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25 avril 2017 2 25 /04 /avril /2017 18:51
 
 

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Jérôme Fenoglio
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Climat : comment réduire de moitié les émissions mondiales de CO2 en 2040

Un modèle énergétique décarboné est « techniquement et économiquement possible », selon les industriels et les organisations environnementales de l’ETC.

LE MONDE | • Mis à jour le | Par Pierre Le Hir

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Eviter la surchauffe de la planète, tout en stimulant le progrès économique et social, est à notre portée. Venant d’associations écologistes, la profession de foi n’aurait rien de très neuf. Mais elle émane de l’Energy Transitions Commission (ETC), une organisation internationale regroupant de grands acteurs industriels de l’énergie (dont des entreprises du secteur fossile comme le pétrolier Shell ou la compagnie minière BHP Billiton), des établissements financiers (Banque mondiale, HSBC, Bank of America Merrill Lynch…), ainsi que des partenaires scientifiques et environnementaux (comme le World Resources Institute, le Rocky Mountain Institute ou l’European Climate Foundation).

Ce rassemblement « œcuménique », qui compte parmi ses membres l’ancien vice-président américain Al Gore, veut réconcilier développement économique et action climatique. C’est dans ce cadre qu’il publie, mardi 25 avril, un rapport de 120 pages traçant la voie vers une « meilleure énergie » et une « plus grande prospérité ».

Le point de départ est l’engagement pris par la communauté internationale, lors de la COP21 de 2015 à Paris, de contenir la hausse des températures « bien en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels ». Pour empêcher cet emballement, rappellent les auteurs, il est impératif de faire chuter les émissions mondiales de CO2 à 20 milliards de tonnes (gigatonnes ou Gt) par an à l’horizon 2040, soit une division par deux par rapport à leur niveau actuel (36 Gt), sachant qu’elles grimperont à 47 Gt si les rejets de gaz à effet de serre se poursuivent au rythme actuel. Une rupture « techniquement et économiquement possible si nous agissons dès maintenant », assure le président de l’ETC, le Britannique Adair Turner. Cela, tout en garantissant à chacun « une énergie abordable, fiable et durable ».

Priorité à l’électricité décarbonée

Il y faut une transformation radicale du système énergétique mondial, qui repose aujourd’hui à 80 % sur les ressources fossiles (charbon, pétrole et gaz), responsables des trois quarts des émissions carbonées de l’humanité. La priorité devrait être donnée à une électricité décarbonée, issue de ressources renouvelables. Celle-ci, dont le coût ne devrait pas excéder 70 dollars (65 euros) le mégawattheure en 2035 – un niveau compétitif par rapport aux fossiles –, pourrait représenter 80 % du mix électrique mondial en 2040, dont 45 % provenant du solaire et de l’éolien, grâce à la baisse continue du prix de ces technologies et des systèmes de stockage. Ce verdissement contribuerait pour moitié à la réduction des émissions de CO2.

Eux Etats-Unis : le patron de l’Agence de l’environnement doute de l’impact du CO2 sur le réchauffement climatique

Des efforts de recherche « substantiels » devraient toutefois être menés pour décarboner aussi les secteurs difficiles à électrifier « à des coûts raisonnables », comme les transports, la construction ou certaines activités industrielles, en poussant les bioénergies ou le captage du CO2. Dans le même temps, la « productivité énergétique », ratio entre la production économique et l’énergie consommée, devrait être très fortement améliorée, en déployant des produits et des services moins énergivores. Ce qui pourrait contribuer pour près de 30 % à la baisse des émissions de carbone.

Dans ce nouveau paysage, les fossiles n’auraient pas complètement disparu. Mais leur part aurait reculé d’un tiers. La diminution nécessaire est drastique pour le charbon (– 70 %) et très significative pour le pétrole (– 30 %), le recours au gaz restant en revanche quasiment stable (+ 2 %). Pour éliminer l’excès résiduel d’émissions carbonées, il faudrait encore déployer des procédés de captage et de stockage du CO2 à grande échelle et développer son recyclage en matière première incorporée à des productions industrielles.

« Importants bénéfices sociaux »

Pour réussir cette transition, les auteurs évaluent entre 300 et 600 milliards de dollars (275 à 550 milliards d’euros) par an les investissements supplémentaires à consacrer au système énergétique. Une charge qui, selon eux, « ne constitue pas un défi macroéconomique majeur », si on la rapporte au PIB mondial (environ 70 000 milliards de dollars). Mais les dépenses devraient être réorientées, à la baisse dans les combustibles fossiles (–175 milliards de dollars par an durant les deux prochaines décennies), à la hausse dans les renouvelables et les technologies bas carbone (+ 300 milliards par an). Une large part des crédits devrait aller à la sobriété énergétique des bâtiments et des équipements (+ 450 milliards par an).

Lire aussi : La France pourrait produire 100 % d’énergie renouvelable en 2050

Face à ce coût, les rédacteurs du rapport mettent en avant d’« importants bénéfices sociaux », comme l’amélioration de la qualité de l’air, de la santé et de l’espérance de vie, ainsi que « les opportunités économiques » liées à l’essor de nouvelles filières industrielles. Pour le vice-président de l’ETC, l’Indien Ajay Mathur, « le monde peut transformer les défis en opportunités non seulement dans les économies développées, mais aussi dans les pays émergents ».

