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24 septembre 2017 7 24 /09 /septembre /2017 21:04
 
 
 
 

Crédits : iStock

Face au réchauffement climatique sans précédent que heurte la planète Terre, les cerveaux s’échauffent ! Il faut absolument trouver une solution pour lutter contre l’excès de gaz à effet de serre présent dans l’atmosphère. Et si c’était les abysses de notre monde qui en détenaient les réponses ?

Si diminuer nos émissions de CO2 est primordial à l’heure d’aujourd’hui, il est aussi vital de diminuer la concentration de dioxyde de carbone dans l’air pour garder une température stable ! Et pour certains, la solution se trouverait dans les océans : ils détiendraient en effet la capacité d’emprisonner le gaz à effet de serre présent dans l’atmosphère ! C’est en tout cas ce que propose une étude publiée dans la revue scientifique Energy Procedia en juillet dernier.

 

Le scientifique Steve Goldthorpe avance que l’homme pourrait emprisonner le gaz à effet de serre dans les fosses océaniques et ainsi créer des lacs gigantesques de dioxyde de carbone. Mais par quel moyen ? Nous savons qu’à partir de 3000 mètres de profondeur, la densité du CO2 est supérieure à celle de l’eau ! Ainsi, le gaz à effet de serre plongerait naturellement sous les océans pour ne plus jamais remonter.
D’après ses recherches, il aurait trouvé le lieu de stockage parfait pour capter près de dix-neuf mille milliards de tonnes de CO2 liquide, soit l’intégralité du dioxyde de carbone émis par les énergies fossiles ! Longue de six kilomètres, la fosse océanique concernée s’appelle Sunda et se situe au sud de l’archipel indonésien.

Crédits : Google Earth

 

Ce n’est pas la première fois que les océans sont à l’étude dans le cas du stockage de CO2. Une étude datant de 2008 avait déjà mentionné l’idée de répartir le gaz à effet de serre dans les océans, mais cette fois sous forme dissoute. Malheureusement facilement associable avec les molécules d’eau, la dissolution du CO2 formerait de l’acide carbonique en excès et acidifierait donc l’eau. Une telle réaction provoquerait la dégradation de certaines espèces marines, notamment les coraux déjà fragiles face aux brusques changements de pH.

En revanche, et même si les caractéristiques physico-chimiques du CO2 lui assurent d’ores et déjà une stabilité au fin fond des océans, la disposition d’un fin voile en plastique serait nécessaire pour assurer une totale sécurité et empêcher d’une façon définitive les possibles remontées de CO2 dans l’atmosphère. Enfin, il faut prendre en compte le déplacement du dioxyde de carbone issu des centrales électriques jusqu’à la fosse océanique : la construction de milliers de kilomètres de tuyaux aurait un prix vertigineux !

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21 septembre 2017 4 21 /09 /septembre /2017 20:59

    

 

Mais revenons au fond du sujet: la nécessité de manger moins de viande. Si vous m'avez suivie, vous comprenez pourquoi elle s'impose: l'élevage étant la principale cause de gaz à effet de serre, il paraît logique de réduire notre consommation de viande. Continuer de consommer comme on consomme actuellement n'est pas viable, même si les élevages industriels étaient remplacés par des élevages à taille humaine qui seraient plus respecteux du bien-être animal: ils ne pourraient satisfaire la demande et, par ailleurs, il faudrait pouvoir optimiser tous les espaces non-habités sur terre pour en faire des pâturages pour le bétail, ce qui ne serait pas l' idée du siècle, en plus d'être impossible. A savoir aussi qu'il faut, pour produire un kilo de viande de boeuf, 15 kilos de céréales pour le nourrir (alors que c'est un hervivore), et 30 litres d'eau. Par jour. Je vous laisse faire le calcul pour tous les bovins et autres animaux; il ne va pas sans dire que la perte de ressources est pharamineuse.

source: végétik.org
source: végétik.org

VEGE: LES DOIGTS DANS LE NEZ ?

Seulement voilà. Moins manger de viande, cela nécessite d'aller contre une habitude et une culture profondément ancrée dans la société et dans les consciences (depuis pourtant une cinquantaine d'années seulement..) Et dans les menus de la restauration collective, à savoir les restaurants, les restaurants d'entreprises, les cantines scolaires... Difficile de trouver autre chose que de la viande ou du poisson dans ces menus, les options végétariennes sont plus rares, et ne parlons pas des options végétaliennes, d'autant plus que si l'on va au restau, c'est généralement pour manger de la viande ou du poisson "de qualité", et non pour manger juste des légumes. La bonne viande est encore un met presque sacré.

Pourtant, il est tout aussi agréable de manger végétarien qu'un bon steack-frite, et même à l'extérieur: le problème réside dans le manque de formation des cuisiniers et chefs cuisiniers, au sujet des questions environnementales, de la responsabilité et de l'alimantation non-carnée. Diversifier et végétaliser leurs menus constitut par ailleurs un avantage à la fois pour les restaurants qui élargiraient leur clientèle, et pour les végéta*iens pour qui aller au restaurant serait moins prise de tête, et cela montrerait à ceux qui ne le sont pas qu'il est possible de bien manger sans manger de viande: cela bénéficie à tout le monde. Car ce qui est le plus difficile quand on devient végétarien ou vegan, ce n'est pas tant d'arrêter de manger des produits carnés ou tous les produits d'origine animale; mais le rapport aux autres et à la société: immanquablement, certaines activités sociales et habitudes ne sont plus accessibles. Et on devient ce genre d'ami relou qui contraint tout le monde dans le choix du restau quand une sortie est prévue. Du coup, on évite le restau. Forcément, la vie sociale en prend un coup. Encore que, dans les grandes villes comme Bordeaux (2ème ville végé-friendly de France, vous le saviez ?!), il est encore facile de manger végétarien ou vegan, mais c'est loin d'être le cas partout.

 

 

Alors oui, il y a encore du progrès à faire, mais nous sommes sur la bonne  voie, puisqu'on peut observer une certaine prise de conscience générale, entraînant peu à peu un changement de mentalité. D'où vient cette prise de conscience, pourrons nous nous demander. De plusieurs facteurs, comme l'a fort justement analysé la présidente de l'AVF: d'abord de notre prise de conscience de la condition animale grâce à la diffusion de vidéos filmées dans les abattoirs; ensuite du constat que du point de vue écologique notre modèle alimentaire actuel est insoutenable, ce qui implique la nécessité de diviser par deux notre consommation de viande; même du point de vue de la santé on observe une diminution des produits d'origine animale dans les recommandations nutritionnelles officielles. En 2016, une enquête réalisée par OpinionWay pour Terraeco révélait que 10% des français envisageaient de devenir végétariens, contre 3% en 2012. Des chiffres encourageant, même s'il ne faut pas oublier qu'il n'est pas aisé de changer dans les faits ses habitudes, d'autant que l'alimentation, comme dit plus haut, est un domaine extrêmement complexe, ce qui fait que, s'il est facile de changer de régime alimentaire pour certains, cela n'est pas le cas pour tout le monde. Ainsi, le but d'associations comme l'AVF n'est pas de culpabiliser les gens sur leur alimentation (même si dans d'autres approches la culpabilisation peut s'avérer envisageable !) mais de les guider autant que possible dans leur démarche pour rendre la transition moins difficile, les conseiller en terme de nutrition, de cuisine et de sociabilisation.

