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22 mai 2017 1 22 /05 /mai /2017 16:10
 
La Réserve mondiale de semences

L’Arche de Noé végétale victime du réchauffement climatique?

© Photo. capture d'écran: Youtube
Sci-tech
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La Réserve mondiale de semences, une chambre forte souterraine se situant sur l’île norvégienne du Spitzberg, qui est censée résister à une guerre nucléaire ou à une chute d’astéroïde, serait vulnérable face au réchauffement climatique.

 

glacier
© Sputnik. Aleksandr Solovskiy
La Réserve mondiale de semences du Svalbard, cette « Arche de Noé végétale », conçue à l'initiative de l'Onu en Arctique et destinée à conserver des graines de toutes les cultures vivrières de la Terre et ainsi préserver la diversité génétique, a été inondée par des eaux émanant d'un glacier fondu à cause de températures trop élevées.

 

Au cours des derniers mois, des températures anormalement élevées ont été recensées autour de la Réserve, qui se trouve au sein d'une montagne dans un conteneur sous le pergélisol. Malgré cela, le glacier s'est mis à fondre et l'eau s'est infiltrée dans le tunnel d'entrée. Heureusement, les graines sont intactes.

« Beaucoup d'eau a pénétré dans le tunnel d'entrée et puis tout a gelé, ça ressemblait à un glacier quand nous y avons mis les pieds », a déclaré Hege Njaa Aschim, porte-parole du gouvernement norvégien, citée par The Guardian.

Elle a ajouté que « cela ne faisait pas partie de nos projets de penser que le pergélisol disparaîtrait et que les températures seraient aussi élevées ».

D'après Mme Aschim, il était prévu que la Réserve fonctionne sans l'aide des humains.

« A présent, nous surveillons la Banque de semences 24 heures sur 24. Nous devons voir ce que nous pouvons faire afin de réduire tous les risques et garantir que la Banque puisse se débrouiller toute seule », a souligné Hege Njaa Aschim.

 

Selon elle, les travaux de réparation sont en cours. Des ingénieurs se chargent des mesures visant à protéger le bunker contre les inondations dans le futur. Notamment, ils sont en train de percer des tunnels draineurs, ôter l'équipement électrique inutile et installer des pompes, au cas où.

 

La Banque de semences a été construite en 2008. Dans le bunker, d'une profondeur de 120 mètres, sont stockés 1,5 million de paquets de graines des arbres et des cultures les plus importants du monde, à une température de —18°C.

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Lire aussi:

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Tags:
fonte des glaces, glacier, culture, réchauffement climatique, inondation, ONU, Svalbard, Norvège
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21 mai 2017 7 21 /05 /mai /2017 17:34
climat rechauffement
Climat - Réchauffement - Effet de serre - Températures

 

Les tensions politiques concernant l'Arctique s'amplifient avec le changement climatique 20/05/2017 15:32 (Par Sandra BESSON)
Les tensions politiques concernant l'Arctique s'amplifient Les tensions politiques concernant l'Arctique s'amplifient
Les tensions politiques concernant l'Arctique et ses ressources encore non découvertes s'amplifient entre les pays du Conseil Arctique, alors que le changement climatique accélère la fonte des glaces dans la région.

Alors que les ministres des affaires étrangères des pays ayant des territoires très au nord célébraient un accord de lutte contre le changement climatique cette semaine, un sujet semble être resté sous la surface : la compétition croissante pour les ressources Arctiques et les couloirs maritimes alors que la glace fond.

 

La Russie, qui est l'un des huit membres du Conseil Arctique qui inclut les Etats-Unis, le Canada et les pays nordiques, a investi beaucoup d'argent et de missiles dans l'Arctique et a aussi rouvert et construit des bases dans la région. Cela amène sa présence militaire Arctique à son plus haut niveau depuis la chute de l'Union Soviétique en 1991.

 

 

 

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Bien que le Conseil Arctique ne considère pas officiellement les questions de sécurité, le sujet était dans les esprits de tous les législateurs pendant le sommet.

 

align=baselinealign=baselineAlors que les températures de la mer augmentent, les populations de poissons se déplacent vers le nord, tout comme les bateaux de pêche align=baseline

 

Le Sénateur Dan Sullivan, un républicain d'Alaska, a déclaré avoir briefé le Secrétaire d'Etat Rex Tillerson 'qui accueillait le sommet du Conseil Arctique de jeudi- sur un rapport du Pentagone sur la stratégie Arctique, dont des extraits ont été rendus publics en février.

 

« Les Russes jouent un jeu dans l'Arctique qui ne fait rien pour réduire les tensions » a déclaré Dan Sullivan, qui a poussé le Pentagone à publier le rapport.

 

Les recommandations dans le rapport comprenaient l'augmentation de la capacité des forces américaines dans l'Arctique pour défendre le territoire et exercer la souveraineté du pays et renforcer les alliances dans une région qui est remplie de ressources naturelles.

 

Des scientifiques américains estiment que l'Arctique contient environ un tiers des ressources non découvertes de gaz naturel et 13% de son pétrole. Les prix du pétrole ne sont pas suffisamment élevés pour justifier de forer dans les eaux difficiles de l'Arctique. Mais les prix du pétrole changent et le mois dernier, le Président Donald Trump a signé un ordre exécutif pour ouvrir le forage en Arctique.

 

D'autres ressources Arctiques comprennent les Terres Rares, convoités par les fabricants de voitures électriques qui les utilisent dans les composants des moteurs. Ces métaux sont actuellement exclusivement extraits en Chine.

 

Alors que les températures de la mer augmentent, les populations de poissons se déplacent vers le nord, tout comme les bateaux de pêche, parce que des milliards de personnes dépendent du poisson pour leur apport en protéines.

 

En plus d'asseoir sa présence militaire en Arctique, la Russie construit aussi trois briseurs de glace à ajouter à sa flotte actuelle de 40 navires, dont six nucléaires.

 

Les Etats-Unis n'ont qu'un briseur de glace majeur, qui a 40 ans, et espère finir le premier d'une série de six nouveaux d'ici 2023. La fonte de la mer de glace liée au réchauffement climatique entraîne l'ouverture de nouvelles lignes maritimes, mais la glace peut rapidement se reformer.