 
 

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/energies/article/2017/04/25/climat-comment-reduire-de-moitie-les-emissions-mondiales-de-co2-en-2040_5116891_1653054.html#ZooIQhBzCgk4HYyE.99
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23 avril 2017 7 23 /04 /avril /2017 23:00

Réchauffement : "Oui le climat a toujours changé"… mais jamais à ce point

Publié le par Alexandra Tauziac.
Réchauffement : "Oui le climat a toujours changé"… mais jamais à ce point
Que la tendance soit au réchauffement climatique, personne ne le nie...
SUBHANKAR BANERJEE

Si le climat n’est pas figé et obéit à des cycles, l’homme est largement responsable du réchauffement récent. Comment ? Et pourquoi en est-on si sûr ? Explications

Que la tendance soit au réchauffement climatique sur notre planète depuis 1850, cela ne fait aucun de doute au sein de la communauté scientifique. Ce que discutent les climatosceptiques, c’est plutôt son ampleur et l’influence de l’homme.

 

Fin mars, Vladimir Poutine se félicitait par exemple que le réchauffement, et la fonte des glaces qui l’accompagne, facilite la navigation dans l’Arctique russe et l’exploitation des ressources de cette région à des fins économiques. En revanche, le président russe mettait dans le même temps en doute le rôle de l’homme, jugeant que le réchauffement climatique est lié à "des cycles globaux sur Terre", qu’il est impossible à arrêter et que "la question est de s’y adapter".

Que le climat ne soit pas figé et obéisse à des cycles, personne ne le nie. "Il a toujours changé et il changera toujours", déclare Serge Planton, chercheur climatologue à Météo France. Mais pour comprendre pourquoi les scientifiques attribuent le réchauffement récent à l’homme, il faut bien comprendre comment le climat fonctionne et quels sont ses cycles. Pour cela, les scientifiques disposent de différentes données.

800 000 ans de données sur le climat

"On peut reconstituer l’évolution du climat sur une période d’environ 800 000 ans à partir de carottes de glace effectuées dans l’Antarctique, où nous avons des périodes de temporalité longue", explique Serge Planton. Nous savons ainsi que le climat alterne entre périodes glaciaires et interglaciaires (plus chaudes) tous les 100 000 ans.

 

Grâce aux carottes glaciaires, les scientifiques peuvent retracer l'histoire du climat sur au moins 800 000 ans.
Grâce aux carottes glaciaires, les scientifiques peuvent retracer l’histoire du climat sur au moins 800 000 ans.
Crédit photo : PHILIPPE DESMAZES AFP

 

Pour les périodes plus récentes, les scientifiques étudient également des indices moins directs, comme les cernes des arbres, les coraux, les pollens ou les relevés historiques. Ce qui leur a notamment permis de tracer une courbe de température plus fine sur les 1 300 dernières années. Ils ont ainsi pu relever des fluctuations à plus petite échelle et identifier des facteurs différents de ceux qui déterminent les périodes glaciaires et interglaciaires. Sans compter les mesures bien plus précises pour la période récente.

Glaciaire, interglaciaire : quelles différences concrètement ?

Autant d’éléments qui permettent aux climatologues d’affirmer que le dernier maximum glaciaire a eu lieu il y a 21 000 ans. Puis la température a commencé à se réchauffer progressivement (et naturellement) et nous sommes rentrés dans la période interglaciaire actuelle, il y a environ 10 000 ans, explique Serge Planton. A l’origine de ces cycles qui durent environ 100 000 ans : des variations des paramètres astronomiques. Plus exactement de l’orbite de la Terre autour du Soleil, qui évolue dans le temps, passant d’une forme quasi circulaire à une forme plus elliptique (ovale), en raison notamment des attractions gravitationnelles exercées par les planètes du système solaire ainsi que le Soleil. L’inclinaison de l’axe de rotation de notre planète influe aussi.

 

Sud Ouest
Crédit photo : CC by Nasa

 

En ce moment, l’orbite de la Terre est notamment moins allongée, ce qui explique pourquoi nous sommes dans une période interglaciaire. "Notre distance moyenne par rapport au Soleil est moins grande, plus constante sur une année", explique le chercheur-climatologue. "Nous recevons donc plus d’énergie et le climat est plus chaud."

Il existe tout de même deux mécanismes d’amplification. Tout d’abord, la couverture des glaces. Moins il y a de glaces, moins la surface de la Terre est réfléchissante et plus elle absorbe d’énergie solaire, ce qui influe sur l’écart de température entre période glaciaire et interglaciaire. Comme le précise Serge Planton, il y a 20 000 ans, la calotte glaciaire de l’hémisphère Nord s’étendait jusque sur l’Angleterre, là où aujourd’hui elle ne recouvre que le Groenland. Deuxième élément, l’augmentation des concentrations en gaz à effet de serre. En tenant compte de tout cela, concrètement, les climatologues évaluent la hausse de température entre la dernière période glaciaire et maintenant entre 3 et 8°C, à l’échelle planétaire.