Benjamin Pavone - Climax 2017.
Benjamin Pavone - Climax 2017

UNE DISCUSSION QUI M'A LAISSEE SUR MA FAIM

Le message de la conférence était donc clair: moins de viande, plus de végétaux; et si viande, il vaut mieux dans ce cas privilégier une viande de qualité, produite dans des élevages à taille réduite dans lesquels le bien-être de l'animal est pris en compte, même si les filières agro-alimentaires ne sont pas adaptées à la production locale. Alors certes, qui dit viande de qualité dit payer plus cher, mais c'est quand même vachement mieux que d'opter pour les morceaux en barquettes plastifiées à prix dérisoire que l'on peut trouver en abondance dans les supermarchés. Il faut nous enlever de la tête que manger de la viande telle qu'on la trouve dans les grandes surfaces n'a aucun impact, bien qu'elle soit facile à produire. 

Sur ce point là, je suis tout à fait d'accord. Je suis également tout à fait d'accord sur le fond de la conférence, sa démarche et son message, à savoir que le végétarisme, si on y réfléchit bien, ne concerne pas les végétariens seuls, mais l'ensemble de la population: il n'est pas seulement question d'aimer la viande ou non, mais de se rendre compte de ce que notre alimentation implique, ce qui dépasse de loin le simple plaisir personnel.

Pourtant j'en suis ressortie un peu amère et déçue. Car selon moi, dire qu'il suffit de réduire sa consommation de viande pour réduire les problèmes que sa production engendre n'est pas suffisant: l'arrêter complètement serait bien plus bénéfique, à tout le monde et sur tous les points de vue. Ce n'est pas parce qu'on fait quelque chose de toxique moins souvent que cela ne l'est plus et que c'est moins grave, même si, numériquement, cela provoque moins de conséquences. Ensuite, parce que le fait de manger de la viande était présenté comme nécessaire à un régime équilibré, alors qu'il est démontré de plus en plus que ce n'est pas le cas; enfin, ce qui m'a le plus gênée, c'est la vision de l'animal sous-entendue: animal élevé vu comme une machine à fabriquer de la viande, comme s'il avait signé un contrat avec l'homme pour lui donner sa vie en échange du logis et du couvert, et, même s'il est élevé dans des conditions "décentes", cela pose un problème.

Mais ce problème était l'objet de la conférence du lendemain; celle-ci était axée sur l'environnement et les émissions de carbone, donc je comprends parfaitement que la question de l'éthique n'ait pas été prise en compte. Je ne vais pas pour autant cracher sur toutes les alternatives mises en place, ni sur les végétariens, ni sur qui que ce soit qui prend conscience de ces enjeux et qui contribue à faire avancer les choses: car, comme l'a très justement dit le co-fondateur de l'association L214 Sébastien Arsac, toute avancée et toute action contribuant à la cause animale est bonne à prendre, qu'elle soit welfariste ou plus radicale.

En attendant de se retrouver pour le prochain article sur la conférence du samedi matin, dites moi ce que vous avez pensé de celle-ci, si vous y étiez, et si l'article vous a plu...! Prenez soin de vous, et à bientôt !

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1 septembre 2017 5 01 /09 /septembre /2017 19:14
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  1. Sciences & Environnement

Réchauffement climatique: «Une catastrophe globale est garantie pour nos enfants»

  • Par Yohan Blavignat
  • Mis à jour
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En Espagne, la canicule a fait des ravages cet été.
En Espagne, la canicule a fait des ravages cet été. Crédits photo : VINCENT WEST/REUTERS

INTERVIEW - Matthieu Auzanneau est directeur du Shift Project, un think tank qui prône une transition vers une économie sans énergies fossiles. Il assure que «nous allons vers des événements climatiques de plus en plus extrêmes dans les prochaines années».

Alors que la tempête Harvey secoue actuellement le Texas et la Louisiane, Matthieu Auzanneau, directeur du think tank Shift Project, voit dans la multiplication de ces catastrophes la marque de l'activité humaine. Selon lui, l'humanité doit réduire d'urgence sa consommation d'énergies fossiles, et ses émissions de gaz à effet de serre, sous peine de voir ces phénomènes s'intensifier au fil des années.

LE FIGARO. - La multiplication des catastrophes naturelles est-elle le fruit du réchauffement climatique?

Matthieu Auzanneau. - Il y a eu, ces dernières années, une succession d'événements météorologiques qui apparaît comme compatible avec les modèles d'évolution du climat que proposent les climatologues. Ces derniers prévoient en effet des catastrophes plus intenses, et non plus fréquentes. C'est ce que nous observons actuellement avec Harvey. Vulgarisons le schéma à l'œuvre actuellement: il fait plus chaud, donc il y a plus de condensation des eaux des océans, donc il y a plus d'humidité. On analysait déjà cela pour l'ouragan Katerina en 2005. Concrètement, nous allons vers des événements climatiques de plus en plus extrêmes dans les prochaines années.

» Lire aussi - Inondations: la montée des océans, une bombe à retardement

Il y aura plus de pluie dans les régions tropicales, et il y aura de forts épisodes de sécheresse dans les régions désertiques, notamment dans le bassin méditerranéen et au Sahel où les étés seront plus chauds et plus secs. Là encore, nous assistons actuellement à une sécheresse record dans la Corne de l'Afrique. Là encore, les climatologues avaient prévu ces changements. Ils sont en train de se former, mais ils seront encore plus redoutables dans l'avenir.

L'activité humaine est-elle responsable de cette évolution?

Bien entendu. Au rythme actuel, l'évolution des émissions de gaz à effet de serre sera responsable d'un réchauffement à hauteur de 2°C d'ici à la fin du siècle. Il n'y a pas que cet aspect, pourtant, qui rentre en compte. La disparition des espèces marines à cause de la pêche industrielle et la raréfaction des espèces animales sauvages nous mettent également en danger. L'humanité est soumise à ces équilibres naturels, elle ne saurait s'en échapper. Le danger est de détruire les équilibres climatiques à l'œuvre car cela entraînerait irrémédiablement la destruction des équilibres humains que nous connaissons. En raison de la crise climatique, des guerres sont notamment à prévoir. Certaines ont déjà commencé.

