant si on considère la présence de l'homme et des animaux (surtout les bovins et les ovins), la responsabilité relative des principaux G.E.S. serait :

--- CO2  68 % (combustibles fossiles et déforestation) ;

--- CH4  18 %.


L'activité humaine a donc augmenté la concentration des G.E.S. dans l'atmosphère et en a ajouté d'autres.  Il est très important de comprendre qu'en plus de la concentration, il faut tenir compte également du pouvoir de réchauffement global (P.R.G.), c'est-à-dire de la capacité de piégeage, de chacun de ces gaz.  En tenant compte de ces deux variables, la responsabilité relative de chacun des G.E.S. émis dans l'atmosphère est la suivante :

                                                                                    %                                                              P.R.G.

          CO2                                                                 53                                                                       1

          CH4                                                                 14                                                                     23

          CFC, HFC, HCFC, PFC                               13                                                          6 000 - 20 000

          O3                                                                    12                                                                     - - 

          N2O, NOx                                                         5                                                                     300

          H2O (anthropique)                                         2                                                                      - -

          Autres (SF6...)                                                 1                                                                24 000


Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (G.I.E.C.) a retenu ces gaz parce que ce sont eux qui ont le plus d'impact sur l'augmentation de l'effet de serre.  Il a cependant identifié quarante-deux G.E.S. et la liste n'est pas complète.  La liste, ci-haut, renferme donc les gaz dont les effets sont les plus significatifs sur l'intensification de l'effet de serre.  On a fait abstraction de la portion de vapeur d'eau qui se retrouve naturellement dans l'atmosphère et qui contribue à la hauteur de plus de 60 % à l'effet de serre.


La durée de vie de ces G.E.S. dans l'atmosphère peut varier de quelques semaines à quelques dizaines de milliers d'années : quelques semaines pour O3, 12 ans pour CH4 et HCFC -22, 100 ans pour CO2 et CFC-12, 120 ans pour N2O, 22 000 ans pour SF6 et 50 000 ans pour CF4 (PFC).


Donc, plusieurs de ces gaz, même sans nouvelles émissions dans l'atmosphère, poursuivraient leur travail sur l'augmentation de l'effet de serre pendant des milliers d'années.


Dioxyde de carbone (CO2).


Nos rejets de CO2 dans l'atmosphère sont en augmentation constante, soit  0,4 % annuellement.  Il y en a 35 % de plus depuis le début de l'ère industrielle.  On note actuellement une concentration de 380 p.p.m. de CO2 dans notre atmosphère.  L'augmentation de concentration de ce G.E.S. provient à 80 % de l'utilisation des combustibles fossiles, à 15 % de la déforestation (changement d'usage des terres) et à 5 % d'activités diverses.


De la portion redevable aux combustibles fossiles, 35 % provient de la production d'énergie, 30 % de l'industrie, 20 % du transport et 15 % des besoins énergétiques des résidences.  Une partie de ces émissions est absorbée par les puits de carbone et le reste est émis dans l'atmosphère.

Les responsables des émissions de CO2

source : World Ressources institute)

                                                                                                                              

                                                                                                                               Part de responsabilité dans les 

Pays ou groupes de pays                                                                                émissions globales de CO2 (%)



États-Unis                                                                                                                                   30,3

Europe                                                                                                                                         27,7

Ex. URSS                                                                                                                                    13,7

Chine, Inde et Asie du Sud-Est                                                                                              12,2

Amériques Centrale et du Sud                                                                                                3,8

Japon                                                                                                                                           3,7

Moyen-Orient                                                                                                                              2,6

Afrique                                                                                                                                         2,5

Canada                                                                                                                                       2,3

Australie                                                                                                                                     1,1


Les combustibles fossiles sont donc responsables à 80 % de l'augmentation de la concentration du CO2 dans l'atmosphère terrestre.  Les besoins en électricité sont majoritairement comblés par l'utilisation du charbon et du gaz naturel.  À eux seuls, les États-Unis (53% de la production d'énergie) et la Chine (75 % de la production d'énergie) consomment 55 % du charbon au niveau mondial.  L'Australie est le principal exportateur de charbon.  La demande est croissante dans des pays dont le développement industriel est en expansion (sidérurgie, cimenterie ).  C'est le cas de la Chine, de l'Inde et du Brésil.