 

Cela rend le passage périlleux pour les bateaux, c'est pourquoi les briseurs de glace sont un atout précieux.



Voir aussi :
- Trump attendra le G7 pour décider du sort de l'Accord de Paris
- Les scientifiques veulent plus de précisions dans la mesure du changement climatique

Retrouvez aussi :
- Toutes les actualit's du jour
- Toutes les actualit's sur ce th'me
 

 

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15 mai 2017 1 15 /05 /mai /2017 21:33

Le 12.05.2017 à 09h01

 

Il y avait un mystère des sources de méthane, le voilà résolu par l'expédition Helmer Hanssen. Dans certains recoins de l'océan Arctique, la libération de ce gaz à effet de serre est largement compensée par une mystérieuse absorption de CO². Explication.

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Le sous-sol de l'océan Arctique regorge de méthane

Les données ont été collectées à l'occasion d'une expédition du navire scientifique Helmer Hanssen au large de la Norvège.

KONRAD K./SIPA
 
 
 
 
 

Le méthane est un puissant gaz à effet de serre. Son effet sur le réchauffement climatique est 25 à 30 fois plus important que le tristement célèbre CO². Or, il est présent en grandes quantités dans les sous-sols océaniques de l'Arctique. Et parfois, notamment à cause des variations du climat, il s'échappe vers la surface où il est libéré dans l'atmosphère. C'est la raison pour laquelle le navire scientifique Helmer Hanssen est parti enquêter dans l'archipel du Svalbard. Mais ce que les chercheurs y ont découvert bouleverse notre compréhension du réchauffement climatique.

Plus de méthane, moins de CO² ?

C'est ce que les chercheurs ont cru, dans un premier temps. Cette expédition scientifique conjointe entre la Norvège, les Pays-Bas, l'Allemagne et les Etats-Unis explore les zones d'échappement du méthane. Or, là où le biogaz s'échappe, l'eau à la surface de la mer absorbe mieux le dioxyde de carbone. Bref, ce qu'on pensait être une source de carbone est en fait un puits.

ALGUES. Sous le plancher océanique de l'océan Arctique, les bactéries fabriquent du méthane en grandes quantités. Et sous l'effet du réchauffement climatique, ce gaz s'échappe et bouillonne vers la surface. Les scientifiques ont alors observé qu'au cours de sa remontée, le méthane entraînerait des nutriments avec lui. Selon John Pohlman, du Woods Hole Coastal & Marine Science Center, "une fois arrivés en surface, ces nutriments vont nourrir des algues, qui accélèrent la capture du CO² par l'océan".

"Ça n'enlève rien à la responsabilité humaine"

En prenant en compte l'effet dévastateur du méthane sur le climat, John Pohlman conclut que ces algues font bien plus que rétablir l'équilibre carbone de la zone. "Le refroidissement net dû à la capture de CO² surpasse l'effet du méthane de plus de 20 000 %. Or, tout procédé qui enlève du dioxyde de carbone de l'atmosphère limite le réchauffement climatique". Pour que ce processus fonctionne, il faut que le gaz s'échappe dans une faible profondeur d'eau, afin que les nutriments soient charriés jusqu'à la surface. Malheureusement, une grande partie du méthane de l'Arctique n'est pas sous-marin. Sorti de terre, il s'évapore directement dans l'atmosphère. Interrogé par Sciences et Avenir, le chercheur convient que "ce processus a commencé bien avant que l'homme ne commence à altérer le climat. Sa découverte n'enlève rien à la responsabilité humaine dans le réchauffement climatique". Au contraire, il fait peser une partie du destin de notre planète sur les épaules de ces algues marines.

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11 mai 2017 4 11 /05 /mai /2017 15:51

Même si nos émissions de GES (particulièrement le CO2) sont à peu près stables depuis 3 ans; ces particules continuent à s'accumuler de façon alarmante dans l'atmosphère terrestre. La température terrestre moyenne à augmenté de 1,1 degré Celsius depuis le début de l'ère industrielle. Or, il a été établi qu'une augmentation totale de 2 degrés Celsius nous ferait franchir le point de non-retour.

 

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25 avril 2017 2 25 /04 /avril /2017 18:51
 
 

image: http://s1.lemde.fr/medias/web/img/evenementiel/sensibilisation/jerome-fenoglio.jpg

Jérôme Fenoglio
Jérôme Fenoglio,
directeur du Monde
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Climat : comment réduire de moitié les émissions mondiales de CO2 en 2040

Un modèle énergétique décarboné est « techniquement et économiquement possible », selon les industriels et les organisations environnementales de l’ETC.

LE MONDE | • Mis à jour le | Par Pierre Le Hir

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Eviter la surchauffe de la planète, tout en stimulant le progrès économique et social, est à notre portée. Venant d’associations écologistes, la profession de foi n’aurait rien de très neuf. Mais elle émane de l’Energy Transitions Commission (ETC), une organisation internationale regroupant de grands acteurs industriels de l’énergie (dont des entreprises du secteur fossile comme le pétrolier Shell ou la compagnie minière BHP Billiton), des établissements financiers (Banque mondiale, HSBC, Bank of America Merrill Lynch…), ainsi que des partenaires scientifiques et environnementaux (comme le World Resources Institute, le Rocky Mountain Institute ou l’European Climate Foundation).

Ce rassemblement « œcuménique », qui compte parmi ses membres l’ancien vice-président américain Al Gore, veut réconcilier développement économique et action climatique. C’est dans ce cadre qu’il publie, mardi 25 avril, un rapport de 120 pages traçant la voie vers une « meilleure énergie » et une « plus grande prospérité ».

Le point de départ est l’engagement pris par la communauté internationale, lors de la COP21 de 2015 à Paris, de contenir la hausse des températures « bien en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels ». Pour empêcher cet emballement, rappellent les auteurs, il est impératif de faire chuter les émissions mondiales de CO2 à 20 milliards de tonnes (gigatonnes ou Gt) par an à l’horizon 2040, soit une division par deux par rapport à leur niveau actuel (36 Gt), sachant qu’elles grimperont à 47 Gt si les rejets de gaz à effet de serre se poursuivent au rythme actuel. Une rupture « techniquement et économiquement possible si nous agissons dès maintenant », assure le président de l’ETC, le Britannique Adair Turner. Cela, tout en garantissant à chacun « une énergie abordable, fiable et durable ».

