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23 février 2017 4 23 /02 /février /2017 16:24

Pourquoi les océans sont essentiels dans la régulation du climat mondial

Publication: Mis à jour:
GLACE OCEAN
L'océan joue un rôle majeur dans la régulation du climat mondial | Pixabay/CC

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CLIMAT - Les océans jouent un rôle déterminant dans la régulation du climat mondial. Sans l'océan, le contraste thermique entre les tropiques et les pôles serait de plusieurs centaines de degrés, rendant ainsi la planète invivable. C'est ce qu'ont souligné, mercredi 22 février à Rabat, des experts et scientifiques participant aux travaux de la session plénière solennelle 2017 de l'Académie Hassan II des sciences et techniques, organisée du 21 au 23 février.

Selon la coprésidente du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), Valérie Masson-Delmotte, les océans jouent un rôle crucial dans le fonctionnement du système climatique (bilan énergie, cycle du carbone, cycle de l’eau, mode de variabilité du climat) dans la mesure où l’intensité et la structure spéciale de la température de surface des océans affecte la circulation atmosphérique et les événements météorologiques.

Comprendre les océans pour évaluer les risques

Ainsi, les vents mettent en mouvement les eaux de surface qui constituent le moteur des phénomènes de remontée des eaux profondes, froides et riches en nutriment vers la surface, par exemple sur la côte atlantique marocaine, a-t-elle expliqué.

Après avoir présenté quelque indicateurs clés de l’état du climat et les nombreux impacts du réchauffement climatique et les causes de l’augmentation de la concentration atmosphérique en CO2 depuis 1950, la paléoclimatologue française a démontré, graphiques et cartes à l’appui, que l’évolution de la température de surface est le résultat du déséquilibre radiatif de la terre.

Valérie Masson-Delmotte a, de même, mis en évidence des réorganisations majeures de la circulation de l’Océan atlantique nord, en particulier lors des périodes glaciaires, associées à des instabilités abruptes du climat des régions voisines et ce grâce à l’étude des archives du climat, comme les sédiments marins.

D'après l’experte, l’influence humaine sur le climat est clairement établie. Les rejets de gaz à effet de serre affectent l’état physico-chimique des climats, d'où l'importance de comprendre le rôle des océans dans le système climatique pour évaluer les risques associés à l’évolution future du climat.

Les océans, ces grands absorbeurs de chaleur

Abondant dans le même sens, l'ancien directeur de la météorologie nationale, Abdallah Mokssit, actuel secrétaire général du GIEC, a donné un aperçu sur les processus de modélisation du rôle des océans et les risques de changement abrupts.

Pour ce membre correspondant de l'Académie Hassan II des sciences et techniques, les océans, qui représentent 70% de la planète bleue, créent la moitié de l’oxygène de la Terre et fournissent 20% des protéines animales consommées, ont un rôle de régulation du climat à l’échelle globale, en absorbant plus de 90% de la chaleur cumulée dans l’atmosphère et 25% du CO2 créé par l’homme.

LIRE AUSSI:

Chaleur, pluie... Quel climat connaîtra le Maroc dans les années à venir?

 
 

"Le changement climatique affectera les processus liés au cycle du carbone d’une manière qui accélérera l’accroissement du CO2 atmosphérique (degré de confiance élevé), de même que la poursuite de l’absorption de carbone par l’océan augmentera son acidification", a-t-il noté.

Même son de cloche pour la scientifique française Anny Cazenave, qui a affirmé que le niveau moyen global de la mer, principal réservoir de chaleur de système climatique, est l'un des meilleurs indicateurs du changement climatique actuel, mettant en exergue les contributions individuelles à la hausse du niveau de la mer.

La mer pourrait monter de deux mètres d'ici 2100

Passant en revue les quatre scénarios de réchauffement et les émissions de gaz à effet de serre associées, la spécialiste en géodésie et océanographie spatiale a fait observer que la hausse du niveau de la mer s'est accélérée au cours de la dernière décennie et continuera à monter pendant plusieurs siècles à cause de la grande inertie thermique de l'océan. Elle pourrait ainsi monter de deux mètres d'ici 2100.

Au Maroc, si l’amplitude des impacts du changement climatique diffère par rapport aux pôles antique et antarctique et aux pays insulaires, les 3.000 kilomètres de côtes rendent le pays vulnérable. Elles sont et seront en effet concernées en premier lieu par les conséquences du changement climatique, car l’océan atlantique et la mer Méditerranée constituent une source de revenus des populations et contribuent en grande partie à sa sécurité alimentaire, a alerté Abdallah Mokssit.

Les propriétés physico-chimiques des océans changent, ce qui a des conséquences sur les propriétés et la dynamique de l’océan, sur ses échanges avec l’atmosphère et sur les écosystèmes marins et leurs habitats, a fait savoir le secrétaire général du GIEC.

Organisée du 21 au 23 février, cette rencontre annuelle, qui réunit des experts internationaux, des chercheurs et des climatologues des quatre coins du monde, traite de plusieurs thématiques, notamment "la modélisation des interactions océan-climat", "les niveaux de mers et événements climatiques extrêmes", la "thermodynamique et chimie des océans et impacts sur les ressources".