Il ne faut pas s'attendre à réussir à ralentir nos émissions de G.E.S.si on continue à utiliser, de façon aussi intensive, le charbon et le gaz naturel pour combler nos besoins en électricité.  La situation est d'autant plus préoccupante que les scénarios les plus optimistes parlent d'une consommation de combustibles fossiles qui sera doublée ou même triplée avant 2050.


Pour ce qui est du pétrole le G.I.E.C. ne prévoit aucune diminution de consommation avant cette date.  Le pétrole étant devenu indispensable dans notre société, il faudrait s'assurer de ne pas augmenter la consommation actuelle et de limiter les émissions polluantes de ce combustible.  Quand il n'y a pas d'autres alternatives, il faudrait privilégier la combustion du gaz nature.  Il est moins polluant que le pétrole et le charbon.

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Lundi 17 mars 2008
L'activité solaire.

 Elle évolue selon des cycles de 11 ans, 22 ans, 88 ans, 148 ans et 200 ans qui sont tous inclus dans un 
plus grand cycle de 2300 ans.  Nous ne pouvons qu'observer et constater les changements qui en découlent au niveau de la quantité d'énergie solaire qui parvient à la Terre.


Les cycles de Milankovitch.

Ces cycles astronomiques ont été étudiés par l'astronome Milutin Milankovitch.  Généralement, quand ils sont en phase, ces cycles corespondent aux périodes glaciaires et interglaciaires.  En effet, ces périodes se présentent à certaines étapes favorables des cycles de l'elliptique de l'orbite de la Terre, de l'obliquité de l'axe de rotation de la Terre et de la précession des équinoxes.

Le cycle de l'elliptique ou excentricité de l'orbite correspond à un trajet, tantôt circulaire, tantôt elliptique, de la Terre autour du Soleil.  Actuellement, l'orbite terrestre est quasi circulaire.  Il n'y a qu'une différence de 6 % entre sa distance la plus éloignée et sa distance la plus rapprochée du Soleil.  Cete différence, sur une double période (100 000 ans et 413 000 ans), peut augmenter jusqu'à 30 %.  Cette variation n'a que peu d'impact sur la quantité totale d'énergie solaire que la planète reçoit en un an (environ 1 %).  Par contre, elle modifie la quantité d'énergie reçue en une saison donnée.

Quant à lui, le cycle de l'obliquité de l'axe explique le changement de l'angle de l'axe de rotation de la planète par rapport à la perpendiculaire au plan de sa révolution autour du Soleil (équateur céleste).  Il est actuellement de 23,50.  Cet angle passe de 21,80 à 24,40 sur un cycle de 41 000 ans.  Il influence la quantité d'énergie solaire reçue à 650 de latitude nord.  Cette information est susceptible d'expliquer en partie l'existence des cycles glaciaires-interglaciaires.  Tout dépendant de l'angle de l'axe on peut assister à des hivers plus chauds et des étés plus frais, ou à l'inverse.

 La Terre oscille sur son axe, comme une toupie, c'est le cycle de précession des équinoxes.  L'axe de rotation  de la Terre trace un cône.  Se faisant, on observe un déplacement apparent de la position des étoiles sur de longues périodes (cycle de 22 000 ans).  En l'an 2015, l'axe pointera l'étoile polaire (Polaris).  Présentement, pour l'Hémisphère Nord, ce phénomène nous amène actuellement des étés foids et des hivers chauds.

Bien évidemment, les cycles solaires et les cylces de Milankovitch sont des paramètres qu'on ne peut changer.  Ils conditionnent l'ensoleillement de notre planète aux hautes latitudes de l'émisphère Nord.  C'est la donnée la plus importante pour expliquer l'existence des cycles glaciaires-interglaciaires.


Les courants atmosphériques et océaniques.