Priorité à l’électricité décarbonée

Il y faut une transformation radicale du système énergétique mondial, qui repose aujourd’hui à 80 % sur les ressources fossiles (charbon, pétrole et gaz), responsables des trois quarts des émissions carbonées de l’humanité. La priorité devrait être donnée à une électricité décarbonée, issue de ressources renouvelables. Celle-ci, dont le coût ne devrait pas excéder 70 dollars (65 euros) le mégawattheure en 2035 – un niveau compétitif par rapport aux fossiles –, pourrait représenter 80 % du mix électrique mondial en 2040, dont 45 % provenant du solaire et de l’éolien, grâce à la baisse continue du prix de ces technologies et des systèmes de stockage. Ce verdissement contribuerait pour moitié à la réduction des émissions de CO2.

Eux Etats-Unis : le patron de l’Agence de l’environnement doute de l’impact du CO2 sur le réchauffement climatique

Des efforts de recherche « substantiels » devraient toutefois être menés pour décarboner aussi les secteurs difficiles à électrifier « à des coûts raisonnables », comme les transports, la construction ou certaines activités industrielles, en poussant les bioénergies ou le captage du CO2. Dans le même temps, la « productivité énergétique », ratio entre la production économique et l’énergie consommée, devrait être très fortement améliorée, en déployant des produits et des services moins énergivores. Ce qui pourrait contribuer pour près de 30 % à la baisse des émissions de carbone.

Dans ce nouveau paysage, les fossiles n’auraient pas complètement disparu. Mais leur part aurait reculé d’un tiers. La diminution nécessaire est drastique pour le charbon (– 70 %) et très significative pour le pétrole (– 30 %), le recours au gaz restant en revanche quasiment stable (+ 2 %). Pour éliminer l’excès résiduel d’émissions carbonées, il faudrait encore déployer des procédés de captage et de stockage du CO2 à grande échelle et développer son recyclage en matière première incorporée à des productions industrielles.

« Importants bénéfices sociaux »

Pour réussir cette transition, les auteurs évaluent entre 300 et 600 milliards de dollars (275 à 550 milliards d’euros) par an les investissements supplémentaires à consacrer au système énergétique. Une charge qui, selon eux, « ne constitue pas un défi macroéconomique majeur », si on la rapporte au PIB mondial (environ 70 000 milliards de dollars). Mais les dépenses devraient être réorientées, à la baisse dans les combustibles fossiles (–175 milliards de dollars par an durant les deux prochaines décennies), à la hausse dans les renouvelables et les technologies bas carbone (+ 300 milliards par an). Une large part des crédits devrait aller à la sobriété énergétique des bâtiments et des équipements (+ 450 milliards par an).

Lire aussi : La France pourrait produire 100 % d’énergie renouvelable en 2050

Face à ce coût, les rédacteurs du rapport mettent en avant d’« importants bénéfices sociaux », comme l’amélioration de la qualité de l’air, de la santé et de l’espérance de vie, ainsi que « les opportunités économiques » liées à l’essor de nouvelles filières industrielles. Pour le vice-président de l’ETC, l’Indien Ajay Mathur, « le monde peut transformer les défis en opportunités non seulement dans les économies développées, mais aussi dans les pays émergents ».

 
 

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/energies/article/2017/04/25/climat-comment-reduire-de-moitie-les-emissions-mondiales-de-co2-en-2040_5116891_1653054.html#ZooIQhBzCgk4HYyE.99
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23 avril 2017 7 23 /04 /avril /2017 23:00

Réchauffement : "Oui le climat a toujours changé"… mais jamais à ce point

Publié le par Alexandra Tauziac.
Réchauffement : "Oui le climat a toujours changé"… mais jamais à ce point
Que la tendance soit au réchauffement climatique, personne ne le nie...
SUBHANKAR BANERJEE

Si le climat n’est pas figé et obéit à des cycles, l’homme est largement responsable du réchauffement récent. Comment ? Et pourquoi en est-on si sûr ? Explications

Que la tendance soit au réchauffement climatique sur notre planète depuis 1850, cela ne fait aucun de doute au sein de la communauté scientifique. Ce que discutent les climatosceptiques, c’est plutôt son ampleur et l’influence de l’homme.

 

Fin mars, Vladimir Poutine se félicitait par exemple que le réchauffement, et la fonte des glaces qui l’accompagne, facilite la navigation dans l’Arctique russe et l’exploitation des ressources de cette région à des fins économiques. En revanche, le président russe mettait dans le même temps en doute le rôle de l’homme, jugeant que le réchauffement climatique est lié à "des cycles globaux sur Terre", qu’il est impossible à arrêter et que "la question est de s’y adapter".

Que le climat ne soit pas figé et obéisse à des cycles, personne ne le nie. "Il a toujours changé et il changera toujours", déclare Serge Planton, chercheur climatologue à Météo France. Mais pour comprendre pourquoi les scientifiques attribuent le réchauffement récent à l’homme, il faut bien comprendre comment le climat fonctionne et quels sont ses cycles. Pour cela, les scientifiques disposent de différentes données.

800 000 ans de données sur le climat

"On peut reconstituer l’évolution du climat sur une période d’environ 800 000 ans à partir de carottes de glace effectuées dans l’Antarctique, où nous avons des périodes de temporalité longue", explique Serge Planton. Nous savons ainsi que le climat alterne entre périodes glaciaires et interglaciaires (plus chaudes) tous les 100 000 ans.

 

Grâce aux carottes glaciaires, les scientifiques peuvent retracer l'histoire du climat sur au moins 800 000 ans.
Grâce aux carottes glaciaires, les scientifiques peuvent retracer l’histoire du climat sur au moins 800 000 ans.
Crédit photo : PHILIPPE DESMAZES AFP

 

Pour les périodes plus récentes, les scientifiques étudient également des indices moins directs, comme les cernes des arbres, les coraux, les pollens ou les relevés historiques. Ce qui leur a notamment permis de tracer une courbe de température plus fine sur les 1 300 dernières années. Ils ont ainsi pu relever des fluctuations à plus petite échelle et identifier des facteurs différents de ceux qui déterminent les périodes glaciaires et interglaciaires. Sans compter les mesures bien plus précises pour la période récente.