LIRE AUSSI: Plus d'un jeune Africain sur deux estime que son gouvernement ne lutte pas assez contre le changement climatique

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21 février 2017 2 21 /02 /février /2017 16:43

Après le début de la Guerre Froide, les scientifiques de l’Université de Chicago ont créé une horloge sur laquelle minuit représente la fin du monde. Si à l'origine l'horloge de l'apocalypse représentait le risque d'une guerre nucléaire mondiale, elle a évolué au fil du temps. Créée en 1947 par un groupe de scientifiques dont une dizaine de prix Nobel, l'horloge de l'apocalypse a changé en 2007. Elle prend depuis en considération le changement climatique, les problèmes liés aux hydrocarbures et les problèmes liés aux nouvelles technologies. Donald Trump, signe de l'apocalypse L'année 2017 s'annonce terrible puisque l’heure de la fin du monde a été avancée de 30 secondes le 27 Janvier dernier. Elle affiche désormais 23:57:30. Une décision inquiétante prise en réponse notamment à l’élection de Donald Trump ! Cela faisait 63 ans que nous n'avions pas été aussi proche de minuit, plus précisément depuis l'explosion de la bombe à hydrogène en Russie. Pourtant aujourd'hui le constat est sans appel et les scientifiques s’inquiètent. "[...] de la forte montée du nationalisme dans le monde, des déclarations du président Donald Trump sur les armes nucléaires, du réchauffement climatique et de la détérioration de la sécurité mondiale dans un contexte de technologies de plus en plus sophistiquées". Le Conseil scientifique et de sécurité du bulletin a déclaré : "Cette situation mondiale déjà menaçante a été la toile de fond d'une montée du nationalisme dans le monde entier en 2016 [...] y compris lors d'une campagne présidentielle au cours de laquelle le futur vainqueur, Donald Trump, a fait des commentaires inquiétants au sujet de l'utilisation et de la prolifération des armes nucléaires et a exprimé son incrédulité face au consensus scientifique accablant sur le changement climatique". Éveiller les consciences Depuis sa création en 1947, l'horloge de l'apocalypse a été ajustée 19 fois, de minuit moins deux en 1953 à minuit moins 17 minutes en 1991, fin de la Seconde guerre Mondiale. Si l'apocalypse n'est pas imminente il reste que le monde va mal. "Les faits sont des choses persistantes et il faut les prendre en compte pour préserver l’avenir de l’humanité", a commenté le physicien Lawrence Krauss qui participe au réglage de l'horloge. Une horloge qui sert avant tout à alerter la population sur les dangers qui nous entourent et à nous remettre les pendules à l'heure ! Publié par Sophie Bernard, le 20 février 2017

En savoir plus : http://www.ohmymag.com/sciences/les-scientifiques-ont-avance-l-039-heure-de-la-fin-du-monde-et-ca-fait-peur_art106207.html
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19 février 2017 7 19 /02 /février /2017 21:58
 
 

Climat : 2017 démarre fort

Les températures planétaires de janvier 2017, tout juste publiées par les équipes scientifiques qui surveillent le climat terrestre, sont assez curieuses. D’abord, elles sont bien élevées.

Températures planétaires en janvier 2017, 2016 et 2015

Avec 0,92°C au dessus d’une moyenne climatologique calculée sur la période 1951/1980, janvier 2017 est au dessus de janvier 2015, et au troisième rang des mois de janvier depuis le début de la série des relevés thermométriques planétaires. La carte de ces températures (exprimées en écart à la moyenne climatologique) montre un globe presque partout au dessus de cette moyenne sauf quelques exceptions. Surtout un vaste disque centré sur la Méditerranée où elles sont inférieures, ainsi qu’une zone continentale et océanique centrée sur la côte nord-ouest des Etats-Unis et du Canada.

Du coup, la décennie en cours poursuit sans faiblir la série du réchauffement climatique observé depuis plus d’un siècle. Et surtout celle qui dure depuis le milieu des années 1970 et qui n’a aucune autre explication plausible que l’intensification de l’effet de serre planétaire par nos émissions de gaz à effet de serre.

Le réchauffement climatique vu par tranche de dix ans.

Un graphique politique

Une autre manière d’en prendre la mesure est de considérer la courbe de ces températures (mesurées à un mètre au dessus des sols sur les continents pour l’air et à la surface des océans pour l’eau) depuis 1880. Le graphique ci-dessous est « politique ». Non que la science y soit biaisée par une fraude quelconque, mais le choix de la période de comparaison – 1880/1920 et non 1951/1980 – fait explicitement référence à la Convention Climat de l’ONU. Celle-ci, dans les décisions de sa Conférence des parties (COP-21) tenue à Paris en décembre 2015 a fixé l’objectif de ne pas dépasser les 2°C de plus qu’avant l’ère industrielle, et même de se rapprocher le plus possible des 1,5°C, selon la demande des pays les plus vulnérables au changement climatique. Ce que dit cette présentation, c’est que l’objectif le plus ambitieux est déjà totalement hors de portée, et que les 2°C exigent des décisions beaucoup plus fortes que celles prises lors de cette COP.

Evolution de la température planétaire en écart la moyenne 1880/1920 (GISS, NASA).

Glaces en recul

Le climat planétaire de ce début d’année 2017 montre un autre trait frappant. Celui d’un spectaculaire recul d’une partie de la cryosphère terrestre, la banquise. Ou plus exactement les banquises, celles de l’Arctique et de l’Antarctique.