L'océan joue un rôle de régulateur du climat.  On s'inquiète du fait que la fonte des glaciers pourrait ralentir la plongée des eaux froides et salées qui s'effectue en mer de Norvège, en mer du Labrador et près du glacier de l'Antarctique.  L'eau coule au fond de l'Océan Atlantique et ce mélange d'eaux de différentes températures et de diffférentes salinités amorce la circulation thermohaline.  Cette gigantesque circulation océanique fait pratiquement le tour de la planète.  Elle est constituée de courants froids en profondeur et de courants chauds en surface.

Le Gulf Stream est l'un de ces courants.  Il entraîne les eaux chaudes provenant des tropiques vers le nord de l'Atlantique.  Or, ce courant est perturbé.  Il a diminué de 20 % à certains endroits et il risque de s'affaiblir davantage.  La fonte des glaciers et des icebergs dans l'Alantique Nord est en cause.  Elle provoque une injection d'eau de faible masse volumique (par rapport à l'eau salée) dans les eaux de surface.  C'est ce phénomène qui a pour effet de ralentir le Gulf Stream.  Il pourrait même en raccourcir le trajet.

Les courants atmosphériques sont également importants.  L'Oscillation Nord Atlantique (O.N.A.) influence le climat du nord-est de l'Amérique, de l'Europe et de l'Afrique du Nord.  Un centre de haute pression est en interaction avec un centre de basse pression.  D'importantes masses d'air se déplacent entre la dépression d'Islande (centre de basse pression) et l'anticyclone des Açores (centre de haute pression).  Plus la différence de pression entre ces centres est forte, plus l'indice de l'O.N.A. est fort et plus les vents d'ouest balayant l'Atlantique empêchent les masses d'air polaires de pénétrer l'Europe de l'Ouest.

La circulation atmosphérique joue un rôle important dans le transport de l'énergie par les vents provenant des tropiques et se dirigeant vers les hautes latitudes.  C'est la vapeur d'eau contenue dans l'air qui véhicule cette énergie.  Cette circulation atmosphérique tend à diminuer l'écart de température entre les basses et les hautes latitudes.

La circulation atmosphérique et la circulation océanique sont responsables, à peu près à part égale, du brassage de l'atmosphère.  Mais, c'est surtout l'océan qui, dû au fait qu'il emmagasine beaucoup plus d'énergie que l'atmosphère, est en mesure de tempérer le climat.  L'énergie solaire est convertie en énergie mécanique par l'intermédiaire de ces courants atmosphériques et océaniques.

Il existe un échange continuel de CO2 entre l'atmosphère et l'océan.  Toute altération des courants atmosphériques et océaniques associée à une augmentation de température due, entre autre, à l'augmentation de l'effet de serre, peut modifier cet échange.  L'eau dissout le CO2 (surtout aux hautes latitudes où l'eau est froide) et le transforme en ions hydrogénocarbonates, HCO31-.  Inversement quand, transportés par les courants océaniques, ces ions se retrouvent dans les eaux plus chaudes, ils libèrent du CO2 qui retourne dans l'atmosphère.  Le CO2 est essentiel dans la chaîne alimentaire des océans (le phytoplancton a besoin de CO2  pour proliférer.).  Une grande partie de ce qui constitue la vie marine absorbe du CO2 particulièrement sous forme de calcaire, CaCO3  Tout mécanisme pouvant accélérer l'emmagasinage de CO2 dans ce puits de carbone que constitue l'océan serait bénéfique.  Moins il y aura de CO2 provenant des activités humaines mieux on se portera.  Les mécanismes qui gouvernent l'échange de CO2 entre l'atmosphère et l'océan auraient intérêt à être mieux compris, car ils sont, de toute évidence, en relation étroite avec les changements climatiques.  Il serait intéressant d'approfondir nos connaissances au sujet de l'acidité de l'eau des océans (elle a une influence sur la stabilité des ions HCO31-), des courants océaniques et des mécanismes de prolifération des algues, des phytoplanctons (algues à coquilles), des coraux, des crustacés et des mollusques.


L'albedo.