Glaciaire, interglaciaire : quelles différences concrètement ?

Autant d’éléments qui permettent aux climatologues d’affirmer que le dernier maximum glaciaire a eu lieu il y a 21 000 ans. Puis la température a commencé à se réchauffer progressivement (et naturellement) et nous sommes rentrés dans la période interglaciaire actuelle, il y a environ 10 000 ans, explique Serge Planton. A l’origine de ces cycles qui durent environ 100 000 ans : des variations des paramètres astronomiques. Plus exactement de l’orbite de la Terre autour du Soleil, qui évolue dans le temps, passant d’une forme quasi circulaire à une forme plus elliptique (ovale), en raison notamment des attractions gravitationnelles exercées par les planètes du système solaire ainsi que le Soleil. L’inclinaison de l’axe de rotation de notre planète influe aussi.

 

Sud Ouest
Crédit photo : CC by Nasa

 

En ce moment, l’orbite de la Terre est notamment moins allongée, ce qui explique pourquoi nous sommes dans une période interglaciaire. "Notre distance moyenne par rapport au Soleil est moins grande, plus constante sur une année", explique le chercheur-climatologue. "Nous recevons donc plus d’énergie et le climat est plus chaud."

Il existe tout de même deux mécanismes d’amplification. Tout d’abord, la couverture des glaces. Moins il y a de glaces, moins la surface de la Terre est réfléchissante et plus elle absorbe d’énergie solaire, ce qui influe sur l’écart de température entre période glaciaire et interglaciaire. Comme le précise Serge Planton, il y a 20 000 ans, la calotte glaciaire de l’hémisphère Nord s’étendait jusque sur l’Angleterre, là où aujourd’hui elle ne recouvre que le Groenland. Deuxième élément, l’augmentation des concentrations en gaz à effet de serre. En tenant compte de tout cela, concrètement, les climatologues évaluent la hausse de température entre la dernière période glaciaire et maintenant entre 3 et 8°C, à l’échelle planétaire.

 

Voici l'étendue de la calotte glaicaire de l'hémisphère Nord (à gauche), comparée à son étendue dans les années 2000 selon les observations satellites.
Voici l’étendue de la calotte glaicaire de l’hémisphère Nord (à gauche), comparée à son étendue dans les années 2000 selon les observations satellites.
Crédit photo : UCL/ASTR

 

L’étude des pollens a par ailleurs permis aux scientifiques de déterminer qu’en Europe, le climat de l’époque était plutôt de type sibérien. Une thèse notamment appuyée par les peintures murales de la grotte Cosquer, en PACA, fréquentée par l’homme il y a 27 000 et 19 000 ans avant J.-C. Sur les parois, au milieu des peintures de cervidés, aurochs et autres bisons, ont trouve aussi des représentations… de pingouins. Preuve qu’il devait faire froid du côté de Marseille à l’époque…

 

Avec la fonte des glaces, le niveau des mers a monté et la grotte Cosquer est partiellement immergée.
Avec la fonte des glaces, le niveau des mers a monté et la grotte Cosquer est partiellement immergée.
Crédit photo : Wikimedia – CC by Jespa

 

Quand à savoir combien de temps nous allons rester dans cette période plus chaude :

"Si l’on se base sur les paramètres naturels, cette période interglaciaire devrait durer 20 000 ans de plus, soit 30 000 ans au total. Mais les paléoclimatologues ont calculé qu’avec l’injection dans l’atmosphère de gaz à effet de serre dus aux activités humaines, elle pourrait durer 10 000 à 20 000 ans de plus. Ensuite, on entrera de toute façon dans une période glaciaire, progressivement, avec un maximum de froid dans 80 000 ans" Serge Planton

Bémol, certains climatologues s’interrogent sur les calottes. Vont-elles se reformer comme elles s’étaient formées lors des précédentes périodes glaciaires ? "C’est encore un sujet de recherche, car il n’est pas exclu que d’ici là, la calotte du Groenland ait complètement fondu, tout comme une partie importante de la calotte antarctique", souligne le climatologue de Météo France.

 

Et si , même lors de la prochaine ère glaciaire, les glaciers ne se reformaient pas ?
Et si, même lors de la prochaine ère glaciaire, les glaciers ne se reformaient pas ?
Crédit photo : illustration NICK COBBING

 

Peut-on soudain vivre un nouveau "petit âge glaciaire" ?

Voilà pour l’alternance entre ère glaciaire et interglaciaire. Mais il existe d’autres cycles. Par exemple, si la déglaciation d’il y a 20 000 ans s’est montrée propice au développement de l’homme, la période n’est pas exempte de fluctuations. Les chercheurs ont notamment identifié en Europe du Nord une période légèrement plus chaude entre l’an 950 et 1250 (optimum médiéval) et une période plus froide entre 1450 et 1850 (petit âge glaciaire). Là encore, l’homme n’y est pour rien.

Prenons le cas du "petit âge glaciaire" qui a duré 400 ans. Durant cette période, "même si cela n’a pas été continu, il faisait entre 0,5 et 1°c de moins dans l’hémisphère Nord", souligne Serge Planton. "On sait par exemple que le Rhône charriait des glaçons". Mais pourquoi ? Première cause : le volcanisme. Les grandes éruptions volcaniques ont tendance à refroidir le climat durant quelques années. En effet, elles libèrent d’énormes quantités de soufre, injectées dans la stratosphère et qui se transforment en aérosols, atténuant ainsi le rayonnement solaire. Exemple : l’éruption du Tambora, en 1815 en Indonésie. Considérée comme la plus violente des temps historiques, elle est à l’origine de l’année sans été (1816).