Comment sera le monde d‘ici quelques années si le réchauffement climatique se poursuit?

On se dirige vers des catastrophes naturelles beaucoup plus tragiques. Concrètement, une catastrophe globale est garantie pour nos enfants. Ce sera cela notre héritage. Il est difficile de prédire avec précision ce qui arrivera, mais ce sera forcément tragique.

Peut-on encore inverser la tendance?

Nous devons agir rapidement. Au niveau mondial, les émissions de gaz à effet de serre doivent désormais diminuer de 5% par an. Nous devons nous sevrer des énergies fossiles car, si nous attendons encore, cette diminution devra atteindre 10% dans dix ans. Nous avons progressé depuis quelques années, mais pas assez vite. Se séparer des énergies fossiles, qui sont à la base de toute notre énergie, est un saut gigantesque à faire, mais il est indispensable. Si nous ne sautons pas, nous mourrons.

» Lire aussi - Ouragans, inondations, sécheresse... Le monde à l'épreuve du réchauffement climatique

Chaque année qui passe rend la tâche plus délicate. D'autant que nous savons aujourd'hui comment remplacer les énergies fossiles. Mais il manque encore un courage politique. Une voiture d'une tonne ne peut plus transporter seulement une personne de 60 ou 80 kg. Nous devons nous diriger vers un autre modèle de consommation. Là encore, les solutions existent, nous les connaissons.

Mais cette décision devra être prise parce que, à terme, l'humanité tout entière est menacée. Laissons-nous le choix de décider collectivement tant qu'on en a encore le temps. Après, il sera trop tard.

La France paraît relativement épargnée par les catastrophes naturelles, comparé aux États-Unis. Est-ce une réalité?

Notre pays est également touché par le réchauffement climatique. Il n'y a pas encore eu de catastrophes, mais des faits sont là. Mais ce sont des choses qui se passent à bas bruit. La végétation et la faune migrent de plus en plus au nord de l'Europe. Puis chaque été est plus chaud que le précédent, mais également de plus en plus pluvieux au nord du pays. Le climatologue Jean Jouzel a expliqué qu'on pourrait avoir des effusions caniculaires à plus de 50°C en France d'ici à 2050. Nous ne serons pas épargnés.

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2 août 2017 3 02 /08 /août /2017 19:56

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notre-planete.info

News | Environnement | Terre | Éco-citoyen | Nature | Services

www.notre-planete.info : environnement, écologie, nature et sciences de la Terre


Jour du dépassement 2017 : depuis le 2 août, l'humanité vit à crédit (vidéo)

218 lectures / 1 commentaireActualité mise à jour le 02 août 2017, 18 h 44

Terre-poids-humaniteCrédit : Peggy Marco / Pixabay - Licence : CC0

Selon le Global Footprint Network, le mercredi 2 août 2017, l'humanité a consommé l'ensemble des ressources que la planète peut renouveler en une année. Ce jour, qui arrive de plus en plus tôt dans le calendrier, est celui de l'Earth overshoot day – le Jour du dépassement de la Terre en français.

Chaque année, l'ONG canadienne Global Footprint Network détermine le jour à partir duquel l'humanité vit au-delà de son "budget écologique". Ce "jour du dépassement" ou Earth overshoot day en anglais, symbolise le moment où l'humanité a épuisé les capacités régénératrices de la Terre : du stockage du CO2, de l'absorption des pollutions et déchets à la production de matières premières pour la nourriture. A partir de ce jour, nous subvenons à nos besoins en entamant le capital naturel de notre planète via l'extraction de ressources qui ne sont pas renouvelables, la génération de déchets et l'émission de dioxyde de carbone (gaz à effet de serre) qui s'accumule dans l'atmosphère sans être absorbés par les écosystèmes.

Respectée et bien gérée, notre planète nous offre tout ce dont nous avons besoin pour vivre sans compromettre nos ressources naturelles et nos milieux mais lorsque la demande dépasse cette offre, nous atteignons alors le "jour du dépassement" : l'humanité dilapide alors les ressources naturelles plus vite qu'elles ne peuvent se régénérer. A partir d'aujourd'hui, nous vivons donc sur une dette qui s'accumule d'année en année.

Outre ce jour symbolique, celui-ci arrive de plus en plus tôt, année après année, sur le calendrier :

  • En 1960, l'Humanité consommait seulement la moitié de la capacité régénératrice de la Terre (biocapacité).
  • En 1987, la biocapacité de la Terre est dépassée. Depuis, la consommation mondiale en ressources ne cesse de s'amoindrir.
  • En 1997, l'Earth overshoot day était fixé à fin septembre.
  • En 2000, le jour du dépassement était le 1er octobre.
  • En 2010, il tombait le 21 août.
  • En 2016, la biocapacité de la Terre était dépassée dès le 8 août.
  • En 2017, c'est le 2 août...

2 août 2017 : le jour du dépassement

Cela signifie qu'en sept mois, nous avons émis plus de carbone que ce que les océans et les forêts ne pouvaient absorber en un an, nous avons pêché plus de poissons, coupé plus d'arbres, fait plus de récoltes que ce que la Terre pouvait produire sur cette même période. Pour subvenir à nos besoins, nous avons aujourd'hui besoin de l'équivalent de 1,7 planète.

Le coût de cette surconsommation est déjà visible : pénuries en eau, désertification, érosion des sols, chute de la productivité agricole et des stocks de poissons, déforestation, disparition des espèces. Or, vivre à crédit ne peut être que provisoire parce que la nature n'est pas un gisement dans lequel nous pouvons puiser indéfiniment.

« Notre planète est limitée, mais les possibilités humaines ne le+ sont pas. Vivre selon les moyens que nous accordent notre planète est technologiquement possible, financièrement bénéfique et notre seule chance pour un avenir prospère. Tout l'enjeu est de faire reculer la date de la Journée du dépassement mondial. L'empreinte carbone de l'humanité a plus que doublé depuis le début des années 1970 et reste le moteur le plus puissant creusant l'écart entre l'empreinte écologique et la biocapacité de la planète. » a déclaré Mathis Wackernagel, PDG du Global Footprint Network.

Les pays qui consomment le plus de ressources

 

combien-planete-pays-2017Combien faudrait-il de planètes si tout le monde vivait comme... ? Podium des pays dont les habitants ont la plus forte empreinte écologique
© WWF / Global Footprint Network - Licence : Tous droits réservés

 

La France, souvent citée comme exemple - plutôt par ses propres dirigeants - en matière d'écologie, est loin du compte : si tout les être humains vivaient comme les Français, il faudrait 3 planètes comme la Terre pour soutenir les besoins de la population mondiale. La France est en situation de déficit écologique et le 7e pays ayant l'empreinte écologique la plus forte sur Terre.

C'est la Chine qui détient le record mondial de l'empreinte écologique totale mais l'Australie si elle est rapportée à l'habitant.