C'est la portion de l'énergie lumineuse qu'une surface réfléchit.  Il est important de noter que l'albedo n'est pas, à vrai dire, un facteur qui influence le changement climatique.  En fait, il amplifie les changements climatiques.  Par exemple, si des précipitations provoquent des accumulations de neige ou de glace, ce phénomène entraînera une augmentation de la réflexion des rayons infrarouges par le sol et , de ce fait, entraînera un refroidissement.  L'albedo moyen de la planète est de 30 %.
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Mercredi 12 mars 2008
Le Gouvernemnet du Canada définit le changement climatique de la façon suivante: "Le changement climatique correspond à un changement de temps moyen observé dans  une région donnée.  Le temps moyen comprend tous les éléments que nous associons habituellement au temps, à savoir la température, les caratéristiques des vents et les précipitations.  Lorsque nous parlons de changement climatique à l'échelle de la planète, nous faisons référence aux modifications que connaît l'ensemble du climat de la Terre.  À long terme, la rapidité et l'ampleur des changements climatiques peuvent avoir de nombreuses conséquences sur les écosystèmes naturels".

Or, il y a une multitude de variables qui peuvent influencer le climat.  Tout tourne autour de celles qui provoquent des variations des températures moyennes annuelles de la Terre.  C'est bien là le noeud du problème.  Nous allons faire l'inventaire de ces différentes variables et essayer, de la façon la plus exhaustive possible, de les classer en deux catégories.  Celles qui provoquent une hausse de température ou réchauffement seront classées parmi les forçages radiatifs positifs et celles qui entraînent une baisse de température ou refroidissement seront classées parmi les forçages radiatifs négatifs.

La liste n'est pas forcément complète.  Certains mécanismes susceptibles d'influencer le climat sont peu ou mal connus ou ont une incidence très faible sur les variations d'amplitude de l'effet de serre et sur le climat en général.  Cette façon de procéder permettra de mieux évaluer le bilan radiatif de la planète.  Actuellement, il n'est pas équilibré.

L'atmosphère terrestre conserve plus de chaleur qu'auparavant.  Il faudra donc retrouver cet équilibre le plus rapidement possible.  Le plus tôt sera le mieux.

Forçages positifs (réchauffement):
-----------------------------------------------

---L'augmentation de l'activité solaire.
---Les nuages bloquent une partie des rayons infrarouges réfléchis par le sol et les océans.
---Les nuages bas et épais laissent passer l'énergie solaire.
---Augmentation de la concentration de CO2 dans l'atmosphère à cause des combustibles fossiles  (près  de
    30 milliards de tonnes par an actuellement).
---Le CO2 et le CH4 emmagasinés dans l'océan passent dans l'atmosphère (suite à l'élévation de la 
    température).
---Déboisement (déforestation).
---Diminution des surfaces enneigées ou glacées (albedo diminue).
---Ralentissement des courants atmosphériques et océaniques (moins d'échanges de chaleur).
---Vapeur d'eau (plus la température augmente, plus il y a de vapeur d'eau dans l'atmosphère),
    c'est le principal gaz à effet de serre.
---Le dégel du pergélisol laisse échapper du CH4 dans l'atmosphère.
---Utilisation des frigorigènes.
---Diminution de l'albedo (fonte des glaciers).
---Les cycles de Milandovitch (650 de latitude nord) :
                              * Excentricité faible
                              * Obliquité faible
                              * Précession en mode interglaciaire.
---L'exploitation des gisements pétroliers  laisse échapper du CH4 dans l'atmosphère.
---Émission de CO2 lors des éruptions volcaniques; pas les aérosols émis, ils ont un effet contraire.
---Émission dans l'atmosphère d'autres G.E.S. (N2O,  O3,  NOx,  SF6,  CFC, HFC, HCFC, PFC).
---Production de ciment (émission de G.E.S.).
---Production des métaux (procédés énergivores).
---Ozone en basse atmosphère (troposphère) bloque en partie les infrarouges émis par la Terre.
---Élevage.
---Agriculture.