 

"Didon construisant Carthage", de William Turner. Pour son coucher de soleil rougeoyant, le peintre aurait été inspiré par l'éruption du Tambora.
"Didon construisant Carthage", de William Turner. Pour son coucher de soleil rougeoyant, le peintre aurait été inspiré par l’éruption du Tambora.
Crédit photo : CC by The Athenaeum

 

Deuxième cause : l’activité solaire. Outre un cycle de onze ans (dit "de Schwabe"), qui ne colle pas aux fluctuations du climat, il existe des variations à plus grande échelle. C’est notamment le cas du Grand minimum solaire de Maunder (1645–1715), bien documenté par l’observation des tâches solaires. A noter qu’un Grand minimum comme celui-ci n’a encore jamais été observé à notre époque, du moins depuis qu’il existe une couverture satellite.

L'éruption du Pinatubo a envoyé une importante quantité d'aérosols et de cendres volcaniques dans la stratosphère.
L’éruption du Pinatubo a envoyé une importante quantité d’aérosols et de cendres volcaniques dans la stratosphère.
Crédit photo : CC by United States Geological Survey

S’ajoutent à cela la couverture des glaces et la variabilité interne du climat. Autant de causes naturelles dont on peut se demander si elles pourraient se reproduire à notre époque, nous plongeant à nouveau dans un "petit âge glaciaire". Serge Planton y croit peu. Du moins sur une telle durée. Il y a bien eu en 1991 l’éruption du Pinatubo, aux Philippines, l’une des plus importantes du 20e siècle. Elle est considérée comme l’origine de refroidissement du climat observé à l’échelle mondiale en 1992. Mais cela n’a duré qu’un an.

Quant à l’apparent ralentissement du réchauffement observé entre 1998 et 2014, une étude parue en janvier 2017 dans la revue Sciences Advances est venue confirmer qu’il ne s’agissait que d’une simple illusion, ce qu’avait déjà avancé en 2015 l’Agence américaine océanique et atmosphérique américaine (NOAA).

Le climat se réchauffe, et l’homme en est bien responsable

Non, comme le martèlent notamment les experts du Giec (Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat), la tendance est bien au réchauffement depuis 1850. Et cela s’accélère depuis 1950. Au 20e siècle, la température moyenne du globe a augmenté d’environ 0,6 °C et celle de la France métropolitaine de plus de 1°C. Et depuis 2000, la planète a enregistré cinq années record : 2005, 2010, 2014, 2015 et 2016

Cela n’a évidemment rien à voir avec l’alternance entre ère glaciaire et interglaciaire. "Les effets du volcanisme et de l’activité solaire ayant un effet quasiment nul, on ne peut pas leur attribuer ce réchauffement non plus", ajoute Serge Planton.

Pour tenter de comprendre l’évolution actuelle, les chercheurs s’appuient sur des simulations du climat passé. Ils "jouent" sur les différents facteurs et comparent ensuite les résultats de ces simulations avec les données mesurées. En prenant uniquement en compte les facteurs de variabilité naturelle (volcanisme, rayonnement solaire et variabilité interne), les modèles montrent des résultats assez proches des observations… mais seulement jusqu’à la moitié du 20e siècle. Au-delà, les températures observées sont bien supérieures à celles simulées par le modèle. L’explication est donc ailleurs. Et il se trouve qu’il n’y a qu’en intégrant les gaz à effet de serre liés aux activités humaines que les climatologues parviennent à faire correspondre les données simulées et les mesures réelles.

"Dans l’état actuel des connaissances, la conclusion est simple : il est extrêmement probable que plus de la moitié de l’augmentation observée de la température moyenne à la surface du globe entre 1951 et 2010 est due à l’augmentation anthropique des concentrations de gaz à effet de serre et à d’autres forçages anthropiques conjugués" Les experts du Giec
 
 
Alerte résultats élections

M'avertir par email dès que les résultats des élections 2017 seront en ligne

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16 avril 2017 7 16 /04 /avril /2017 16:42

Réchauffement climatique : l'effrayant scénario d'une Terre sans glace

Réchauffement climatique : l'effrayant scénario d'une Terre sans glace

Fonte des glaces au Groënland ((NASA Goddard Space Flight Center via Wikimedia Commons))

Le changement climatique pourrait mener la planète vers un futur où tous les glaciers auraient fondu.

 

Imaginez un monde sans glace, où les seules chances de voir de l'eau gelée sont très au nord, durant des hivers particulièrement rudes. Et même dans ces lieux-là, elle fond très vite. Plus de calottes polaires, de glaciers ni de neiges éternelles. Dans ce monde-là, on peut aller au Pôle Nord à la nage, et l'Antarctique est couverte de forêts.

Le niveau de la mer est bien au-dessus de ce que nous connaissons aujourd'hui, entre 50 et 100 mètres de plus. Il n'y a pas d'isthme pour relier l'Amérique du Sud à l'Amérique du Nord. L'Afrique est un continent insulaire. L'Inde est séparée du continent asiatique, une grande partie de l'Europe du Sud (Italie, Balkans, Grèce...) est isolée par un bras de mer. Le Royaume-Uni est réduit à un chapelet de petites îles. En France, les hautes terres pyrénéennes sont des plaines côtières, et tout l'ouest est sous l'eau. La température moyenne de la planète est tropicale : 30 degrés, à comparer aux 13 et quelques enregistrés en 2016, pourtant une année record.

Une soudaine augmentation du gaz carbonique

Cette description pourrait ressembler au scénario d'un mauvais film de science-fiction. C'est pourtant une réalité... du passé. Celui de la Terre d'il y a 56 millions d'années, 10 millions après que la chute d'un météore ait provoqué l'extinction des dinosaures. Les spécialistes nomment cette période "PETM", pour "Paleocene Eocene Thermal Maximum", ou maximum thermique du passage Paléocène-Eocène. Elle devait durer quelques dizaines de milliers d'années.

La cause de ce climat exceptionnellement chaud est aujourd'hui identifiée grâce aux relevés géologiques : il s'agit de l'augmentation brutale et rapide du taux de gaz carbonique (CO2) dans l'atmosphère. Une rapidité à l'échelle géologique, bien sûr, tout cela s'est passé en quelques milliers d'années, mais l'événement a provoqué une augmentation des températures de 6 degrés par rapport à la période précédente, déjà chaude.