Pour l’Arctique, les glaciologues sont désormais habitués, depuis son observation quotidienne par satellites depuis 1979, à enregistrer une tendance nette à la diminution de sa surface.

L’évolution de la banquise arctique en janvier depuis 1980 vue par satellites.

En revanche, la banquise de l’Antarctique ne montrait nulle tendance à se rétracter, avec même des phases de croissance ces dernières années. L’année 2016 a montré une rupture nette, dont il est beaucoup trop tôt pour dire s’il s’agit d’une fluctuation naturelle déconnectée du réchauffement planétaire où une conséquence de ce dernier.

Un mystère dans le Pacifique tropical

Il y a toutefois quelque chose de curieux dans la carte des températures de janvier 2017. Si l’on compare cette carte avec celle de janvier 2016, nettement plus chaude avec un écart de 1,13°C au dessus de la moyenne, il apparaît que la cause de cette différence notable se situe essentiellement dans le Pacifique tropical où l’on distingue une longue « langue » rouge, signe d’un El Niño particulièrement intense (attention, il faut fortement corriger son impression visuelle des rapports de surface entre les zones tropicales et les hautes latitudes, la représentation cartographique choisie surdimensionne ces dernières).

Où est donc le « curieux » de l’affaire ? En ce que le très fort El Niño de 2015 et 2016 n’a pas donné suite comme souvent mais pas systématiquement, à une Niña toute aussi forte, un phénomène responsable d’un coup de froid sur l’indicateur de température planétaire. Comme l’indique le graphique ci-dessous.

L’oscillation ENSO (El Niño southern oscillation) vue à travers la hauteur de la mer au centre du Pacifique tropical.

Pour l’instant, l’oscillation ENSO ne se conduit pas selon la métaphore souvent utilisée par les océanographes pour l’expliquer : celle d’une balançoire. Après le très vigoureux El Niño des deux dernières années, on s’attendait plutôt à une forte Niña. Or, pour l’instant, le Pacifique est dans des conditions dites « neutres », ni l’un ni l’autre. Mais surtout, les prévisions des océanographes sont non seulement plus en faveur d’une poursuite de cette neutralité mais la seconde option qu’elles privilégient n’est pas une Niña mais un Niño.

Prévisions pour ENSO en 2017

Le Pacifique va t-il nous concocter un nouveau mystère dans le fonctionnement d’ENSO ? S’agit-il d’un effet du changement climatique – ENSO est un phénomène dit « couplé » entre la température de surface et profonde du Pacifique tropical et de son interaction avec les vents – qui modifierait déjà le mécanisme qui provoque cette oscillation ? Et compliquerait encore plus sa prévisibilité, alors que se préparer à ses phases extrêmes est crucial pour la pêche au large des côtes andines et pour des millions d’agriculteurs en Amérique et en Asie ou en Australie, ainsi que pour les parades aux pluies diluviennes et aux sécheresses qu’il occasionne.

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9 février 2017 4 09 /02 /février /2017 16:05

www.notre-planete.info : environnement, développement durable et sciences de la Terre


2016 : nouveau record de chaleur sur Terre (vidéo)

1 425 lectures / 5 commentaires08 février 2017, 17 h 58

anomalies-temperatures-annes-records-TerreRecords de températures enregistrés depuis 1880, par rapport à la température moyenne de 1980 à 2015
Crédit : NASA/Earth Observatory - Licence : CC0

Les années se suivent... et se ressemblent... 2016 vient de battre le précédent record de chaleur établi en... 2015 ! Année qui avait elle-même battu 2014. Bref, le réchauffement climatique est bien en marche depuis maintenant 35 ans.

Depuis 1880, 2016 est l'année la plus chaude jamais enregistrée sur notre planète, confirmant une décennie de records, selon les analyses de trois centres de données climatiques. L'augmentation de température est significative par rapport au XIXe siècle :

Principale cause : nos activités qui rejettent massivement des gaz à effet de serre dans l'atmosphère.

Le réchauffement climatique est un phénomène observé de manière significative depuis environ 35 ans et s'accélère depuis une vingtaine d'années. Ainsi, 16 des 17 années les plus chaudes se situent après 2001.

Anomalies de température de 1880 à 2016. Crédit : NASA's Goddard Space Flight Center/Kathryn Mersmann

Outre ce record planétaire de température, la température de l'eau à la surface de l'eau n'a jamais été aussi élevée depuis 1880.

Ce réchauffement climatique n'est pas uniforme à la surface du globe. Ainsi :

  • l'Amérique du Nord a connu son année la plus chaude,
  • l'Amérique du sud et l'Afrique ont connu leur deuxième année la plus chaude,
  • l'Asie et l'Europe leur troisième,
  • L'Australie sa cinquième.

Ce qui explique que le réchauffement peut être vécu et interprété différemment suivant les régions, certaines pouvant même connaître des fortes anomalies négatives de températures. Toutefois, à l'échelle planétaire et en moyenne, la température de surface de la Terre augmente.

De plus, en 2016, l'étendue de la banquise arctique fut la plus faible enregistrée depuis le début des relevés satellites (1979) avec seulement 3,92 millions de km². Quant à la banquise antarctique (pôle sud), sa superficie fut la deuxième plus faible depuis 1979 avec seulement 4,31 millions de km².