Forçages négatifs (refroidissement):
-------------------------------------------------

---Diminution de la température de l'eau qui permet de dissoudre davantage de CO2.
---Aérosols dans l'atmosphère (origines: volcanique, biologique, marine ou autres).  Contribue à 
    la formation de la pluie en favorisant la condensation de la vapeur d'eau.
---Dissolution du CO2 et CH4 dans l'eau.
---Diminution de l'activité solaire.
---Cycles de Milankovitch (650 de latitude nord) :
                        * Excentricité forte.
                        * Obliquité forte.
                        * Précession en mode glaciaire.
---Reboisement sélectif (efficace pour une courte période).
--- Agriculture sélective (meilleure utilisation des sols).
---Élevage sélectif des animaux (moins de bovins et d'ovins).
---Activation des courants océaniques possiblement par des courants atmosphériques importants.
---Diminution de la vapeur d'eau dans l'atmosphère.
---Diminution de l'exploitation des combustibles fossiles (moins de CH4 échappé dans
    l'atmosphère).
---Diminution de la production d'énergie à partir des combustibles fossiles (principale source de
    CO2).
---Contrôler et diminuer l'utilisation des frigorigènes.
---Diminuer l'utilisation des procédés qui contribuent à l'émission de N2O,  NOx,  CFC, HFC,
    HCFC,  PFC,  et SF6.
---Diminuer l'utilisation du ciment et des métaux dans l'industrie de la construction.
---Favoriser l'utilisation du bois dans l'industrie de la construction, c'est un puits de carbone
    (piège le carbone).
---Dissolution des silicates de certains métaux qui piègent le CO2 (sur le long terme).
---Piégeage du CO2 de l'atmosphère suite à la formation des hydrogénocarbonates, HCO31-.
---Une forte concentration de CO2 favorise la photosynthèse, donc croissance activée et puits de 
    carbone (tendance à rétablir l'équilibre).
---L'ozone en haute atmosphère bloque les UV-B.
---Augmentation de l'albedo.
---Les nuages hauts et légers renvoient l'énergie vers l'espace.


Plusieurs paramètres sont prépondérants dans la course de la Terre vers un équilibre thermique.  99% des climatologues pensent que la production importante de G.E.S. par l'homme est à l'origine du réchauffement de la planète.

Les grands paramètres à considérer sont les cycles solaires, les cycles de Milankovitch, l'albedo, les courants atmosphériques, les courants océaniques, et l'effet de serre.  Toute modification, même modeste, de l'un de ces paramètres ou de certains forçages positifs ou négatifs peut avoir une influence majeure sur le bilan radiatif de la Terre et ainsi affecter considérablement son équilibre thermique.

L'ensemble de ces modifications définit le climat.  Il peut être facilement modifié, souvent même, par un faible changement de l'un de ces paramètres.  Il peut l'être également par des évènements hors de notre contrôle (éruptions volcaniques) ; l'évènement étant ponctuel, la nature retrouvera éventuellement son équilibre.  Pour ce qui est de l'augmentation de la concentration des gaz à effet de serre, les dommages sont récurrents.  L'équilibre thermique de la Terre sera donc plus difficile à rétablir.
                   
   

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Samedi 1 mars 2008

Cette vision des événements extrêmes susceptible de se produire à plus ou moins long terme, selon ce scénario, est indiscutablement cauchemardesque.  Je le répète, il est inutile de s'alarmer exagérément, quoi que probable ce scénario peut encore être nuancé.  Cela, bien sûr, à la seule condition que nous agissions en conséquence; et le plus tôt sera le mieux.  Il en sera question dans le chapitre : "Ce qu'on peut changer,".

Pour éviter que tout cela advienne, il aurait fallu que la concentration de CO2 dans l'atmosphère revienne à ce qu'elle était en 1990.  Au contraire, d'ici 2040 elle sera de 500 p.p.m. à 800 p.p.m.et cela constitue un seuil critique à partir duquel,quoi qu,on fasse, rien ne pourra empêcher la calotte glaciaire du Groenland de fondre complètement avec toutes les conséquences que cela comporte.