Que pouvons-nous y faire ?

Le principal levier d'action concerne nos émissions de gaz à effet de serre qui représentent à elles-seules 60% de notre empreinte écologique mondiale. Si il semble maintenant illusoire de maintenir la hausse de la température planétaire en-dessous de 2°C d'ici la fin du siècle - objectif inscrit dans l'Accord de Paris - cela ne doit pas nous empêcher d'agir pour éviter un scénario encore bien plus dramatique.

Les solutions ne manquent pas et sont connues depuis des décennies à tous les niveaux : des décideurs, aux entreprises jusqu'aux citoyens en passant par les collectivités territoriales.

Notre dossier sur les gestes éco-citoyens est une très bonne base pour commencer à vivre mieux, en dépensant moins et en respectant davantage notre environnement.

Limiter notre empreinte écologique implique aussi de limiter notre empreinte alimentaire. Pour cela, il est indispensable de stopper la déforestation, de diminuer notre consommation de viande ou encore de lutter contre le gaspillage alimentaire et les pertes de récolte (30% de la production mondiale est ainsi perdue chaque année).

La fatalité n'existe pas, à nous d'oeuvrer pour éveiller la conscience collective sur les défis environnementaux.

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9 juillet 2017 7 09 /07 /juillet /2017 18:52

« Plan climat : ambitieuse, la France vise la neutralité carbone d'ici à 2050 | Page d'accueil | Les 10 livres verts à glisser dans votre valise d'été »

08/07/2017

Réchauffement climatique: et cet iceberg géant qui finit de se détacher en Antarctique...

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Un iceberg géant se détache en Antarctique. Photo AFP

On vous en parle depuis plus d'un mois. L'iceberg géant, l’un des plus gros jamais vus, qui se détache de l'Antarctique, au pôle sud, n’est désormais plus relié au continent que sur cinq kilomètres, a indiqué ce mercredi 5 juillet l’Agence spatiale européenne (ESA) qui surveille l’évolution de ce très, très, très gros glaçon. Le "vêlage" de l'iceberg, comme on dit, n'est plus pour dans très longtemps : la banquise va bientôt accoucher d'un bloc de glace vraiment hors norme. 

Plus que 5 km 

Le 1er juin, il ne restait plus que 13 km avant que ce morceau de banquise de plus de 5 000 km2, soit 50 fois la superficie de Paris, ne se détache, selon les scientifiques. La crevasse qui fissure un énorme pan de glace attaché à l’ouest du continent Antarctique « mesure maintenant environ 200 km de long, ne laissant que 5 km entre la fin de la fissure et l’océan », précise l’ESA dans un communiqué. L'agence utilise des informations fournies par le satellite CryoSat, qui lui ont permis d'établir « la hauteur de la glace au-dessus de l’océan et calculé que l’iceberg final aura une épaisseur d’environ 190 mètres et contiendra quelque 1 155 kilomètres cubes de glace », explique Noel Gourmelen, de l’Université d’Edimbourg. « Nous avons aussi estimé que la profondeur sous le niveau de la mer pourrait atteindre 210 mètres », ajoute-t-il. 

L'équivalent de la Charente-Maritime

Des icebergs se détachent en permanence de l’Antarctique mais celui-ci, d’une surface désormais estimée par les scientifiques à 6 600 km2 (presque l'équivalent de la superficie du département de la Charente-Maritime), est particulièrement gros et doit être surveillé car il pourrait être dangereux pour la circulation maritime, souligne l’ESA.

Pas de scénario catastrophe en vue (dans l'immédiat)

La montée des eaux marines ne va pas trinquer ce coup-ci. Pour couper court aux fantasmes dignes du scénario du film catastrophe "Le Jour d'après", une fois libéré, l’iceberg n’aura pas d’impact sur le niveau des océans car il flotte déjà sur l’eau. Mais il fait partie d’une gigantesque barrière de glace, baptisée « Larsen C », qui au final pourrait suivre l’exemple de Larsen B, une autre barrière de glace qui s’était désintégrée de façon spectaculaire en 2002 au terme du même processus. Une troisième plateforme glaciaire, Larsen A, avait, elle, disparu en 1995. Mais l’Esa surveille attentivement l’évolution de Larsen C avec ses satellites CryoSat et Copernicus : ce bout de banquise retient des glaciers capables, eux, de faire gagner 10 cm aux mers du monde s’ils finissaient par se trouver à terme exposés à l’océan Antarctique, préviennent les chercheurs. 

La formation des icebergs est un processus naturel : chacun a en mémoire le naufrage du Titanic, lors de son voyage inaugural de Southampton à New York. Dans la nuit du 14 au 15 avril 1912, le plus grand paquebot du monde, réputé insubmersible, avait heurté un iceberg dérivant dans l'hémisphère nord. Le réchauffement de l’air comme des océans contribue cependant à accélérer et à aggraver le phénomène, soulignent les scientifiques.

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6 juillet 2017 4 06 /07 /juillet /2017 17:28

Dans un entretien récent avec la BBC, le célèbre scientifique britannique Stephen Hawking est revenu sur la décision du président américain Donald Trump de se retirer de l’accord de Paris.

Le physicien légendaire Stephen Hawking célébrait il y a quelques jours ses 75 ans. Une conférence fut tenue en son honneur cette semaine à l’Université de Cambridge, au Royaume-Uni. Durant cet événement, le chercheur s’est notamment entretenu avec la BBC, partageant sa grave déception et son inquiétude face à la décision prise par le président américain de se retirer de l’accord de Paris signé en 2015. « Nous sommes proches du moment critique où le réchauffement climatique va devenir irréversible », a-t-il déclaré. « La politique de Trump pourrait pousser notre planète dans le gouffre, faisant d’elle une seconde Vénus, avec une température de 250 °C [la température de Vénus est de 460 °C] et des pluies d’acide sulfurique ».

 

Le physicien est ici clairement hyperbolique, mais le but est de toucher le public sur les conséquences désastreuses d’un tel dérèglement sur les générations futures. Dans son élan, il ajoute que le réchauffement de la Terre est à ce jour « l’un des plus grands dangers auxquels nous faisons face, un danger que nous pouvons éviter en agissant maintenant. En niant les évidences du changement climatique et se retirant de l’accord de Paris, Donald Trump va causer des dommages évitables à notre belle planète », a-t-il poursuivi. Ce n’est pas la première fois que le physicien critique le président américain. Suite à son élection en mars dernier, Hawking avait déclaré qu’avec le Brexit et Trump, nous assistions « à une révolte mondiale contre les experts ».

Lors de l’entrevue, Stephen Hawking a donc estimé que les jours des humains sur la Terre sont comptés : « Le meilleur espoir pour la survie de l’espèce humaine pourrait bien être des colonies indépendantes dans l’espace ». Les estimations récentes donnent raison au physicien. Il y a quelques jours, une étude révélait qu’un écart de seulement 0,5 °C suffirait à faire la différence, entraînant de plus en plus de vagues de chaleur meurtrières et de nombreux épisodes pluvieux.