2017 : vers une nouvelle année record ?

Soulignons que le changement climatique ne s'accompagne pas forcément d'une augmentation linéaire de la température terrestre, année après année, mais peut également présenter des paliers, voire même des "accidents" sur certaines années, l'important est de considérer la tendance lourde, structurelle, sur le long terme, avec une variabilité naturelle liée à des cyles comme ENSO.
Ainsi, l'Institut Goddard pour les études spatiales de la NASA juge peu probable que l'année 2017 batte le record de 2016 à cause de la mise en place d'un phénomène La Niña - survenu fin 2016 - qui engendre des anomalies négatives de températures.

Cela fait maintenant 35 ans que le réchauffement climatique est nettement observé sur notre planète et nos dirigeants n'ont pris aucune mesure responsable et contraignante pour l'endiguer. L'heure est dorénavant à l'adaptation, il est déjà trop tard.

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6 février 2017 1 06 /02 /février /2017 17:44

Publié le 04 février 2017 à 21h44 | Mis à jour le 04 février 2017 à 21h44

 

Le réchauffement qui... refroidit?

Le refroidissement de la stratosphère est une belle... (Photothèque Le Soleil)

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Le refroidissement de la stratosphère est une belle preuve que l'hypothèse du réchauffement d'origine solaire (le climat serait plus chaud parce que le Soleil rayonnerait plus fort), si chère aux climatosceptiques, est fausse.

Photothèque Le Soleil

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(Québec) CHRONIQUE / «Comment expliquez-vous que l'atmosphère se soit réchauffée de 4 à 5 °C alors que le climat, lui, n'a pris que 0,7 °C? De plus, comment se fait-il que les points de vue scientifiques divergeant de la théorie dogmatique sur le réchauffement et ses causes soient sciemment ignorés par les médias?» demande Paule Doyon.

En fait, quand on parle de réchauffement climatique, on fait déjà référence à l'«atmosphère» : c'est une augmentation (d'environ 0,7 °C au XXe siècle, effectivement) de la température moyenne de l'air à la surface du globe. Maintenant, ce que la question de notre lectrice laisse entendre, c'est que le réchauffement climatique ne survient pas uniformément à toutes les altitudes, dans toutes les couches de l'atmosphère terrestre. Et c'est la pure vérité, remarquez bien, mais pas dans le sens qu'elle croit.

Refroidissement de la stratosphère

C'est la troposphère qui se réchauffe, soit la couche la plus basse de l'atmosphère - grosso modo les premiers 8 à 15 kilomètres d'air, l'altitude diminuant entre l'équateur et les pôles. Mais en même temps, la stratosphère, la couche située juste au-dessus et qui s'étend jusqu'à 50-60 km d'altitude, refroidit petit à petit. Vous avez bien lu : depuis plusieurs décennies, la stratosphère refroidit. Une foule de mesures de sa température ont été prises depuis les années 50, que ce soit avec des ballons-sondes ou des satellites, notamment parce que ce qui se passe là-haut a une incidence sur la météo qu'il fait «sur le plancher des vaches». Et les données sont sans équivoque : «C'est vraiment un refroidissement, dit la climatologue du consortium scientifique Ouranaos Dominique Paquin. [...] Je n'ai rien vu dans la littérature scientifique qui parlerait d'un réchauffement, et les courbes sont très claires.»

 

Au cours du dernier demi-siècle, lit-on dans une étude de 2006, la stratosphère a perdu environ 0,5 °C par décennie - encore qu'il y a un certain degré de variation entre les modèles et les instruments.

Cela peut sembler contre-intuitif, et c'est d'ailleurs une tendance que certains climatosceptiques mettent de l'avant pour sous-entendre que les changements climatiques sont une «machination». Mais voilà, c'est justement ce qui est le plus intéressant dans toute cette histoire : le refroidissement de la stratosphère est une belle preuve que l'hypothèse du réchauffement d'origine solaire (le climat serait plus chaud parce que le Soleil rayonnerait plus fort), si chère aux climatosceptiques, est fausse.

L'atmosphère terrestre se comporte un peu comme l'air dans une voiture laissée au soleil. Les fenêtres sont faites en vitre et, par conséquent, laissent passer (entre autres) toutes les longueurs d'onde visibles par l'oeil humain. Ces rayons vont frapper sur les surfaces intérieures de l'auto (banquettes, etc.) et les réchauffer. Mais voilà, l'intérieur de la voiture ne brille pas comme une étoile : il rayonne plutôt dans l'infrarouge, et plus il est chaud, plus il émet d'infrarouges. Or si les fenêtres laissent entrer la lumière visible, elles bloquent les infrarouges et les gardent en dedans. L'énergie solaire peut donc continuer d'entrer, mais reste en bonne partie prisonnière de l'habitacle - d'où les chaleurs totalement étouffantes qu'atteignent les autos en été.

L'atmosphère terrestre agit exactement de la même manière : les gaz de l'air laissent passer presque toute la lumière visible, qui vient alors réchauffer le sol. Celui-ci réémet ensuite cette énergie sous forme d'infrarouges qui, eux, ne traversent pas aussi bien l'atmosphère. Plusieurs gaz - principalement le CO2, mais aussi le méthane, la vapeur d'eau et nombre d'autres - bloquent une partie appréciable des infrarouges, dont l'énergie se trouve alors, comme dans une auto, à réchauffer l'air.