Évidemment,si la population et les décideurs adoptaient des mesures susceptibles de stabiliser les émissions des G.E.S., il pourrait en être autrement.  Il serait ainsi possible de donner à la nature plus de temps pour corriger la situation et peut- être en serions nous quitte pour un léger refroidissement comme dans le scénario 2.

Les phénomènes atmosphériques mentionnés précédemment (dans le scénario 3) sont également présents dans les scénarios 1 et 2.  Cependant, l'intensité avec laquelle ils se manifestent, n'est pas la même.  Les conséquences sont alors moins dramatiques.  Si nous décidions dès maintenant de cesser de consommer les combustibles fossiles (tout au moins d'en diminuer considérablement l'utilisation) nous pourrions ainsi nous assurer un passage en douceur vers un prochain équilibre thermique de la Terre.  De plus, le temps venu, il sera peut-être intéressant d'utiliser ces combustibles fossiles pour amoindrir les baisses de température lors d'une prochaine période glaciaire.  En effet, notre production d'énergie à partir de ces combustibles est advenue à une bien mauvaise époque (en plein interglaciaire, alors que la température moyenne de la planète est déjà élevée),.  Le fait d'utiliser ces combustibles en période glaciaire alors que la température est à la baisse, pourrait avoir comme conséquence de la stabiliser ou même de l'augmenter et de maintenir ainsi des conditions de vie tolérables.  Même en période glaciaire, l'augmentation de l'effet de serre causée par l'augmentation de la concentration du CO2 et celle d'une multitude d'autres G.E.S. dans l'atmosphère entraineraient une augmentation de température.

Quoi qu'il en soit une période glaciaire se présentera tôt ou tard, cela fait partie des cycles de la nature.  Localement, bien sûr, il y aura des périodes difficiles à traverser.  Mais, étant donné le contexte actuel, cette période glaciaire ne se présentera vraisemblablement pas avant un ou deux, voire trois cycles de précession des équinoxes.  Toutefois, nous devrons sûrement faire face à une période semi-glaciaire parce qu'il est peu probable que nous réussissions à empêcher le retrait partiel du Gulf Stream.

Nous aurons quand même le temps de voir venir.  Pour certaines populations, il faudra migrer vers le sud et pour les autres qui seront affectées par les baisses de température, sans toutefois qu'il y ait glaciation sur leur territoire, il faudra s'adapter.  Même dans ces conditions, il y aura de sérieuses complications.  C'est bien évident que des migrations massives posent d'énormes problèmes (terres disponibles, nourriture et conflits de toutes sortes).

La situation serait beaucoup plus problématique si nous étions en présence d'une glaciation comme celles qui se sont déroulées dans le passé.  Même si la population de la planète était beaucoup plus basse, les migrations n'étaient pas faciles.  Bien sûr, les populations étaient mobiles.  Elles suivaient les migrations des animaux.  Même dans ces conditions, les populations baissaient considérablement à chaque minimum glaciaire.

La population actuelle serait beaucoup plus affectée.  Ce serait particulièrement le cas avec une population de sept milliards d'humains.  De l'Atlantique au Pacifique (sauf l'Alaska) et jusqu'au sud de New-Yok et Chicago, cette partie de l'Amérique du Nord serait sous la glace.  Il en serait de même pour les hautes latitudes de l'Europe et de l'Asie.  Éventuellement, les glaces recouvrent 25 à 30 % de l'espace habitable de la planète.  On ne peut pas faire migrer sans conséquences majeures, quelques milliards d'humains avec tout ce que cela implique.  Ce serait d'autant plus difficile si les effets des changements climatiques s'effectuaient sur une très courte période.

Afin de bien comprendre les conséquences des glaciations sur l'évolution de la population de la planète, je vous présente ces données qui couvrent les derniers trois millions d'années.  Il faut noter que c'est vers la fin d'une période glaciaire, au moment où la température est la plus basse, que les dommages sont habituellement les plus considérables.