Pour celles et ceux qui acceptent la réalité du consensus scientifique sur le changement climatique, le but est maintenant de trouver la meilleure façon d’atténuer tous ces effets. De son côté, Stephen Hawking est quant à lui convaincu que « les humains devront quitter la Terre ». La NASA, le Japon ou encore la Chine travaillent d’ailleurs en ce sens en prévoyant d’ores et déjà de nouvelles missions lunaires, un tremplin pour de futures missions martiennes.

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29 juin 2017 4 29 /06 /juin /2017 21:35

Températures durant la période 2012-2016. L'échelle indique les variations enregistrées par rapport à la température moyenne du globe ((NASA/Goddard Space Flight Center Scientific Visualization Studio) )

Un groupe de scientifiques et dirigeants sonne l'alerte : nous n'aurions plus que jusqu'en 2020 pour réduire les émissions de gaz à effet de serre si l'on veut espérer atteindre les objectifs de l'accord de Paris.

 

Quelles que soient les bonnes intentions affichées par la quasi totalité de la planète lors de la COP21, l'accord de Paris sur le climat semble avoir du plomb dans l'aile, et pas seulement à cause du retrait des Etats-Unis décidé par le président Trump. Espérer contenir l'augmentation globale des températures à 1,5° par rapport à la moyenne de l'ère pré-industrielle est déjà un objectif difficile. L'accord de Paris vise pourtant cet objectif, et a minima voudrait maintenir cette hausse "nettement en dessous de 2°".

Certains ne croient pas que cela soit faisable, sauf à prendre des mesures drastiques, et pensent que la cible des 2° serait de la science-fiction si l'on se contentait de ce qui est suggéré par l'accord de Paris, et qu'il faudrait se préparer à un monde difficile approchant les +3° à la fin du siècle.

Aujourd'hui, c'est un groupe de décideurs et de scientifiques, emmenés par Christiana Figueres, vice-présidente de la Convention mondiale des maires pour le climat et l'énergie, qui alerte la communauté internationale dans un article publié par "Nature".

Les auteurs ont été rejoints par de nombreux signataires du monde politique, universitaire, mais aussi économique.  Ils affirment que nous n'avons plus que trois ans pour infléchir nos émissions de gaz à effet de serre. Si ces émissions continuaient à augmenter, ou même restaient stables en 2020, il serait alors impossible d'atteindre les objectifs de la COP21. Pourtant, les auteurs de cet appel pensent qu'il est encore possible d'y parvenir... à condition de faire chuter nos émissions d'ici 2020.

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Six mesures à prendre d'urgence

Pour réussir, six grands objectifs ont été définis :

1- Faire monter le pourcentage d'énergies renouvelables à au moins 30% de la production d'électricité mondiale, ne plus autoriser de centrales à charbon après 2020 et fermer celles qui existent encore.

2- Décarboner les immeubles et les infrastructures dans les villes et les états d'ici 2050. Cela signifie entre autres que les villes fassent passer au moins 3% de leurs bâtiments par an à un mode proche de zéro émissions.

3- Porter à au moins 15% la part des véhicules électriques dans les ventes de véhicules neufs, doubler l'utilisation des transports en commun dans les villes, passer à 20% le rendement du carburant des poids lourds et diminuer de 20% les émissions de gaz par kilomètre parcouru pour les avions.

4- Réduire la destruction des forêts et s'engager dans la reforestation. Les émissions actuelles provenant de la déforestation et du changement d'usage des terres ainsi déboisées représentent 12% des émissions annuelles globales. Les réduire à zéro et replanter des arbres, cela veut dire non seulement arrêter les émissions, mais aussi créer des "puits à carbone" (les forêts) pour absorber une partie du gaz carbonique de l'atmosphère. Des pratiques d'agriculture durables sont également recommandées.

5- Accroître l'efficacité énergétique et diviser par deux les émissions de l'industrie avant 2050. Les industries lourdes (aciéries, cimenteries, usines chimiques, pétrole, gaz...) représenteraient en effet plus du cinquième des émissions mondiales de gaz carbonique.

6- Le monde de la finance doit lui aussi faire des efforts. Il doit pouvoir mobiliser mille milliards par an pour les actions en faveur du climat. Les gouvernements et les banques doivent émettre davantage de "green bonds" (les obligations vertes).

"Impossible n'est pas un fait, c'est une attitude"

"Utiliser la science pour guider les décisions et définir les objectifs," c'est un principe qui hérissera probablement Donald Trump, mais c'est la méthode indispensable pour réussir à combattre le changement climatique. "Les politiques et les actions doivent être basées sur des faits solides," assurent les auteurs. On est loin des "faits alternatifs"...

Ils citent d'ailleurs en exemple la campagne de communication d'Emmanuel Macron, "Make our planet great again" : "Il a parlé au grand public pour soutenir les scientifiques et invité des chercheurs à venir en France pour aider à accélérer les actions en faveur des accords de Paris." Un exemple qui serait à suivre le plus largement possible pour informer la société en général, mais aussi le monde économique des enjeux du changement climatique.

Macron répond à Trump sur le climat : "Make our planet great again"

Les auteurs et signataires souhaitent également que les solutions existantes soient démultipliées. "Tous les pays devraient adopter des plans pour arriver à 100% de production d'énergies renouvelables", affirment-ils.

Enfin, ce groupe de scientifiques et de décideurs veut "encourager l'optimisme," car pour eux "impossible n'est pas un fait, c'est une attitude". En partageant les solutions qui marchent, on devrait pouvoir les répandre et arriver à des résultats tout en se dotant d'objectifs ambitieux.

A la veille du G20, qui se tient à Hambourg les 7 et 8 juillet, les signataires ont également lancé une "campagne collaborative" pour faire baisser les émissions

La bonne nouvelle : les émissions stagnent

Les signataires de l'appel notent tout de même un point positif : "les émissions de gaz à effet de serre se sont déjà séparées de la production et de la consommation", assurent-ils. Lors des trois dernières années, la production des gaz issus des combustibles fossiles a stagné, ce qui ne s'était produit que trois fois auparavant : au début des années 80, en 1992 et en 2009. Les trois fois, c'était lié à des difficultés économiques. Mais pour la stagnation actuelle, au contraire, "le PIB des principales nations développées et en voie de développement a augmenté d'au moins 3,1% par an". Il est donc possible de réduire les gaz à effet de serre sans pénaliser l'économie...