Pourquoi ce taux de CO² a-t-il augmenté ? Nous n'en sommes pas encore certains, mais l'on évoque la fonte du permafrost qui en aurait dégagé de très grandes quantités dans l'atmosphère.

Le PETM a duré environ 20.000 ans, avant un retour à des températures un peu moins torrides, mais toujours chaudes par rapport à ce que nous connaissons aujourd'hui. Il s'agit là du réchauffement climatique le plus intense que nous ayons identifié dans l'histoire de notre planète. Jusqu'à aujourd'hui. Car si nous sommes loin d'avoir atteint les proportions de gaz carbonique atmosphérique de cette époque reculée, leur augmentation suit pourtant une courbe bien plus raide.

"La vitesse actuelle du changement climatique est hautement inhabituelle"

Le parallèle entre le réchauffement de 56 millions d'années dans le passé et celui que nous connaissons aujourd'hui a été fait à plusieurs reprises par des scientifiques. Aujourd'hui, une nouvelle étude examine dans le détail non seulement le fameux PETM mais l'historique complet de la concentration en carbone de l'atmosphère terrestre depuis 420 millions d'années, limite posée par nos méthodes d'investigation en la matière.

Cette étude anglo-américaine, publiée dans la revue "Nature Communications", place le climat terrestre dans son contexte : à l'échelle géologique, il a été déterminé à la fois par l'augmentation de la luminosité du Soleil (de la chaleur qu'il nous apporte) et le déclin global du gaz carbonique dans l'atmosphère, l'un compensant l'autre pour nous assurer un climat décent depuis des centaines de millions d'années. Bien sûr, il y a eu des exceptions, comme le fameux PETM où les taux de gaz carbonique ont grimpé pendant quelques milliers d'années, mais sur la durée, la Terre a gardé des températures qui ont permis des alternances entre des périodes de glaciation et des âges interglaciaires sans pour autant se débarrasser de tous les glaciers et calottes polaires.

Aujourd'hui, cependant, l'humanité change la donne. "L'utilisation des combustibles fossiles, si elle ne décroît pas, va nous mener d'ici au milieu du 21ème siècle vers des valeurs de CO2 qui n'ont pas été vues depuis le début de l'Eocène (50 millions d'années)", expliquent les auteurs.

Ces concentrations en gaz carbonique ont fluctué, notent ces scientifiques, passant de 200 parties par million (ppm) durant les âges glaciaires les plus froids à 3.000 ppm pendant les époques les plus chaudes (comme le fameux intermède du PETM). De quoi rassurer les climato-sceptiques qui insistent sur les variations climatiques naturelles de notre planète ? Certainement pas. "S'il y a des preuves que notre climat a fluctué de manière importante dans le passé (la Terre étant actuellement dans une période plus froide), elles montrent aussi que la vitesse actuelle du changement climatique est hautement inhabituelle", expliquent les auteurs de l'étude.

Une situation sans équivalent depuis un demi-milliard d'années

Si l'on prend un scénario sans limitation de gaz à effet de serre, il y aurait un pic de concentration du gaz carbonique dans l'atmosphère à 2.000 ppm, qui se situerait autour de l'année 2250. A ce moment-là, en prenant en compte que le rayonnement solaire est plus puissant que dans le passé, on se retrouverait avec une situation climatique comparable à celle du début de l'Eocène.

Si le CO2 continue à croître davantage durant le 22ème siècle, et que l'humanité finit par brûler l'ensemble des réserves de charbon, de gaz et de pétrole de la planète, nous arriverions à 5.000 ppm de concentration de CO2. "Non seulement le changement climatique serait plus rapide que tout ce que la Terre a connu depuis des millions d'années, mais le climat qui existerait serait alors sans équivalent naturel, autant que nous puissions en juger, au moins depuis 420 millions d'années", précise le professeur Gavin Foster, de l'université de Southampton (Angleterre), auteur principal de l'étude.

Dans les débats sur le changement climatique, on s'intéresse rarement à ce qui pourrait se passer au-delà de ce siècle, comme si seules les conséquences à court et à moyen terme avaient vraiment de l'importance, comme si les générations de nos arrière-arrière-petits-enfants et suivantes n'avaient une existence que théorique. Et pourtant...

Si les efforts entrepris notamment à la COP21 pour contenir les émissions de gaz à effet de serre ne sont pas couronnés de succès, nous pourrions bien sûr en subir directement les conséquences dans les dizaines d'années qui viennent, avec des températures en hausse, des phénomènes météorologiques plus dévastateurs et la désertification de certaines régions du globe. Mais cela signifierait également que le 22ème siècle, à quelques générations d'écart, pourrait voir une Terre bien différente, peut-être proche de celle d'il y a 56 millions d'années. Une Terre sans glace ?

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11 avril 2017 2 11 /04 /avril /2017 20:14

Elevation du niveau de la mer : il ne reste que 10 ans pour éviter 10 000 ans de catastrophe

153 lectures11 avril 2017, 19 h 36

maree-digue-bois© Christophe Magdelaine / www.notre-planete.info - Licence : Tous droits réservés

Cela fait maintenant plus de 40 ans que l'on discute du réchauffement climatique, sans qu'aucune décision sérieuse et responsable n'ait été prise. Alors que les décisions politiques se bornent au court terme et ne considèrent pas les impacts à long terme. Or, des études récentes montrent que nos activités auront des conséquences, pas seulement sur un siècle, mais au moins sur 10 000 ans. Ainsi, pour réellement prendre en compte l'urgence de la situation climatique, mieux vaut se projeter sur le long terme et agir promptement et sérieusement. C'est tout simplement l'avenir de l'humanité qui est en jeu.

Malgré l'autosatisfaction politico-médiatique lors de la COP21 et la COP22, rien n'est réglé et tout reste à faire en matière de changement climatique : aucun engagement contraignant n'existe et les concentrations en gaz à effet de serre continuent d'augmenter fortement (les 400 ppm de CO2 ont été atteint) tandis que le monde peine à accomplir sa transition énergétique.

Or, dans les discussions politiques actuelles à l'échelle mondiale, on accorde trop d'importance aux impacts du changement climatique sur le court terme, d'ici à 2100, évacuant la portée temporelle réelle de nos activités polluantes. C'est le constat d'une nouvelle publication alarmante du European Marine Board (EMB) qui s'appuie notamment sur un article paru dans Nature Climate Change en février 2016.