                            Dates (ans)                                                                           Population


                              -3 000 000                                                                        10 000 - 20 000
                              -2 400 000                                                                      100 000
                              -2 000 000                                                                      300 000   
                              -1 700 000                                                                      200 000
                                 -700 000                                                                   1 000 000
                                 -475 000                                                                      200 000
                                 -400 000                                                                        10 000
                                 -200 000                                                                      300 000
                                 -140 000                                                                   1 000 000
                                 -120 000                                                                      600 000
                                 -100 000                                                                      200 000     
                                   -80 000                                                                      100 000
                                   -72 000                                                                           2 000   ( TOBA )
                                   -40 000                                                                   1 000 000
                                   -36 000                                                                 10 000 000
                                   -32 000                                                                 50 000 000 
                                   -30 000                                                                   5 000 000
                                   -18 500                                                                   1 000 000 (Peut-être 300 000 )
                                   -14 000                                                                   1 000 000 
                                   -12 000                                                                   3 000 000
                                   -11 000                                                                   4 000 000
                                     -8 000                                                                   5 000 000
                                     -6 500                                                                 10 000 000
                                     -5 500                                                                 15 000 000
                                     -4 000                                                                 20 000 000
                                        -650                                                               100 000 000 
                                      1 800                                                            1 000 000 000
                                      1 860                                                            2 000 000 000
                                      1 910                                                            3 000 000 000
                                      1 950                                                            4 000 000 000
                                      1 980                                                            5 000 000 000
                                      2 000                                                            6 000 000 000 
                       Juillet    2 006                                                            6 500 000 000
                                      2 012                                                           7 000 000 000
                                      2 025                                                           8 000 000 000

Le fait d'aller plus loin dans les détails serait trop alarmiste.  On a tous compris qu'il faut faire en sorte, chacun dans la mesure de ses moyens, que la transition ne s'effectue pas trop brusquement.  Il existe une multitude de mesures que nous pouvons privilégier et de nouveaux comportements que nous devons adopter.  À ces conditions et seulement à ces conditions nous pourrons ralentir l'augmentation de la température annuelle moyenne de la planète.  Nous ne pourrons pas l'arrêter, nous diminuerons simplement la vitesse avec laquelle elle augmente.  Si la population collabore, le processus pourrait se dérouler sans que cette dernière ne soit trop affectée.

Donc, dans le meilleur des cas, nous prévoyons une glaciation localisée sur le nord de l'Europe et un climat très froid sur le nord-est de l'Amérique du Nord.  Il devient donc urgent de poser une multitude de geste qui pourraient empêcher la situation de se détériorer ou, tout au moins, de ralentir la vitesse d'évolution des changements climatiques.  Peut-être qu'il est possible de maintenir le climat global de la planète dans un état de relative stabilité et même de diminuer l'amplitude des changements climatiques.

Notre défi consiste donc à ralentir le rythme de réchauffement de la planète de façon volontaire pendant les quelques décennies qui viennent (préférablement pendant la prochaine décennie).  Si on n'en est  pas conscient et qu'on ne fait rien pour ralentir le processus, nous serons, sous peu, dans l'obligation de prendre des mesures draconiennes au sujet, entre autre, des combustibles fossiles.  La pilule sera alors plus difficile à avaler parce que nous n'aurons pas eu le temps de nous adapter.  C'est donc à chacun d'en prendre conscience et de faire tout ce qui est en son pouvoir pour en ralentir le processus et en atténuer les effets.

                          


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Vendredi 29 février 2008
Étant donné tout ce qui précède, il serait plus sage d'admettre que la réponse de la nature sera plus forte voire brusque et extrême.  À des attaques brusques correspondent habituellement des ripostes brusques.  En temps normal, comme ça s'est presque toujours passé précédemment nous aurions eu droit à une glaciation rapide.  Mais,  comme nous l'avons dit plus tôt, la présence du paramètre de l'ensoleillement relativement fort à 650 de latitude nord ne permettra que l'avènement de ce qu'on pourrait appeler une semi-glaciation dans un premier temps.  Une glaciation digne de ce nom pourrait ne se concrétiser que dans quelques cycles (22 000 ans chacun) de précession des équinoxes. 