En basse altitude

Et la clé pour comprendre le refroidissement de la strato­sphère, c'est que le plus clair (80 %) des gaz est concentré en basse altitude, dans la troposphère. «Ça agit comme une sorte de couverture, explique Mme Paquin. Quand tu augmentes la quantité de gaz à effet de serre dans la troposphère, tu bloques une plus grande partie de la chaleur, il y a plus de molécules de GES qui vont bloquer les infrarouges. Et en fin de compte, cela fait qu'il y a moins de chaleur qui va se rendre jusqu'à des altitudes plus élevées.»

Voilà pourquoi la stratosphère se refroidit : il y a une quantité donnée et constante d'infrarouges qui partent du sol; s'il y en a plus qui restent emprisonnés dans les 8 à 15 premiers kilomètres, il en restera forcément moins pour réchauffer l'air qui circule au-dessus.

Ce n'est pas ce qui se passerait si les changements climatiques étaient vraiment dus à une activité solaire accrue. Si le Soleil chauffait davantage, alors la surface terrestre émettrait plus d'infrarouges dont la troposphère ne bloquerait pas une plus grande partie - avec pour résultat que toute la colonne d'air se réchaufferait à peu près également. De la même manière, un Soleil plus chaud augmenterait la température moyenne davantage le jour que la nuit, mais c'est l'inverse qu'on observe : les températures moyennes augmentent 24 heures sur 24, mais davantage la nuit que le jour. C'est cohérent avec un effet de serre accru - les infrarouges et l'effet de serre sont la principale source de chaleur durant la nuit -, mais c'est parfaitement incohérent avec les histoires de Soleil plus actif qu'avant.

Si les journalistes choisissent d'«ignorer» les thèses climatosceptiques, c'est parce qu'elles sont extrêmement minoritaires parmi la communauté scientifique. Et si elles sont à ce point minoritaires, c'est parce qu'elles sont largement démenties par les faits comme ceux que nous venons de voir. Tout simplement.

Autres sources :

 

  • E.C. Cordero et P.M. de Forster, «Stratospheric variability and trends in models used for the IPCC AR4», Atmospheric Chemistry and Physics, 2006, goo.gl/BvfI5D
  • John Cook, «The human fingerprint in global warming», Skeptical Science, 2010, goo.gl/N2J25D
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2 février 2017 4 02 /02 /février /2017 17:24

Les énergies renouvelables ne suffiront pas à enrayer le réchauffement climatique

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Au niveau planétaire, la part des énergies renouvelables n'augmente pas de manière significative depuis 15 ans.
Au niveau planétaire, la part des énergies renouvelables n'augmente pas de manière significative depuis 15 ans. Copyright 2017 The Associated Press. All rights reserved.

alarmant - L'hydraulique, l'éolien, le solaire, les voitures électriques... tout ça ne suffira pas à enrayer le réchauffement climatique. Aujourd'hui, les énergies renouvelables ne représentent que 3% de la consommation mondiale d'énergie et la part des fossiles ne diminue pas depuis 15 ans. A ce rythme, sans développer une technique qui permettrait de capturer et de stocker les gaz à effets de serre, la planète va se réchauffer de 3 à 4°C.

Face au maintien des énergies fossiles, l'essor des renouvelables seul ne permettra pas de freiner suffisamment le réchauffement climatique, alerte une étude parue dans Nature Climate Change.

Le solaire, l'éolien ou les voitures électriques ne suffiront pas à garder le réchauffement sous +2°C, la limite que s'est fixé le monde à Paris fin 2015, faute de progrès dans les technologies de capture des gaz à effet de serre, estiment les chercheurs.

A ce stade, "ces technologies n'empêchent pas vraiment la croissance des énergies fossiles ou des modes de transport conventionnels," constate Glen Peters, du Centre de recherche sur le climat d'Oslo (Cicero).

Le réchauffement est largement dû à la combustion du gaz, du charbon et du pétrole qui font tourner l'économie mondiale depuis la Révolution industrielle. De ce fait, le monde a déjà gagné 1°C lourd de conséquences (sécheresses, tempêtes, etc.).

L'accord de Paris a fixé un objectif collectif mais pas d'outils pour suivre l'action des pays. Les chercheurs ont donc listé une demi-douzaine d'indicateurs permettant le suivi et la comparaison des mesures décidées: croissance du PIB, énergie consommée et émissions de CO2 par unité de PIB, part des fossiles, notamment.

 

Part des fossiles inchangée

Au final, les renouvelables représentent moins de 3% de la consommation mondiale d'énergie (même si cette part est cinq fois plus importante qu'en 2000), notent-ils. Et la part des fossiles est la même depuis 15 ans: près de 87%.

Dans le même temps, certaines technologies jugées essentielles pour limiter les températures ne sont pas au point, rappelle l'étude: par exemple la capacité à extraire du CO2 de l'atmosphère. La "capture" et le stockage des gaz à effet de serre ne sont pas assez développés, notent les scientifiques.

Autre solution encore inexistante à une échelle suffisante: les bio-carburants dont le bilan carbone serait neutre. Or toutes ces technologies devraient s'additionner pour dévier une trajectoire qui conduit la planète vers +3 à +4°C, insiste l'étude, qui appelle aussi au sursaut politique.