Mieux encore, c'est l'économie elle-même qui peut être l'un des moteurs de ce changement. "Nous sommes à un point où nous sommes propulsés en avant par l'attraction du marché et non par la poussée de l'idéologie," affirme Christiana Figueres. "Nous avons enfin réalisé que ce n'est pas une situation où, soit l'on fait croître l'économie, soit on protège l'environnement. Nous pouvons créer des emplois, recréer des communautés qui ont perdu des emplois (...), et en faisant cela, résoudre le problème du changement climatique."

"Il n'y a pas d'emplois sur une planète morte," déclare Sharan Burrow, secrétaire générale de la confédération syndicale internationale. Pour elle, la lutte contre le changement climatique "créera des emplois, et créera l'espoir."

1,5° ou 2°, quelle différence ?

On pourrait croire qu'atteindre des niveaux supérieurs à ceux prévus par l'accord de Paris n'est pas si grave que ça, après tout, "nettement en dessous de 2°", c'est assez vague et dans une logique purement "économique" on pourrait se contenter d'un succès modéré. Pourtant, une telle analyse serait loin de la réalité.

L'an dernier, une étude européenne publiée dans le "Journal of Earth System Dynamics" illustrait la différence que représenterait ce petit 0,5 degré. Par exemple, on assisterait à davantage de canicules mortelles, l'influence sur les récoltes seraient bien plus importante, les régions du monde où l'accès à l'eau potable est difficile deviendraient beaucoup plus nombreuses, et cela pourrait représenter la différence entre la vie et la mort pour de nombreux récifs coralliens.

"La différence entre 1,5 et 2°C marque la transition entre la limite haute de la variabilité d'aujourd'hui et un nouveau régime climatique en matière d'extrêmes de chaleur de manière globale," expliquent les auteurs de cette dernière étude. Ce qui veut dire que les canicules d'aujourd'hui pourraient sembler fraîches en comparaison de ce qui nous attendrait.

Rappelons que nous sommes déjà autour des 1° d'augmentation par rapport au 19e siècle, et qu'on en voit déjà les effets.

Pourquoi 3 ans seulement ?

Pour en arriver à ce chiffre en apparence arbitraire, les signataires de l'article de "Nature" ont effectué des calculs de "budget carbone", évaluant combien d'émissions supplémentaires correspondraient à une augmentation de température donnée. Pour rester au-dessous des 1,5°, ces émissions seraient de 150 gigatonnes et pour se maintenir sous les 2°, dans les 1.500 gigatonnes. Au rythme actuel de 41 gigatonnes par an, on dépasserait la première limite avant 4 ans. Pire, en seulement 15 ans on serait presque à la moitié des quantités nécessaires pour atteindre les fameux 2°. Dans les deux cas, l'accord de Paris est dans le rouge.

C'est pourquoi tous ceux qui soutiennent cet avertissement estiment non seulement que le changement est possible, mais qu'il est souhaitable.

"Nous avons deux voies devant nous" explique Christiana Figueres. "La première, c'est une attaque sur les droits de l'homme, l'accroissement des inégalités et de la pauvreté. L'autre voie mène à des créations d'emplois, à la stabilité, à l'amélioration de la qualité de vie. Nous n'avons pas le choix, nous devons nous occuper du changement climatique, avec tous les bénéfices que cela représente. Il n'est ni logique ni moral de comparer ces deux voies. "

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11 juin 2017 7 11 /06 /juin /2017 20:56

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Le pic pétrolier dépendra de la demande

Nous n’aurons pas de pénurie de charbon ou de pétrole. Car nous passerons à autre chose.

Par Nick Hubble.

À présent nous savons que le peak oil ne se produira jamais. Du moins, pas de la façon dont on s’y attendait.

Peut-on imaginer les hommes de l’Âge de pierre s’inquiéter de manquer de pierres pour fabriquer leurs outils ? Ou les tribus de l’Âge de bronze discutant de ce qui se passerait une fois que tout le bronze serait fondu ? Les civilisations de l’Âge de fer se sont-elles inquiétées de la manière d’aborder le « pic ferreux » ? Ont-elles subventionné des outils moins efficaces fabriqués à partir de bois durable et renouvelable ?

Pures fariboles que tout cela – quoique…

En réalité, ce qui est arrivé, c’est que nous avons progressé. À chaque fois, nous avons trouvé quelque chose de mieux. Toute difficulté à se procurer la bonne pierre, le bronze adéquat ou le fer approprié nous a aidés à progresser, en encourageant les efforts de recherche et de développement. Probablement sur fond de découvertes fortuites ou à coup d’essais et d’erreurs.

On peut observer aujourd’hui le même phénomène dans le domaine pétrolier. Chaque fois que les prix augmentent fortement, une technologie alternative se développe. Au final, le pétrole provoquera le pic sur lequel il s’empalera lui-même. Une autre source d’énergie deviendra soudainement plus forte, plus efficace, plus propre, plus facile à utiliser et surtout moins chère.

Il semble que nous atteindrons ce point de basculement très bientôt. J’y reviendrai plus loin.

Ce qu’il faut comprendre, c’est que le pic pétrolier sera un phénomène déterminé par la demande. Tout comme nous n’avons pas connu de pénurie de pierres à l’Âge de pierre, de bronze à l’Âge de bronze ou de fer à l’Âge de fer, nous n’aurons pas de pénurie de charbon ou de pétrole. Nous passerons à autre chose.

C’est la phase de transition qui est intéressante. C’est là que, en tant qu’investisseur, vous pouvez vous positionner pour tirer le plus grand bénéfice. Une seule règle d’or : ne vous fiez pas à l’État pour vous conseiller…

La catastrophe du diesel

Car des gouvernements ont gâché l’élan des progrès de l’humanité. De l’éthanol au diesel, dès que l’État s’implique dans le processus, c’est la catastrophe.

Je n’étais pas au courant du cataclysme écologique que représente le diesel jusqu’à aujourd’hui. Il était masqué sous toutes les infos sur le scandale des émissions de Volkswagen qui ont fait les gros titres des journaux.

L’État ayant incité l’achat de voitures diesel par une réduction d’impôts, a par la suite découvert que ces voitures ont en réalité un échappement plus polluant que celui des voitures à essence. Quelqu’un aurait quand même pu vérifier ce point avant d’encourager l’achat de voitures diesel. Mais qui voudrait barrer la route à une bonne initiative politique ?

L’organisation de protection de l’environnement ClientEarth a intenté un procès au gouvernement britannique pour les dégâts qu’il porte à l’environnement avec ses politiques favorisant le diesel. Je n’ai pas pu trouver de trace que le gouvernement ait soutenu la réduction d’impôts en faveur du diesel afin de réduire les émissions de CO2 au départ, mais il l’a probablement fait.

En tous les cas, la Haute Cour de justice de Londres a statué que les plans pour la qualité de l’air au Royaume-Uni sont si médiocres qu’ils ne se conformaient pas à la réglementation de l’UE, qui exige des gouvernements de mettre en œuvre des mesures adéquates. Voici ma partie préférée de la décision du Juge Garnham sur la manière d’interpréter la loi européenne :

Je récuse toute allusion au fait que l’État puisse accorder de l’importance au coût.