En effet la Dérive Nord Atlantique sera sérieusement ralentie, sinon arrêtée, ce qui correspondra à repousser le Gulf Stream vers le sud.  Il ne s'arrêtera pas vraiment, il fait partie de la grande circulation thermohaline(grand convoyeur) des océans, il va simplement raccourcir son trajet.  Au lieu de se prolonger loin dans l'Atlantique Nord,il renversera sa course à la hauteur des Açores.  Ce phénomène aura pour effet de diminuer considérablement l'apport de chaleur sur l'Europe et l'est de l'Amérique du Nord (cet apport à peut-être été surévalué, il est possible que l'apport de chaleur soit davantage dû aux courants atmosphériques qu'au Gulf Stream).  Il pourrait ne se réactiver et reprendre sa course normale que lorsque,dans quelques siècles ou au plus dans quelques milliers d'années, la calotte glaciaire du Groenland aura complètement fondu.

Tout cela ne serait pas une bonne nouvelle.  La Scandinavie et le nord de la Grande-Bretagne seraient sous la glace et un climat sibérien régnerait au sud de l'Europe et au nord-est de l'Amérique du Nord.  Montréal, New-York et Paris, par exemple, devraient supporter ce climat.

Si la calotte glaciaire du Groenland fond complètement, il faut s'attendre à une élévation de 6 ou 7 mètres du niveau des océans (ou plus encore, puisque l'Antarctique aura partiellement fondu).  Faut-il attendre que ces événements se produisent pour prendre le réchauffement global au sérieux?  Une telle élévation du niveau de l'océan toucherait 50% de l'humanité.  Plus de 3 000 000 000 d'humains vivent à quelques kilomètres des côtes.  Toutes ces populations devraient être déplacées ou, du moins pour celles moins affectées par ces bouleversements, vivre dans des conditions très différentes.  Des territoires comme ceux des Pays-Bas et du Bangladesh seraient en grande partie inondés.

C'est malheureusement le scénario que nous devons envisager.  C'est le plus réaliste si on tient compte de la situation présente.  Cependant, il ne faut pas être excessivement alarmiste, l'humanité y survivra.  Si rien n'est fait à brève échéance, il est certain qu'il faudra entrevoir la possibilité que ce scénario se réalise.

Pour être honnête et ne rien cacher à la population de la planète, il faut admettre que l'augmentation rapide de la température en cette période interglaciaire pose problème et qu'elle sème de sérieux doutes dans l'esprit de plusieurs experts en la matière.  

Il est fort probable que si la tendance se maintient, des modifications climatiques plus brusques voire extrêmes surviendront :

---Des tempêtes accompagnées de vents soufflant à plus de 200 km/h.
---Des courants atmosphériques qui montent en très haute altitude (où , on l'a dit, les températures sont de plus en plus froides) et ramènent des précipitations,des grêlons dont la quantité et la grosseur impressionnent.
---Des pluies torrentielles qui causent des inondations et des glissements de terrain en plus d'augmenter les quantités d'eaux douces se déversant dans l'Atlantique Nord.
---Des tornades avec des vents soufflant à plus de 500 km/h.
---Des cyclones dévastateurs.
---De gigantesques feux de forêt qui brûlent des milliers de km2 de forêt et qui, par la même occasion, augmentent l'effet de serre. 
---Des températures extrêmement élevées atteintes à différents endroits du globe (plus de 450C) et des sécheresses.
---Des pluies verglaçantes d'une durée exceptionnelle comme celles de 1998 au Québec et dans l'est de l'Ontario (durée de 5 jours au Québec).
---Des blizzards hivernaux de forte intensité avec des bourrasques soufflant à des vitesses incroyables.

Suite à l'examen de ces conditions climatiques extrêmes, je trouve à propos cette citation de Albert Szent-Gyorgyi : " À travers les âges, le souci capital de l'homme a été celui de la vie après la mort.  Aujourd'hui,  pour la première fois, nous nous trouvons acculé à nous poser la question de savoir s'il y aura encore une vie avant la mort."

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