ATS
 
 

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28 janvier 2017 6 28 /01 /janvier /2017 02:24

La consommation de viande, principale cause du réchauffement climatique

 
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Par Direct Matin Mis à jour le

Publié le

 
 

La consommation de viande et l'élevage destiné à l'alimenter représentent la principale source d'émissions de CO2 sur la planète, devant les transports. Seule une diminution de la part de la viande dans l'alimentation permettrait d'endiguer le phénomène.

On compte plus de 2% de végétariens en France, une proportion qui tend à augmenter de plus en plus rapidement. Mais la consommation de viande reste bien ancrée dans les habitudes, les traditions et les mentalités. La consommation de viande entraîne la mise en place de cheptels de bêtes un peu partout sur Terre. Selon les calculs de AsapSCIENCE, 25 milliards de poulets, 1,5 milliard de vaches, et un milliard de moutons et de cochons fouleraient ainsi le sol terrien.

A lire aussi : Cantines scolaires : un menu végétarien plébiscité par une pétition

Cette prolifération d’animaux, qui n’ont d’autre destin que celui d’être mangé, entraîne diverses conséquences négatives pour notre planète, et constitue la principale cause du réchauffement climatique.

Lutter contre le réchauffement climatique

Sans l'élevage intensif d'animaux, les terres qu’ils foulent – approximativement de la taille du continent africain - seraient utilisées pour planter des cultures de légumes, de fruits ou de céréales. Par ailleurs, la vie végétale pourrait reprendre le dessus, ce qui permettrait de freiner les effets du réchauffement climatique. Les animaux et l'agriculture liée à leur alimentation (soja, notamment) sont en effet à l’origine de 15% des émissions de gaz à effet de serre, soit plus que la totalité des émissions de CO2 liées aux transports (voitures, avions, etc...).

Le retour d’arbres ou de végétaux sur ces terrains permettrait d’absorber davantage de CO2. Autre avantage, l’absence de bêtes d’élevage réduirait énormément la consommation d’eau dans le monde entier. Actuellement, l’utilisation d’eau douce est consacrée à 70% pour l’agriculture. Cela concerne évidemment les cultures de végétaux mais surtout l’élevage.

70% de la surface agricole mondiale utilisée pour le bétail

En élevage industriel, la production d’un kilogramme de bœuf absorbe par exemple 13.500 litres d’eau. C’est bien plus élevé que la consommation nécessaire à la culture de céréales telles que le riz (1.400 litres) ou le blé (1.200). En 2002, un tiers des céréales produites et récoltées dans le monde avait directement servi à nourrir le bétail. Cela représentait au niveau mondial 670 millions de tonnes, soit assez pour nourrir trois milliards d’êtres humains.

Une étude parue en 2013 note que l’« empreinte eau » des Européens liée à leur alimentation pourrait baisser de 23 % à 38 % en diminuant ou supprimant la part de la viande dans les repas.

Gourmande en eau et en céréales, la production de viande l’est aussi en terres. La FAO estime que 70 % de la surface agricole mondiale est utilisée soit pour le pâturage du bétail, soit pour la production de céréales destinées à les nourrir.

Le manque de terres agricoles pousse aussi à la déforestation : 91 % des terres « récupérées » dans la forêt amazonienne servent ainsi aux pâturages ou à la production de soja qui nourrira plus tard le bétail. Et moins de forêt, c’est moins d’émissions de dioxyde de carbone absorbées

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28 janvier 2017 6 28 /01 /janvier /2017 02:16

Plus de 100 ans de changement climatique résumés en 20 secondes

La NASA publiait il y a quelques jours une vidéo révélant plus de 100 ans de changement climatique en vingt secondes. Comme vous pourrez le voir, les niveaux de...
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La NASA publiait il y a quelques jours une vidéo révélant plus de 100 ans de changement climatique en vingt secondes. Comme vous pourrez le voir, les niveaux de dioxyde de carbone ont augmenté dans l’atmosphère depuis la fin du 19e siècle, un phénomène qui s’est clairement intensifié à partir des années 80.

La NASA et l’Administration océanique et atmosphérique nationale des États-Unis (NOAA) confirmaient cette semaine que 2016 était l’année la plus chaude jamais enregistrée… encore une fois ! Un constat alarmant pour certains, moins pour d’autres, après tout, les tendances climatiques et météorologiques vont et viennent depuis toujours. Mais la réalité est qu’indépendamment des changements de températures opérés au cours des dernières 4,5 milliards d’années, ce n’est rien comparé aux changements opérés au cours du siècle dernier.

 

Pour illustrer cette tendance au réchauffement, la NASA a publié il y a quelques jours une vidéo anxiogène combinant des données remontant à 1880, date à laquelle nous avons commencé à recueillir des enregistrements de températures. Jusque dans les années 70, les températures fluctuent « normalement » pourrait-on dire, les couleurs chaudes reflétant les années plus chaudes et inversement et les couleurs froides pour les années plus fraîches. En revanche, le phénomène s’accélère très clairement à partir des années 80 et s’accentue jusqu’en 2016. Le thermomètre de référence dans le coin supérieur gauche de la carte reflète quant à lui la différence de température (en degrés Celsius) entre chaque année.