Voilà une autre bonne raison de quitter l’UE !

Il semble donc que le pétrole et ses dérivés comme le gaz vont être dans le collimateur du gouvernement. Cela fera monter leur coût, ce qui convient aux compagnies pétrolières. Mais leur bonne fortune touche à sa fin car des coûts plus élevés font entrer les alternatives dans le domaine du possible.

Imaginez que vous soyez un investisseur dans le bronze à la fin de l’Âge de pierre ; ou un investisseur dans le minerai de fer à la fin de l’Âge de Bronze ; ou que vous ayez acheté des actions pétrolières avant que Churchill n’ordonne que la Royal Navy ne passe du charbon au mazout, avant la Première Guerre mondiale.

Grâce à vos ancêtres, vous seriez probablement encore en train de mener la grande vie. Ce qui soulève la question : qu’est-ce qui viendra après le pétrole ?

Le diesel blanc et l’Âge de l’électricité

Le diesel blanc ?

C’est la matière première qui alimentera le prochain âge énergétique – l’Âge de l’électricité.

Le défi de l’Âge de l’électricité n’est pas la production d’électricité mais sa distribution et son stockage : comment amener l’électricité d’une centrale pour faire tourner une roue ou charger un téléphone lorsqu’on en a besoin ? Nos technologies actuelles pour les infrastructures et les batteries ne sont pas assez efficaces.

La technologie des infrastructures peine encore à décoller. Mais la technologie des batteries progresse, et c’est là que se trouve votre opportunité d’investissement.

Un économiste futuriste de Stanford et un investisseur dans les technologies basés à Londres ont créé le think tank ReThink X, qui a récemment publié ses prévisions sur l’industrie automobile aux États-Unis. Et ça décoiffe !

Les économistes considèrent que les transports deviendront un service. Au départ, le phénomène se situe dans la location de courte durée comme Uber. Puis, avec l’apparition des voitures électriques sans chauffeur, la tendance s’accélérera fortement. Le coût sera quatre à 10 fois moins cher par kilomètre grâce à des taux d’utilisation beaucoup plus élevés des véhicules, à des coûts de maintenance et de l’énergie plus bas. Dix ans après l’autorisation des véhicules autonomes, 95% des kilomètres parcourus par les voyageurs devraient se faire avec de telles voitures.

Tout ceci détruira le secteur pétrolier tel que nous le connaissons. Selon le rapport de ReThink X :

Il y aura moins de voitures qui parcourront plus de kilomètres, le nombre de véhicules pour particuliers sur les routes américaines chutera de 247 millions à 44 millions. Cela ouvrira de grands espaces pour d’autres usages, plus productifs. Près de 100 millions de véhicules existants seront abandonnés car ils deviendront économiquement non viables.

La demande en véhicules neufs chutera : le nombre de voitures et de camions fabriqués chaque année chutera de 70%. […]

La chaîne de valeur des transports fournira 10 000 milliards de kilomètres parcourus par l’ensemble des voyageurs en 2030 (une augmentation de 50% d’ici 2021) pour un quart du coût actuel (393 Mds$ contre 1 481 Mds$).

La demande de pétrole atteindra son apogée à 100 millions de barils par jour d’ici 2020, et chutera à 70 millions de barils par jour d’ici 2030.[…] Cela aura un effet catastrophique sur l’industrie du pétrole avec l’effondrement des prix (avec un coût d’équilibre de 25,4 $ par baril). […]

De quoi ont besoin tous ces véhicules électriques autonomes pour fonctionner ? De batteries remplies de diesel blanc, c’est-à-dire de lithium.

ReThink X pense que le lithium est assez important pour être mentionné dans sa synthèse de rapport :

La géopolitique du lithium et d’autres minéraux essentiels pour les Véhicules Électriques Autonomes est totalement différente de celle du pétrole. Il n’y aura pas « d’Arabie Saoudite du lithium. » Le lithium est une matière première solide, tandis que le pétrole est un fluide. Une perturbation dans la production de lithium n’aura pas d’effet sur sa distribution.

Imaginez le Moyen-Orient sans l’argent du pétrole. Ou l’indépendance de l’Écosse sans l’argent du pétrole. Comment les États américains du pétrole de schiste vont-ils s’en sortir ? Qu’adviendra-t-il de la mainmise de la Russie sur l’Europe orientale si celle-ci n’a plus besoin du gaz russe ?

Bienvenue dans l’Âge de l’électricité.

Pour plus d’informations de ce genre, c’est ici.

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11 juin 2017 7 11 /06 /juin /2017 16:06

Une vidéo époustouflante nous montre comment le réchauffement climatique pourrait inonder New York !

Par Marine B. il y a 1 jour
 
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New York les pieds dans l'eau ? C'est possible ! Deux voyageurs ont imaginé ce qui pourrait se passer dans le futur si nous ne faisions rien pour limiter notre pollution. À l’aide d'une vidéo utlra réaliste découvrez la grosse Pomme inondée.

Le réchauffement climatique fait de plus en plus de ravages. Celui-ci entraîne notamment la fonte des glaces et l’augmentation du niveau de l’eau partout sur notre planète. Comme le Japon, de nombreuses îles sont menacées. Deux voyageurs aguerris, Claire et Maxime, se sont intéressés à ce phénomène et ont voulu mesurer son impact sur la ville de New York.

Crédit photo : menilmonde

Après s’être inspirés de différentes études scientifiques, très sérieuses, menées sur plusieurs mois (celle de la GIEC, organisme intergouvernemental constitué d’experts sur l’évolution du climat, et celle de James Hansen) et s’être intéressés à la conséquence des différents ouragans sur notre planète, Claire et Maxime en ont déduit que New York se ferait envahir par les eaux d’ici 60 à 80 ans. Un enfant âgé de 5 ans aujourd'hui pourrait donc vivre cette inondation !

Pour nous sensibiliser face à cette prévision, les jeunes blogueurs de Menilmonde ont imaginé une simulation sous format vidéo nous montrant la conséquence du réchauffement climatique sur New York : les eaux envahissent la ville. Découvrez ce phénomène inquiétant dans « two°C » :

La vidéo vraiment réaliste nous prouve à quel point notre Terre est menacée. Cette simulation n’a rien de rassurant, c’est "un message d’alerte par rapport au réchauffement climatique" comme le disent les deux Français sur leur blog. Elle nous invite à réagir afin de s’assurer que ce présage funeste ne se réalise pas. En plus, New York ne serait pas la seule ville touchée ! D’autres mégalopoles pourraient connaître le même sort. Ainsi, pour ne voir notre monde sombrer sous les eaux nous devons réagir et protéger notre planète.