Les auteurs soutiennent que les émissions de dioxyde de carbone (CO2) - résultant des activités humaines - perdureront dans l'atmosphère et continueront d'affecter le climat de la terre pour des dizaines voire des centaines de milliers d'années.

Pour étayer leur conclusion, les chercheurs s'appuient sur des analyses des climats passés qui montrent que toute augmentation de CO2 entraîne par la suite une montée du niveau des océans, avec un décalage qui peut prendre des milliers d'années, le temps que les calottes glaciaires fondent.

Vers une élévation de 52 m du niveau des océans

Selon la publication de Slangen et al. (2016), la majeure partie de l'augmentation du niveau des océans depuis 1950 s'explique par les émissions anthropiques de gaz à effet de serre. A ce titre, les scénarios établis dans les derniers rapports du GIEC montrent que le niveau de la mer devrait déjà augmenter d'un mètre d'ici à 2100. C'est beaucoup mais cela reste modeste sur un pas de temps beaucoup plus grand.

Alors que l'humanité a profité, depuis plus de 11 000 ans, d'un climat favorable à l'émancipation des civilisations, les 10 000 années qui suivent devraient voir le niveau de la mer augmenter de plus de 25 m (scénario où les émissions sont modérées) à 52 m (scénario business as usual).

Même dans le cas du scénario modéré, les conséquences seront cataclysmiques avec l'inondation de régions densément peuplées : New-York, Londres, Tokyo, Jakarta, la Randstad (Pays-Bas)... Aucune digue ni protection côtière ne pourra stopper une telle élévation du niveau des océans.

Au final, près de 20 % de la population mondiale (1,4 milliard d'habitants - chiffres actuels) sera affectée. Cela engendrera des bouleversements et des migrations de populations jamais vues dans l'histoire de l'humanité.

Si nous n'agissons pas dans les 10 ans qui viennent sans se fixer des objectifs plus ambitieux pour le changement climatique, une élévation du niveau de la mer de 25 m est hautement probable.

Les discussions et scénarios actuels sur les conséquences du changement climatique prennent généralement 2100 comme date butoir et occultent ainsi la portée réelle d'une modification du climat : au moins 10 000 ans. Ce qui signifie que nos décisions actuelles décident littéralement du futur de l'humanité. L'enjeu est tellement colossal qu'il semble imaginaire et pourtant…

2030 : seule option possible : zéro émission de gaz à effet de serre

Selon le bulletin du EMB, c'est la seule option possible. Réduire les émissions, un objectif au coeur des sommets sur le changement climatique, est maintenant insuffisant : c'est l'arrêt complet des rejets qui doit être acté. "La seule option pour éviter les changements climatiques catastrophiques est de faire des changements rapides et fondamentaux dans nos systèmes énergétiques, industriels et agricoles afin de passer à des émissions de carbone nulles ou négatives dans les 20 à 30 ans. Cela peut sembler dramatique, mais par rapport au coût humain potentiel, c'est du bon sens." souligne le rapport.

Si quelques émissions carbonées perdurent, elles devront être compensées par la reforestation, notamment des mangroves dont la capacité de fixation de carbone est la plus forte.

De nouveaux objectifs politiques sont nécessaires pour éviter cette situation. Il est essentiel de revoir l'actuelle gouvernance des systèmes énergétiques, industriels et ceux liés à l'agriculture. L'enjeu est de taille, nos sociétés seront-elles à la hauteur ? La récente élection de Donal Trump, climato-sceptique candide, nous éloigne un peu plus de la raison...

Notes

  1. L'European Marine Board (EMB) est un think tank européen. EMB est composé d'instituts de recherche en sciences marines (dont l'Ifremer), d'organismes de financement et d'universités. Le rôle de l'EMB est de coordonner l'action de ses membres afin de développer des priorités stratégiques communes et de promouvoir la recherche, la formation, l'innovation marine, notamment auprès de l'Union Européenne, de ses états membres, des états associés à l'UE, des acteurs du monde socio-économique Européen et du grand public.

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10 avril 2017 1 10 /04 /avril /2017 15:53

France-Monde Actualité

 

Environnement L’Arctique, bombe à retardement du climat

Les émissions de CO 2 sont au centre des politiques de lutte contre le réchauffement climatique. Mais un autre danger est négligé : la libération massive de méthane sous forme de bulles dans les régions arctiques, notamment en Sibérie.

Hier 05:00 par Jean-Michel Lahire , actualisé le 08/04/2017 à 21:33
Dans les régions arctiques, la fonte du pergélisol menace de libérer des milliards de tonnes de gaz à effet de serre. Des bulles qui menacent d’éclater en formant des cratères. Photo d’illustration Flickr/Steve Jurvetson
Dans les régions arctiques, la fonte du pergélisol menace de libérer des milliards de tonnes de gaz à effet de serre. Des bulles qui menacent d’éclater en formant des cratères. Photo d’illustration Flickr/Steve Jurvetson
 

C’est l’angle mort de la plupart des modèles du réchauffement climatique. Dans les régions arctiques, la fonte du pergélisol (voir nos repères) menace de libérer des milliards de tonnes de gaz à effet de serre, qui pourraient faire augmenter les températures bien au-delà des prévisions.

Rien que dans les péninsules de Yamal et de Gydan, en Sibérie, environ 7000 « bulles de méthane » viennent ainsi d’être recensées par les scientifiques russes. Et elles menacent d’éclater, formant un de ces fameux cratères qu’on croise de plus en plus dans la toundra.

Un immense congélateur en train de tomber en panne

Le phénomène, pour l’instant largement négligé dans les discussions internationales sur le réchauffement, est connu de longue date. Schématiquement, les régions arctiques agissent comme un gigantesque congélateur : on y trouve parfois des mammouths, ou de l’anthrax, mais surtout d’énormes quantités de matière organique et de gaz de décomposition, piégé sous forme solide dans le sous-sol gelé.