À la fin de l’année dernière, les températures moyennes de la planète se glissaient donc à près d’un degré Celsius au-dessus du point de référence. « L’année 2016 établit un record de chaleur pour une troisième année consécutive », a déclaré Gavin Schmidt, directeur de l’Institut Goddard de la NASA. « Nous ne prévoyons pas des années record tous les ans, mais la tendance actuelle de réchauffement à long terme est assez claire ».

Comme vous pouvez également le voir dans la vidéo, le réchauffement ne s’effectue pas au même rythme selon les régions du monde, notamment avec des phénomènes météorologiques tels qu’El Niño ou La Niña, avec un phénomène clairement plus marqué dans l’hémisphère nord et notamment les régions polaires.

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23 janvier 2017 1 23 /01 /janvier /2017 21:28

23 janvier 2017, 19 h 14

vaches-Belgique© Christophe Magdelaine / www.notre-planete.info - Licence : CC BY-NC-SA

Les émissions de méthane, un puissant gaz à effet de serre, connaissent une nouvelle envolée depuis quelques années. Si les causes ne sont pas clairement identifiées, l'empreinte de plus en plus pesante de l'élevage et la production de déchets dans le monde sont les hypothèses principales.

Selon un bilan complet des émissions de méthane réalisé par une équipe de recherche internationale menée par le Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement (LSCE, CEA/CNRS/UVSQ), la croissance des émissions de méthane augmente depuis 2007 avec une accélération depuis 2014, après une période de stabilisation au début des années 2000.

Le méthane est le 2ème gaz à effet de serre (après le dioxyde de carbone, CO2) contribuant à 20 % de l'effet de serre additionnel lié aux activités humaines. C'est un puissant gaz à effet de serre qui provient de la dégradation de la matière végétale par des bactéries méthanogènes, dans un milieu pauvre en oxygène. Bien que ses concentrations dans l'atmosphère sont plus faibles que le CO2, son Pouvoir de Réchauffement Global (PRG)[1] est 28 fois supérieur.

Les différentes sources de méthane

Le méthane provient de différentes sources :

  • naturelles (41% des émissions) : zones inondées, lacs, réservoirs, termites, sources géologiques, hydrates, etc. Selon l'étude, la contribution de ces sources au bilan global est "probablement surestimée" selon l'étude.
  • anthropiques, c'est à dire issues de nos activités contribuent à 59 % des émissions totales de méthane dans l'atmosphère avec une dominance (34 %) des activités liées à l'agriculture (ruminants et culture du riz) et aux traitements des déchets (solides et liquides).
  • fossiles : Le dégazage de méthane (formé il y a plus de 50 000 ans) pourrait représenter jusqu‘à 30 % des émissions totales (bien que ce résultat soit encore discuté) avec la répartition suivante : 21 % dus à l'exploitation du charbon, du pétrole et du gaz et 9 % d'origine naturelle (dégazage géologique).

 

methane-bilan-2003-2012Bilan des émissions et puits de méthane de 2003 à 2012 en million de tonnes de CH4 par an (moyenne 2003 à 212)
© Global Carbon Project - Licence : Tous droits réservés

 

La moitié des émissions de méthane proviennent d'Amérique du Sud tropicale, d'Asie du Sud Est et de Chine.

De plus en plus de méthane dans l'atmosphère

Si cela fait fait plus de deux mille ans que les concentrations de méthane dans l'atmosphère augmentent, elles ont plus que doublé depuis l'Ere Industrielle atteignant 1835 ppb[2] en 2015, contre seulement 730 ppb en 1750. Pire, celles-ci connaissent une forte augmentation depuis 2007, après une période de stabilisation au début des années 2000.

Cette évolution récente des sources de méthane demeure "mal comprise" : « Il se pourrait que cette hausse résulte d'une augmentation des émissions de méthane liées à l'agriculture. Cependant une augmentation des émissions associées à l'exploitation des énergies fossiles ne peut pas être exclue pour le moment. », précise Philippe Bousquet, professeur à l'UVSQ et co-auteur de l'étude au LSCE.

La croissance démographique galopante de l'humanité couplée avec l'occidentalisation des modes de vie conduit irrémédiablement à une très forte augmentation des déchets produits, de la consommation de viande et de lait et donc à la généralisation de l'élevage, partout dans le monde.

Or, de tous les types d'émissions, l'élevage est de loin le plus grand émetteur de CH4, souligne l'étude, à cause de la fermentation entérique, c'est-à-dire les rots et flatulences issus de la digestion des ruminants.

Notons que la majorité des émissions de méthane liées à l'agriculture et aux déchets proviennent d'Inde, de Chine, d'Europe, des USA et d'Eurasie centrale.

Deux autres hypothèses sont évoquées :

  • la hausse des émissions liées à l'exploitation des énergies fossiles et
  • la baisse du puits chimique du méthane dans l'atmosphère.

Des émissions non prises en compte dans les rapports du GIEC

Cette envolée des émissions de méthane inquiète : non prise en compte dans les scénarios "moyens" du GIEC, elle rend impossible l'objectif de maintenir le seuil d'augmentation de la température au dessous de 2°C, explique Philippe Bousquet : « d'après notre étude, l'évolution actuelle des concentrations de méthane atmosphérique n'est reproduite dans aucun scénario climatique imaginé pour le dernier rapport du Giec : trois sont trop optimistes et le dernier est un peu trop pessimiste. Il sera donc utile de revoir ces scénarios pour le prochain exercice du Giec. »

Autrement dit, la croissance actuelle des émissions de méthane est aussi rapide que le scénario le plus pessimiste du 5e rapport du GIEC et pousse l'augmentation des températures au-dessus de 3°C, intenable pour nos sociétés.