 

Voici l'étendue de la calotte glaicaire de l'hémisphère Nord (à gauche), comparée à son étendue dans les années 2000 selon les observations satellites.
Voici l’étendue de la calotte glaicaire de l’hémisphère Nord (à gauche), comparée à son étendue dans les années 2000 selon les observations satellites.
Crédit photo : UCL/ASTR

 

L’étude des pollens a par ailleurs permis aux scientifiques de déterminer qu’en Europe, le climat de l’époque était plutôt de type sibérien. Une thèse notamment appuyée par les peintures murales de la grotte Cosquer, en PACA, fréquentée par l’homme il y a 27 000 et 19 000 ans avant J.-C. Sur les parois, au milieu des peintures de cervidés, aurochs et autres bisons, ont trouve aussi des représentations… de pingouins. Preuve qu’il devait faire froid du côté de Marseille à l’époque…

 

Avec la fonte des glaces, le niveau des mers a monté et la grotte Cosquer est partiellement immergée.
Avec la fonte des glaces, le niveau des mers a monté et la grotte Cosquer est partiellement immergée.
Crédit photo : Wikimedia – CC by Jespa

 

Quand à savoir combien de temps nous allons rester dans cette période plus chaude :

"Si l’on se base sur les paramètres naturels, cette période interglaciaire devrait durer 20 000 ans de plus, soit 30 000 ans au total. Mais les paléoclimatologues ont calculé qu’avec l’injection dans l’atmosphère de gaz à effet de serre dus aux activités humaines, elle pourrait durer 10 000 à 20 000 ans de plus. Ensuite, on entrera de toute façon dans une période glaciaire, progressivement, avec un maximum de froid dans 80 000 ans" Serge Planton

Bémol, certains climatologues s’interrogent sur les calottes. Vont-elles se reformer comme elles s’étaient formées lors des précédentes périodes glaciaires ? "C’est encore un sujet de recherche, car il n’est pas exclu que d’ici là, la calotte du Groenland ait complètement fondu, tout comme une partie importante de la calotte antarctique", souligne le climatologue de Météo France.

 

Et si , même lors de la prochaine ère glaciaire, les glaciers ne se reformaient pas ?
Et si, même lors de la prochaine ère glaciaire, les glaciers ne se reformaient pas ?
Crédit photo : illustration NICK COBBING

 

Peut-on soudain vivre un nouveau "petit âge glaciaire" ?

Voilà pour l’alternance entre ère glaciaire et interglaciaire. Mais il existe d’autres cycles. Par exemple, si la déglaciation d’il y a 20 000 ans s’est montrée propice au développement de l’homme, la période n’est pas exempte de fluctuations. Les chercheurs ont notamment identifié en Europe du Nord une période légèrement plus chaude entre l’an 950 et 1250 (optimum médiéval) et une période plus froide entre 1450 et 1850 (petit âge glaciaire). Là encore, l’homme n’y est pour rien.

Prenons le cas du "petit âge glaciaire" qui a duré 400 ans. Durant cette période, "même si cela n’a pas été continu, il faisait entre 0,5 et 1°c de moins dans l’hémisphère Nord", souligne Serge Planton. "On sait par exemple que le Rhône charriait des glaçons". Mais pourquoi ? Première cause : le volcanisme. Les grandes éruptions volcaniques ont tendance à refroidir le climat durant quelques années. En effet, elles libèrent d’énormes quantités de soufre, injectées dans la stratosphère et qui se transforment en aérosols, atténuant ainsi le rayonnement solaire. Exemple : l’éruption du Tambora, en 1815 en Indonésie. Considérée comme la plus violente des temps historiques, elle est à l’origine de l’année sans été (1816).

 

"Didon construisant Carthage", de William Turner. Pour son coucher de soleil rougeoyant, le peintre aurait été inspiré par l'éruption du Tambora.
"Didon construisant Carthage", de William Turner. Pour son coucher de soleil rougeoyant, le peintre aurait été inspiré par l’éruption du Tambora.
Crédit photo : CC by The Athenaeum

 

Deuxième cause : l’activité solaire. Outre un cycle de onze ans (dit "de Schwabe"), qui ne colle pas aux fluctuations du climat, il existe des variations à plus grande échelle. C’est notamment le cas du Grand minimum solaire de Maunder (1645–1715), bien documenté par l’observation des tâches solaires. A noter qu’un Grand minimum comme celui-ci n’a encore jamais été observé à notre époque, du moins depuis qu’il existe une couverture satellite.

L'éruption du Pinatubo a envoyé une importante quantité d'aérosols et de cendres volcaniques dans la stratosphère.
L’éruption du Pinatubo a envoyé une importante quantité d’aérosols et de cendres volcaniques dans la stratosphère.
Crédit photo : CC by United States Geological Survey

S’ajoutent à cela la couverture des glaces et la variabilité interne du climat. Autant de causes naturelles dont on peut se demander si elles pourraient se reproduire à notre époque, nous plongeant à nouveau dans un "petit âge glaciaire". Serge Planton y croit peu. Du moins sur une telle durée. Il y a bien eu en 1991 l’éruption du Pinatubo, aux Philippines, l’une des plus importantes du 20e siècle. Elle est considérée comme l’origine de refroidissement du climat observé à l’échelle mondiale en 1992. Mais cela n’a duré qu’un an.

Quant à l’apparent ralentissement du réchauffement observé entre 1998 et 2014, une étude parue en janvier 2017 dans la revue Sciences Advances est venue confirmer qu’il ne s’agissait que d’une simple illusion, ce qu’avait déjà avancé en 2015 l’Agence américaine océanique et atmosphérique américaine (NOAA).