Mais parfois, le congélateur tombe en panne. C’est ce qui est train de se produire. Quelques degrés de plus, et le pergélisol commence à fondre : les gaz se libèrent et s’accumulent dans des cavités souterraines qui forment des « bulles » sous la surface : ce sont les pingos , qui parfois éclatent pour former un cratère ou se transformer en lac.

Dans les régions du Grand Nord canadien ou russe, les pingos font partie du paysage. Mais leur multiplication en l’espace de quelques années interroge. On en compte désormais des milliers, parmi lesquels quelques géants. Au printemps 2013, dans la péninsule de Taïmyr, des bergers avaient failli tomber dans un cratère, profond d’une centaine de mètres et large de quatre. Dix-huit mois plus tard, il dépassait les 70 mètres de diamètre. Le Pr Vladimir Epifanov, de l’institut sibérien de géologie de Novosibirsk, le suspecte d’ailleurs d’être à l’origine de la gigantesque explosion entendue par des villageois à une centaine de kilomètres de là.

Les océans chauds comme des jacuzzis

Les gaz libérés sont essentiellement du méthane, dont l’effet de serre est 25 fois supérieur à celui du CO 2. Selon le professeur Peter Wadham, chercheur à l’université de Cambridge, la libération de 8 % du méthane stocké dans l’Arctique se traduirait par une élévation immédiate de la température mondiale de 0,6 °C. Un sérieux coup de pouce au réchauffement, qui alimenterait de surcroît un redoutable cercle vicieux… « C’est une menace très réelle et très sérieuse », conclut le scientifique britannique, cité par le quotidien The Independent. Une équipe d’experts européens et américains va même plus loin, prédisant un scénario « apocalyptique » à la lumière de ce qui s’est passé lors de l’extinction massive du Permien Trias, voici 252 millions d’années.

À l’époque, avec des températures atteignant 60 °C à l’Équateur et des océans transformés en jacuzzis brûlants, 90 % des espèces avaient disparu. Or, selon leur étude, publiée en décembre dans le journal Palaeoworld , c’est une libération massive de méthane dans l’atmosphère, et non une météorite ou des éruptions volcaniques, qui aurait été à l’origine de l’essentiel de ce réchauffement.

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8 mars 2017 3 08 /03 /mars /2017 02:58

 

Les vaches produisent beaucoup de méthane, l’un des gaz à effet de serre responsable du réchauffement climatique. Mais entre manger moins de viande et créer d’autres formes d’élevage, plusieurs solutions sont possibles.

Consommer de la viande est-il mauvais pour l’environnement ? / Unsplash / CC

► « Le système productiviste, moins polluant que l’extensif »

Pascal Mainsant, économiste de l’élevage à l’Inra, membre de l’Académie de la viande

« L’élevage est souvent critiqué pour sa responsabilité dans la dégradation de l’environnement. En 2010, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture a reconnu que l’élevage, notamment à cause des flatulences des ruminants et des excréments des animaux de rente, était à l’origine de 10 % des gaz à effet de serre (GES) anthropiques. Notamment le méthane et le protoxyde d’azote, agents responsables du réchauffement climatique, et plus réchauffants que le CO2. C’est moins que ce qu’elle avait d’abord prétendu, en 2006, affirmant que ce pourcentage était de 18 % des gaz à effet de serre.

Le système productiviste est moins polluant que le système extensif. Une vache laitière Holstein française à 10 000 litres de lait par an produit quatre fois moins de méthane par litre de lait qu’une vache zébu indienne à 1 000 litres de lait par an.

Dans les pays riches, la lutte contre les gaz à effet de serre de l’élevage est possible en traitant les lisiers liquides comme en Bretagne, en transformant le méthane des fumiers et lisiers en énergie dans des unités de méthanisation, comme en Allemagne ou à la ferme des 1 000 vaches (Somme), ou en ajoutant des graines de lin à la ration alimentaire comme le fait la filière Bleu-Blanc-Coeur, diminuant le méthane du rumen de 20 %. Dans les pays en développement, cela n’est pas possible car 70 % des gaz à effet de serre de l’élevage provient d’un milliard de petits éleveurs. Globalement, l’élevage n’affame pas la planète. Si le rendement de transformation de l’herbe en viande de bovin est faible, celui du porc est de 3 kg de céréales et tourteaux pour un kilo de viande, et celui de la volaille d’un kilo de céréales pour 1 kg de viande. »

Lire aussi : Un complément alimentaire pour réduire le méthane produit par les vaches

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► « L’excès de consommation de viande nuit à l’environnement »

Arnaud Gauffier, responsable agriculture et alimentation au WWF France

« Un constat s’impose : en Occident, influencés par la publicité et l’industrie alimentaire, nous mangeons trop de viande et de protéines animales (viande, lait, fromage, œufs, poisson). Chaque jour, nous mangeons deux fois plus de protéines animales que végétales. Une mauvaise habitude qui a des effets directs en termes de santé publique : 50 % de la population est en surpoids, dont 16 % d’obèses, certes pas uniquement à cause de la viande.

Ainsi que sur l’environnement : outre les émissions de gaz à effet de serre des ruminants, nous plébiscitons la « déforestation importée » qui nous permet d’importer 35 millions de tonnes de soja par an essentiellement pour complémenter la ration de nos vaches laitières. C’est la première cause de déforestation, bien avant la culture de palmiers à huile. De plus, les cultures végétales destinées aux animaux entrent en compétition avec les cultures destinées à nourrir l’homme.

Nous ne préconisons pas d’arrêter de manger de la viande, mais d’en manger moins et de la meilleure, avec plaisir, si possible issue d’animaux élevés et nourris localement. À titre d’exemple, les poulets de Loué viennent de signer un accord avec une filière de soja du sud de la France. Idem pour le distributeur Carrefour avec le groupe agro-industriel Avril. Le bœuf, c’est-à-dire, en France, 50 % de vaches laitières et 50 % de vaches allaitantes (qui nourrissent leur petit à la mamelle) sont des ruminants capables de valoriser au mieux l’herbe des pâtures et de contribuer à stocker du carbone. Défendons les petits élevages laitiers à l’herbe. Sinon, nous n’aurons plus que des fermes-usines de 200, 300 voire 1 000 vaches. »

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