L’idée de créer cette vidéo leur est venue après avoir vu le travail d’ArtefactoryLab et leur Paris inondée. Pour réaliser leur vidéo et l’eau dedans, ils ont utilisé la 3D grâce au logiciel 3DS Max. Ils ont supprimé les personnes présentes lors de leur tournage grâce à Photoshop. L’eau est si bien faite... On dirait qu’elle a été réalisée par effets spéciaux dans un grand studio hollywoodien. Pourtant, toutes leurs images ont été prises de en mars 2016 et février 2017 avec un GH4 (appareil photo Panasonic). Le résultat est vraiment bluffant !

SI nous devions retenir une chose de cette vidéo c’est qu’il faut agir !

« C’est une triste chose de penser que la nature parle et que le genre humain n’écoute pas ».
Victor Hugo

 
Source : Menilmonde
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11 juin 2017 7 11 /06 /juin /2017 15:37

Environnement

M. Hulot, pour lutter contre les énergies fossiles, changez la politique énergétique !

Monsieur le Ministre, il serait temps de prendre acte de l’échec de la politique de lutte contre la consommation d’énergies fossiles et le réchauffement climatique fondée sur le développement subventionné des productions éolienne et photovoltaïque.

Par Michel Gay et Hervé Nifenecker.

Monsieur Nicolas Hulot, vous êtes célèbre notamment pour vos mises en garde contre le réchauffement climatique et vous venez d’être nommé ministre de la Transition écologique et solidaire. Vous serez donc directement impliqué dans l’évolution de la politique énergétique du nouveau gouvernement.

Le résultat du Grenelle de l’environnement

La tenue du Grenelle de l’environnement en septembre 2007 a entériné le lancement d’un grand programme de production d’électricité éolienne et photovoltaïque, tandis qu’était affirmée la nécessité de réduire nos rejets de gaz à effet de serre.

Cette politique pérennisée par le vote de la Loi pour la Transition Énergétique pour la Croissance Verte (LTECV) a conduit au développement spectaculaire des installations éoliennes et photovoltaïques dont la production totale approchait 32 térawattheures1 (TWh) en 2016, soit moins de 5% de la production nationale (550 TWh).

Ce vaste programme a été financé par une taxe parafiscale appelée CSPE (contribution au service public de l’électricité) prélevée sur les consommateurs. Ces recettes, dont le cumul avoisinait 18 milliards d’euros (Md€) en 2016 (voir figure ci-dessous), ont été utilisées principalement pour le développement des éoliennes et des panneaux photovoltaïques.

Cumul des recettes de la CSPE correspondant au financement des productions éolienne et photovoltaïque2.

Un bénéfice pour les citoyens ?

À l’exception des entreprises qui construisent et exploitent ces installations en profitant de la manne des subventions publiques, cet énorme investissement a-t-il été bénéfique aux citoyens ?

Il a alourdi la facture du consommateur d’électricité de près de 20%. Mais a-t-il au moins permis de diminuer les émissions de CO2 ?

Les émissions de gaz à effet de serre des centrales électriques à charbon, à gaz ou au fioul sont passées de 37,5 millions de tonnes de CO2 (MtCO2) en 2008 à 31,4 MtCO2 en 2013. En étant optimiste, cette diminution de 6,1 MtCO2 peut-être attribué au développement des productions éolienne et photovoltaïque.

En supposant l’arrêt des investissements dans les énergies renouvelables, la CSPE serait stabilisée à sa valeur de 2016, soit 3,9 milliards d’euros par an pendant les 20 ans d’obligation d’achat par contrat. Le coût du CO2 évitée approche les 700 €/tonne. Actuellement le coût du CO2 sur le marché européen est d’environ de 10 €/tonne…

Même en l’absence de signature de nouveaux contrats, les engagements en faveur des exploitants de ces parcs éoliens et photovoltaïques vont jusqu’en 2036, et portent sur un montant total de près de 90 Md€.

Un programme d’investissement inefficace et ruineux

Le programme d’investissement dans les énergies renouvelables intermittentes apparaît donc comme un moyen inefficace et ruineux pour réduire les émissions de CO2 dans le contexte français où l’électricité est peu carbonée.

N’aurait-il pas été plus efficace et judicieux d’utiliser ces 18 milliards d’euros à d’autres actions susceptibles de diminuer davantage nos émissions de CO2 ?

Cette somme gigantesque aurait permis de subventionner l’achat de plus d’un million de voitures électriques (15000 € par véhicule). Le coût du CO2 évité aurait été de l’ordre de 130 €/tonne3.

La rénovation thermique des 2 millions de logements les plus énergivores (sur les 35 millions de logement en France) pourrait économiser annuellement 20 MWh d’origine fossile par logement4, soit un total de 40 TWh, et éviter l’émission de 5 MtCO2. En supposant un amortissement de l’investissement sur 20 ans, le coût du CO2 évité serait d’environ 190 €/tonne.

Réorienter les énergies alternatives

Pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre, il serait donc plus logique et efficace de réorienter les sommes affectées à l’éolien et au photovoltaïque vers la rénovation thermique ou le transport électrique.

Si la dénonciation des contrats déjà engagés paraît difficile, l’intérêt général commande de mettre fin rapidement à l’obligation d’achat et aux subventions diverses pour les nouvelles constructions d’éoliennes et de parcs photovoltaïques.

La LTECV envisage de remplacer le tiers de la production nucléaire par celle, intermittente, issue d’éoliennes et de panneaux photovoltaïques. Il faudrait alors quadrupler l’actuelle production ce qui conduirait à un quadruplement de la CSPE, et au doublement de la facture électrique des Français. La CSPE atteindrait donc entre 15 et 20 Md€ par an, soit un engagement grimpant à près de 400 Md€ sur 20 ans !

Monsieur le Ministre, il serait temps de prendre acte de l’échec de la politique de lutte contre la consommation d’énergies fossiles et le réchauffement climatique fondée sur le développement artificiellement prioritaire et subventionné des productions éolienne et photovoltaïque.

Soutenir une nouvelle politique axée sur la production d’électricité nucléaire, les transports et la rénovation thermique pour réduire la consommation d’énergies fossiles et les sources de gaz à effet de serre en France serait une œuvre salutaire.

 

 
  1. Une telle puissance installée en nucléaire produirait 150 TWh, avec un facteur de charge bien supérieur. ↩
  2. Données obtenues sur le site de la Commission de Régulation de l’Energie (CRE) http://www.cre.fr/documents/deliberations/(text)/CSPE. ↩
  3. Calcul effectué pour des émissions des moteurs thermiques de 150g/km et un usage total du véhicule de 200 000 km. ↩
  4. Voir scénario Négatep (http://www.sauvonsleclimat.org/images/articles/pdf_files/best_of/negatep%202014.pdf). ↩
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