Le climat se réchauffe, et l’homme en est bien responsable

Non, comme le martèlent notamment les experts du Giec (Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat), la tendance est bien au réchauffement depuis 1850. Et cela s’accélère depuis 1950. Au 20e siècle, la température moyenne du globe a augmenté d’environ 0,6 °C et celle de la France métropolitaine de plus de 1°C. Et depuis 2000, la planète a enregistré cinq années record : 2005, 2010, 2014, 2015 et 2016

Cela n’a évidemment rien à voir avec l’alternance entre ère glaciaire et interglaciaire. "Les effets du volcanisme et de l’activité solaire ayant un effet quasiment nul, on ne peut pas leur attribuer ce réchauffement non plus", ajoute Serge Planton.

Pour tenter de comprendre l’évolution actuelle, les chercheurs s’appuient sur des simulations du climat passé. Ils "jouent" sur les différents facteurs et comparent ensuite les résultats de ces simulations avec les données mesurées. En prenant uniquement en compte les facteurs de variabilité naturelle (volcanisme, rayonnement solaire et variabilité interne), les modèles montrent des résultats assez proches des observations… mais seulement jusqu’à la moitié du 20e siècle. Au-delà, les températures observées sont bien supérieures à celles simulées par le modèle. L’explication est donc ailleurs. Et il se trouve qu’il n’y a qu’en intégrant les gaz à effet de serre liés aux activités humaines que les climatologues parviennent à faire correspondre les données simulées et les mesures réelles.

"Dans l’état actuel des connaissances, la conclusion est simple : il est extrêmement probable que plus de la moitié de l’augmentation observée de la température moyenne à la surface du globe entre 1951 et 2010 est due à l’augmentation anthropique des concentrations de gaz à effet de serre et à d’autres forçages anthropiques conjugués" Les experts du Giec
 
 
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16 avril 2017 7 16 /04 /avril /2017 16:42

Réchauffement climatique : l'effrayant scénario d'une Terre sans glace

Réchauffement climatique : l'effrayant scénario d'une Terre sans glace

Fonte des glaces au Groënland ((NASA Goddard Space Flight Center via Wikimedia Commons))

Le changement climatique pourrait mener la planète vers un futur où tous les glaciers auraient fondu.

 

Imaginez un monde sans glace, où les seules chances de voir de l'eau gelée sont très au nord, durant des hivers particulièrement rudes. Et même dans ces lieux-là, elle fond très vite. Plus de calottes polaires, de glaciers ni de neiges éternelles. Dans ce monde-là, on peut aller au Pôle Nord à la nage, et l'Antarctique est couverte de forêts.

Le niveau de la mer est bien au-dessus de ce que nous connaissons aujourd'hui, entre 50 et 100 mètres de plus. Il n'y a pas d'isthme pour relier l'Amérique du Sud à l'Amérique du Nord. L'Afrique est un continent insulaire. L'Inde est séparée du continent asiatique, une grande partie de l'Europe du Sud (Italie, Balkans, Grèce...) est isolée par un bras de mer. Le Royaume-Uni est réduit à un chapelet de petites îles. En France, les hautes terres pyrénéennes sont des plaines côtières, et tout l'ouest est sous l'eau. La température moyenne de la planète est tropicale : 30 degrés, à comparer aux 13 et quelques enregistrés en 2016, pourtant une année record.

Une soudaine augmentation du gaz carbonique

Cette description pourrait ressembler au scénario d'un mauvais film de science-fiction. C'est pourtant une réalité... du passé. Celui de la Terre d'il y a 56 millions d'années, 10 millions après que la chute d'un météore ait provoqué l'extinction des dinosaures. Les spécialistes nomment cette période "PETM", pour "Paleocene Eocene Thermal Maximum", ou maximum thermique du passage Paléocène-Eocène. Elle devait durer quelques dizaines de milliers d'années.

La cause de ce climat exceptionnellement chaud est aujourd'hui identifiée grâce aux relevés géologiques : il s'agit de l'augmentation brutale et rapide du taux de gaz carbonique (CO2) dans l'atmosphère. Une rapidité à l'échelle géologique, bien sûr, tout cela s'est passé en quelques milliers d'années, mais l'événement a provoqué une augmentation des températures de 6 degrés par rapport à la période précédente, déjà chaude.

Pourquoi ce taux de CO² a-t-il augmenté ? Nous n'en sommes pas encore certains, mais l'on évoque la fonte du permafrost qui en aurait dégagé de très grandes quantités dans l'atmosphère.

Le PETM a duré environ 20.000 ans, avant un retour à des températures un peu moins torrides, mais toujours chaudes par rapport à ce que nous connaissons aujourd'hui. Il s'agit là du réchauffement climatique le plus intense que nous ayons identifié dans l'histoire de notre planète. Jusqu'à aujourd'hui. Car si nous sommes loin d'avoir atteint les proportions de gaz carbonique atmosphérique de cette époque reculée, leur augmentation suit pourtant une courbe bien plus raide.

"La vitesse actuelle du changement climatique est hautement inhabituelle"

Le parallèle entre le réchauffement de 56 millions d'années dans le passé et celui que nous connaissons aujourd'hui a été fait à plusieurs reprises par des scientifiques. Aujourd'hui, une nouvelle étude examine dans le détail non seulement le fameux PETM mais l'historique complet de la concentration en carbone de l'atmosphère terrestre depuis 420 millions d'années, limite posée par nos méthodes d'investigation en la matière.