Par conséquent, les auteurs de l'étude demandent que l'on redouble d'attention et d'expertise scientifique pour mieux quantifier puis diminuer les émissions de méthane, ce qui apporterait des bénéfices rapides[3] et complémentaires aux efforts de réductions des émissions de CO2 dans l'atmosphère.

Marielle Saunois, enseignant-chercheur à l'UVSQ et coordinatrice de l'étude ajoute qu' « il est impératif de continuer les efforts de quantification du bilan mondial du méthane, avec des mises à jour régulières comme pour le dioxyde de carbone car la diminution des émissions de méthane peut être 4 rapidement bénéfique pour le climat . Si on veut rester sous la barre des 2°C, il ne faut pas se contenter de limiter les émissions de dioxyde de carbone, il faut aussi réduire celles de méthane. »

Le Global Carbon Atlas dresse, chaque année, un bilan des émissions et de puits de carbone et de méthane dans l'atmosphère.

Notes

  1. Le pouvoir de réchauffement global (PRG) est un indicateur qui vise à regrouper sous une seule valeur l'effet additionné de toutes les substances contribuant à l'accroissement de l'effet de serre. Ainsi, la durée de vie du méthane dans l'atmosphère est plus courte que celle du CO2 mais l'effet de serre exercé par le méthane est 28 fois plus élevé que celui du CO2 (sur un horizon de 100 ans).
  2. ppb = parties par milliard.
  3. Par rapport au CO2, le méthane a une durée de vie plus courte dans l'atmosphère : 10 ans contre environ 1 siècle.
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31 décembre 2016 6 31 /12 /décembre /2016 17:47
éditorial

Climat : la maison brûle vraiment

Climat : la maison brûle vraiment
Jean Marcel Bouguereau
Archives PP
 

6

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« Sans un changement rapide et radical de modèle énergétique, la planète se prépare à crever le plafond de 2 °C de réchauffement que s’est fixé la communauté internationale. »

« Notre maison brûle et nous regardons ailleurs ». C’est en 2002 que Jacques Chirac a prononcé cette phrase. Depuis il y a eu depuis la COP 21 et la COP 22. On se hâte lentement, trop lentement. Même si les émissions mondiales de CO2 se stabilisent, le climat continue de se dérégler.

 
 

Tous les vacanciers qui avaient réservé dans les stations de montagne le savent : il y a de moins en moins de neige à Noël en France. Tous les indicateurs sont au rouge. En 2016, la température moyenne terrestre aura été de 1,2 °C au-dessus de la moyenne préindustrielle, selon l’Organisation météorologique mondiale. Soit environ 0,2 °C de plus que le record de 2015. Modeste en apparence, un tel écart est en réalité, s’agissant du climat, monstrueux. On vient de s’apercevoir que la banquise avait perdu plus de trois millions de kilomètres carrés par rapport à la moyenne 1981-2010 ! 20 % de la banquise s’est évaporée ! Or, à l’échelle mondiale, sur les dix-sept années les plus chaudes jamais mesurées, seize appartiennent au siècle en cours !

« Le réchauffement se produit maintenant beaucoup plus vite que prévu », prévenaient en septembre dernier six climatologues internationaux, dans une tribune publiée par l’ONG Universal Ecological Fund. Il est nécessaire de doubler, voire de tripler les efforts pour limiter les émissions de gaz à effet de serre. » Même si les émissions mondiales de CO2 stagnent, ce tassement demeure insuffisant pour enrayer l’emballement de la machine climatique. Sans un changement rapide et radical de modèle énergétique, la planète se prépare à crever le plafond de 2 °C de réchauffement que s’est fixé la communauté internationale. C’est une course de vitesse qui est engagée.

Du côté des USA, on se prépare à l’arrivée de Donald Trump, pour qui le réchauffement climatique est une invention chinoise pour briser la compétitivité américaine : Barack Obama vient d’interdire tout nouveau forage de gaz ou de pétrole, sur plus de 50 millions d’hectares de l’océan Arctique, afin de réduire la dépendance aux énergies fossiles et de « préserver les écosystèmes » de ces zones maritimes. Quand on voit que Pékin, d’ordinaire peu sensible aux questions environnementales, vient d’adopter une nouvelle loi pour enrayer une pollution décrétée « fléau national », c’est que quelque chose a vraiment changé. Il faut dire qu’on ne respire plus dans les rues de la capitale chinoise. D’ailleurs, Quartz, le magazine en ligne américain voit dans la puissance chinoise le nouveau chef de file dans la lutte mondiale contre le réchauffement climatique.

Pour autant avez-vous remarqué à quel point ce sujet était absent des débats de la primaire de la droite comme et de la gauche ? Il y a pourtant le feu au lac !

 
 
 
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  • : Vise à mieux faire comprendre les changements climatiques, leurs causes et les amorces de solutions possibles. En ce sens, on étudie le réchauffement climatique, le climat, l'effet de serre, les cycles glaciaires-interglaciaires, les économies renouvelables, les économies d'énergie et d'autres sujets connexes.
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