Cette étude anglo-américaine, publiée dans la revue "Nature Communications", place le climat terrestre dans son contexte : à l'échelle géologique, il a été déterminé à la fois par l'augmentation de la luminosité du Soleil (de la chaleur qu'il nous apporte) et le déclin global du gaz carbonique dans l'atmosphère, l'un compensant l'autre pour nous assurer un climat décent depuis des centaines de millions d'années. Bien sûr, il y a eu des exceptions, comme le fameux PETM où les taux de gaz carbonique ont grimpé pendant quelques milliers d'années, mais sur la durée, la Terre a gardé des températures qui ont permis des alternances entre des périodes de glaciation et des âges interglaciaires sans pour autant se débarrasser de tous les glaciers et calottes polaires.

Aujourd'hui, cependant, l'humanité change la donne. "L'utilisation des combustibles fossiles, si elle ne décroît pas, va nous mener d'ici au milieu du 21ème siècle vers des valeurs de CO2 qui n'ont pas été vues depuis le début de l'Eocène (50 millions d'années)", expliquent les auteurs.

Ces concentrations en gaz carbonique ont fluctué, notent ces scientifiques, passant de 200 parties par million (ppm) durant les âges glaciaires les plus froids à 3.000 ppm pendant les époques les plus chaudes (comme le fameux intermède du PETM). De quoi rassurer les climato-sceptiques qui insistent sur les variations climatiques naturelles de notre planète ? Certainement pas. "S'il y a des preuves que notre climat a fluctué de manière importante dans le passé (la Terre étant actuellement dans une période plus froide), elles montrent aussi que la vitesse actuelle du changement climatique est hautement inhabituelle", expliquent les auteurs de l'étude.

Une situation sans équivalent depuis un demi-milliard d'années

Si l'on prend un scénario sans limitation de gaz à effet de serre, il y aurait un pic de concentration du gaz carbonique dans l'atmosphère à 2.000 ppm, qui se situerait autour de l'année 2250. A ce moment-là, en prenant en compte que le rayonnement solaire est plus puissant que dans le passé, on se retrouverait avec une situation climatique comparable à celle du début de l'Eocène.

Si le CO2 continue à croître davantage durant le 22ème siècle, et que l'humanité finit par brûler l'ensemble des réserves de charbon, de gaz et de pétrole de la planète, nous arriverions à 5.000 ppm de concentration de CO2. "Non seulement le changement climatique serait plus rapide que tout ce que la Terre a connu depuis des millions d'années, mais le climat qui existerait serait alors sans équivalent naturel, autant que nous puissions en juger, au moins depuis 420 millions d'années", précise le professeur Gavin Foster, de l'université de Southampton (Angleterre), auteur principal de l'étude.

Dans les débats sur le changement climatique, on s'intéresse rarement à ce qui pourrait se passer au-delà de ce siècle, comme si seules les conséquences à court et à moyen terme avaient vraiment de l'importance, comme si les générations de nos arrière-arrière-petits-enfants et suivantes n'avaient une existence que théorique. Et pourtant...

Si les efforts entrepris notamment à la COP21 pour contenir les émissions de gaz à effet de serre ne sont pas couronnés de succès, nous pourrions bien sûr en subir directement les conséquences dans les dizaines d'années qui viennent, avec des températures en hausse, des phénomènes météorologiques plus dévastateurs et la désertification de certaines régions du globe. Mais cela signifierait également que le 22ème siècle, à quelques générations d'écart, pourrait voir une Terre bien différente, peut-être proche de celle d'il y a 56 millions d'années. Une Terre sans glace ?

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11 avril 2017 2 11 /04 /avril /2017 20:14

Elevation du niveau de la mer : il ne reste que 10 ans pour éviter 10 000 ans de catastrophe

153 lectures11 avril 2017, 19 h 36

maree-digue-bois© Christophe Magdelaine / www.notre-planete.info - Licence : Tous droits réservés

Cela fait maintenant plus de 40 ans que l'on discute du réchauffement climatique, sans qu'aucune décision sérieuse et responsable n'ait été prise. Alors que les décisions politiques se bornent au court terme et ne considèrent pas les impacts à long terme. Or, des études récentes montrent que nos activités auront des conséquences, pas seulement sur un siècle, mais au moins sur 10 000 ans. Ainsi, pour réellement prendre en compte l'urgence de la situation climatique, mieux vaut se projeter sur le long terme et agir promptement et sérieusement. C'est tout simplement l'avenir de l'humanité qui est en jeu.

Malgré l'autosatisfaction politico-médiatique lors de la COP21 et la COP22, rien n'est réglé et tout reste à faire en matière de changement climatique : aucun engagement contraignant n'existe et les concentrations en gaz à effet de serre continuent d'augmenter fortement (les 400 ppm de CO2 ont été atteint) tandis que le monde peine à accomplir sa transition énergétique.

Or, dans les discussions politiques actuelles à l'échelle mondiale, on accorde trop d'importance aux impacts du changement climatique sur le court terme, d'ici à 2100, évacuant la portée temporelle réelle de nos activités polluantes. C'est le constat d'une nouvelle publication alarmante du European Marine Board (EMB) qui s'appuie notamment sur un article paru dans Nature Climate Change en février 2016.

Les auteurs soutiennent que les émissions de dioxyde de carbone (CO2) - résultant des activités humaines - perdureront dans l'atmosphère et continueront d'affecter le climat de la terre pour des dizaines voire des centaines de milliers d'années.

Pour étayer leur conclusion, les chercheurs s'appuient sur des analyses des climats passés qui montrent que toute augmentation de CO2 entraîne par la suite une montée du niveau des océans, avec un décalage qui peut prendre des milliers d'années, le temps que les calottes glaciaires fondent.

Vers une élévation de 52 m du niveau des océans

Selon la publication de Slangen et al. (2016), la majeure partie de l'augmentation du niveau des océans depuis 1950 s'explique par les émissions anthropiques de gaz à effet de serre. A ce titre, les scénarios établis dans les derniers rapports du GIEC montrent que le niveau de la mer devrait déjà augmenter d'un mètre d'ici à 2100. C'est beaucoup mais cela reste modeste sur un pas de temps beaucoup plus grand.

Alors que l'humanité a profité, depuis plus de 11 000 ans, d'un climat favorable à l'émancipation des civilisations, les 10 000 années qui suivent devraient voir le niveau de la mer augmenter de plus de 25 m (scénario où les émissions sont modérées) à 52 m (scénario business as usual).

Même dans le cas du scénario modéré, les conséquences seront cataclysmiques avec l'inondation de régions densément peuplées : New-York, Londres, Tokyo, Jakarta, la Randstad (Pays-Bas)... Aucune digue ni protection côtière ne pourra stopper une telle élévation du niveau des océans.

Au final, près de 20 % de la population mondiale (1,4 milliard d'habitants - chiffres actuels) sera affectée. Cela engendrera des bouleversements et des migrations de populations jamais vues dans l'histoire de l'humanité.

Si nous n'agissons pas dans les 10 ans qui viennent sans se fixer des objectifs plus ambitieux pour le changement climatique, une élévation du niveau de la mer de 25 m est hautement probable.

Les discussions et scénarios actuels sur les conséquences du changement climatique prennent généralement 2100 comme date butoir et occultent ainsi la portée réelle d'une modification du climat : au moins 10 000 ans. Ce qui signifie que nos décisions actuelles décident littéralement du futur de l'humanité. L'enjeu est tellement colossal qu'il semble imaginaire et pourtant…

2030 : seule option possible : zéro émission de gaz à effet de serre

Selon le bulletin du EMB, c'est la seule option possible. Réduire les émissions, un objectif au coeur des sommets sur le changement climatique, est maintenant insuffisant : c'est l'arrêt complet des rejets qui doit être acté. "La seule option pour éviter les changements climatiques catastrophiques est de faire des changements rapides et fondamentaux dans nos systèmes énergétiques, industriels et agricoles afin de passer à des émissions de carbone nulles ou négatives dans les 20 à 30 ans. Cela peut sembler dramatique, mais par rapport au coût humain potentiel, c'est du bon sens." souligne le rapport.

Si quelques émissions carbonées perdurent, elles devront être compensées par la reforestation, notamment des mangroves dont la capacité de fixation de carbone est la plus forte.

De nouveaux objectifs politiques sont nécessaires pour éviter cette situation. Il est essentiel de revoir l'actuelle gouvernance des systèmes énergétiques, industriels et ceux liés à l'agriculture. L'enjeu est de taille, nos sociétés seront-elles à la hauteur ? La récente élection de Donal Trump, climato-sceptique candide, nous éloigne un peu plus de la raison...

Notes

  1. L'European Marine Board (EMB) est un think tank européen. EMB est composé d'instituts de recherche en sciences marines (dont l'Ifremer), d'organismes de financement et d'universités. Le rôle de l'EMB est de coordonner l'action de ses membres afin de développer des priorités stratégiques communes et de promouvoir la recherche, la formation, l'innovation marine, notamment auprès de l'Union Européenne, de ses états membres, des états associés à l'UE, des acteurs du monde socio-économique Européen et du grand public.

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10 avril 2017 1 10 /04 /avril /2017 15:53

France-Monde Actualité

 

Environnement L’Arctique, bombe à retardement du climat

Les émissions de CO 2 sont au centre des politiques de lutte contre le réchauffement climatique. Mais un autre danger est négligé : la libération massive de méthane sous forme de bulles dans les régions arctiques, notamment en Sibérie.

Hier 05:00 par Jean-Michel Lahire , actualisé le 08/04/2017 à 21:33
Dans les régions arctiques, la fonte du pergélisol menace de libérer des milliards de tonnes de gaz à effet de serre. Des bulles qui menacent d’éclater en formant des cratères. Photo d’illustration Flickr/Steve Jurvetson
Dans les régions arctiques, la fonte du pergélisol menace de libérer des milliards de tonnes de gaz à effet de serre. Des bulles qui menacent d’éclater en formant des cratères. Photo d’illustration Flickr/Steve Jurvetson
 

C’est l’angle mort de la plupart des modèles du réchauffement climatique. Dans les régions arctiques, la fonte du pergélisol (voir nos repères) menace de libérer des milliards de tonnes de gaz à effet de serre, qui pourraient faire augmenter les températures bien au-delà des prévisions.

Rien que dans les péninsules de Yamal et de Gydan, en Sibérie, environ 7000 « bulles de méthane » viennent ainsi d’être recensées par les scientifiques russes. Et elles menacent d’éclater, formant un de ces fameux cratères qu’on croise de plus en plus dans la toundra.

Un immense congélateur en train de tomber en panne

Le phénomène, pour l’instant largement négligé dans les discussions internationales sur le réchauffement, est connu de longue date. Schématiquement, les régions arctiques agissent comme un gigantesque congélateur : on y trouve parfois des mammouths, ou de l’anthrax, mais surtout d’énormes quantités de matière organique et de gaz de décomposition, piégé sous forme solide dans le sous-sol gelé.

Mais parfois, le congélateur tombe en panne. C’est ce qui est train de se produire. Quelques degrés de plus, et le pergélisol commence à fondre : les gaz se libèrent et s’accumulent dans des cavités souterraines qui forment des « bulles » sous la surface : ce sont les pingos , qui parfois éclatent pour former un cratère ou se transformer en lac.

Dans les régions du Grand Nord canadien ou russe, les pingos font partie du paysage. Mais leur multiplication en l’espace de quelques années interroge. On en compte désormais des milliers, parmi lesquels quelques géants. Au printemps 2013, dans la péninsule de Taïmyr, des bergers avaient failli tomber dans un cratère, profond d’une centaine de mètres et large de quatre. Dix-huit mois plus tard, il dépassait les 70 mètres de diamètre. Le Pr Vladimir Epifanov, de l’institut sibérien de géologie de Novosibirsk, le suspecte d’ailleurs d’être à l’origine de la gigantesque explosion entendue par des villageois à une centaine de kilomètres de là.

Les océans chauds comme des jacuzzis

Les gaz libérés sont essentiellement du méthane, dont l’effet de serre est 25 fois supérieur à celui du CO 2. Selon le professeur Peter Wadham, chercheur à l’université de Cambridge, la libération de 8 % du méthane stocké dans l’Arctique se traduirait par une élévation immédiate de la température mondiale de 0,6 °C. Un sérieux coup de pouce au réchauffement, qui alimenterait de surcroît un redoutable cercle vicieux… « C’est une menace très réelle et très sérieuse », conclut le scientifique britannique, cité par le quotidien The Independent. Une équipe d’experts européens et américains va même plus loin, prédisant un scénario « apocalyptique » à la lumière de ce qui s’est passé lors de l’extinction massive du Permien Trias, voici 252 millions d’années.

À l’époque, avec des températures atteignant 60 °C à l’Équateur et des océans transformés en jacuzzis brûlants, 90 % des espèces avaient disparu. Or, selon leur étude, publiée en décembre dans le journal Palaeoworld , c’est une libération massive de méthane dans l’atmosphère, et non une météorite ou des éruptions volcaniques, qui aurait été à l’origine de l’essentiel de ce réchauffement.

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8 mars 2017 3 08 /03 /mars /2017 02:58

 

Les vaches produisent beaucoup de méthane, l’un des gaz à effet de serre responsable du réchauffement climatique. Mais entre manger moins de viande et créer d’autres formes d’élevage, plusieurs solutions sont possibles.

Consommer de la viande est-il mauvais pour l’environnement ? / Unsplash / CC

► « Le système productiviste, moins polluant que l’extensif »

Pascal Mainsant, économiste de l’élevage à l’Inra, membre de l’Académie de la viande

« L’élevage est souvent critiqué pour sa responsabilité dans la dégradation de l’environnement. En 2010, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture a reconnu que l’élevage, notamment à cause des flatulences des ruminants et des excréments des animaux de rente, était à l’origine de 10 % des gaz à effet de serre (GES) anthropiques. Notamment le méthane et le protoxyde d’azote, agents responsables du réchauffement climatique, et plus réchauffants que le CO2. C’est moins que ce qu’elle avait d’abord prétendu, en 2006, affirmant que ce pourcentage était de 18 % des gaz à effet de serre.

Le système productiviste est moins polluant que le système extensif. Une vache laitière Holstein française à 10 000 litres de lait par an produit quatre fois moins de méthane par litre de lait qu’une vache zébu indienne à 1 000 litres de lait par an.

Dans les pays riches, la lutte contre les gaz à effet de serre de l’élevage est possible en traitant les lisiers liquides comme en Bretagne, en transformant le méthane des fumiers et lisiers en énergie dans des unités de méthanisation, comme en Allemagne ou à la ferme des 1 000 vaches (Somme), ou en ajoutant des graines de lin à la ration alimentaire comme le fait la filière Bleu-Blanc-Coeur, diminuant le méthane du rumen de 20 %. Dans les pays en développement, cela n’est pas possible car 70 % des gaz à effet de serre de l’élevage provient d’un milliard de petits éleveurs. Globalement, l’élevage n’affame pas la planète. Si le rendement de transformation de l’herbe en viande de bovin est faible, celui du porc est de 3 kg de céréales et tourteaux pour un kilo de viande, et celui de la volaille d’un kilo de céréales pour 1 kg de viande. »

Lire aussi : Un complément alimentaire pour réduire le méthane produit par les vaches

––––––––––––––––--------

► « L’excès de consommation de viande nuit à l’environnement »

Arnaud Gauffier, responsable agriculture et alimentation au WWF France

« Un constat s’impose : en Occident, influencés par la publicité et l’industrie alimentaire, nous mangeons trop de viande et de protéines animales (viande, lait, fromage, œufs, poisson). Chaque jour, nous mangeons deux fois plus de protéines animales que végétales. Une mauvaise habitude qui a des effets directs en termes de santé publique : 50 % de la population est en surpoids, dont 16 % d’obèses, certes pas uniquement à cause de la viande.

Ainsi que sur l’environnement : outre les émissions de gaz à effet de serre des ruminants, nous plébiscitons la « déforestation importée » qui nous permet d’importer 35 millions de tonnes de soja par an essentiellement pour complémenter la ration de nos vaches laitières. C’est la première cause de déforestation, bien avant la culture de palmiers à huile. De plus, les cultures végétales destinées aux animaux entrent en compétition avec les cultures destinées à nourrir l’homme.

Nous ne préconisons pas d’arrêter de manger de la viande, mais d’en manger moins et de la meilleure, avec plaisir, si possible issue d’animaux élevés et nourris localement. À titre d’exemple, les poulets de Loué viennent de signer un accord avec une filière de soja du sud de la France. Idem pour le distributeur Carrefour avec le groupe agro-industriel Avril. Le bœuf, c’est-à-dire, en France, 50 % de vaches laitières et 50 % de vaches allaitantes (qui nourrissent leur petit à la mamelle) sont des ruminants capables de valoriser au mieux l’herbe des pâtures et de contribuer à stocker du carbone. Défendons les petits élevages laitiers à l’herbe. Sinon, nous n’aurons plus que des fermes-usines de 200, 300 voire 1 000 vaches. »

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28 février 2017 2 28 /02 /février /2017 16:33

Le cratère Batagaika en Sibérie devient si grand qu'il est en train de nous dévoiler comment était le climat il y a 200.000 ans

Il y a plusieurs dizaines d'années, un cratère est apparu tout d'un coup, sans prévenir et chaque année il grandit un petit peu plus. En plus d'être un phénomène indicateur du réchauffement climatique, il permet aussi aux scientifiques d'étudier l'évolution du climat et la formation de notre monde. Et aujourd'hui, il est devenu si profond qu'il dévoile comment était le climat ces 200.000 dernières années.

Appelé "la porte de l'Enfer" par les locaux, les lakoutes, cet énorme cratère est apparu il y a plusieurs dizaines d'années. Le trou est de plus en plus profond et fait aujourd'hui 86 mètres de profondeur et fait près d'un kilomètre de long. Mais l'année prochaine, ces chiffres ne seront déjà plus justes tellement ce cratère évolue sans cesse. Certains scientifiques appellent aussi ce trou le "megaslump".

Le trou de l'enfer

Si pour les locaux, ce trou est vu comme le diable en personne, pour les scientifiques c'est une aubaine. Car c'est un véritable terrain de jeux pour tous ceux qui aimeraient en savoir un petit peu plus sur l'évolution de notre climat, sur la formation de la Terre, etc. Aujourd'hui, le cratère est devenu si profond qu'il nous donne des indications sur le climat d'il y a 200.000 ans. La rapide évolution du cratère donne aussi beaucoup d'informations immédiates et un aperçu sur pergélisol, considéré comme THE indicateur pour le réchauffement climatique. Le pergélisol est un sous-sol gelé dont la persistance ou la disparition est directement liée au réchauffement.

 

Ce trou est une mine d'or

La cratère donne accès à de nouveaux pergélisols, c'est pour cette raison qu'il est très intéressant pour les scientifiques. Grâce à l'étude de ceux-ci, ils ont pu découvrir et avoir des indices sur 200.000 ans d'histoire climatique. Une récente étude publiée en janvier 2017 a révélé que le climat de la Terre a connu en alternance des périodes glaciaires plus chaudes et puis très très froides.

Julian Murton, scientifique de l'université de Sussex en Grande-Bretagne, explique que grâce aux données récoltées dans ce cratère, on va faire des avancées incroyables. "Si nous pouvons comprendre comment était l'écosystème avant, alors cela pourrait nous donner des indications sur comment l'environnement pourrait changer si le climat se réchauffe".

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23 février 2017 4 23 /02 /février /2017 16:24

Pourquoi les océans sont essentiels dans la régulation du climat mondial

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GLACE OCEAN
L'océan joue un rôle majeur dans la régulation du climat mondial | Pixabay/CC

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CLIMAT - Les océans jouent un rôle déterminant dans la régulation du climat mondial. Sans l'océan, le contraste thermique entre les tropiques et les pôles serait de plusieurs centaines de degrés, rendant ainsi la planète invivable. C'est ce qu'ont souligné, mercredi 22 février à Rabat, des experts et scientifiques participant aux travaux de la session plénière solennelle 2017 de l'Académie Hassan II des sciences et techniques, organisée du 21 au 23 février.

Selon la coprésidente du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), Valérie Masson-Delmotte, les océans jouent un rôle crucial dans le fonctionnement du système climatique (bilan énergie, cycle du carbone, cycle de l’eau, mode de variabilité du climat) dans la mesure où l’intensité et la structure spéciale de la température de surface des océans affecte la circulation atmosphérique et les événements météorologiques.

Comprendre les océans pour évaluer les risques

Ainsi, les vents mettent en mouvement les eaux de surface qui constituent le moteur des phénomènes de remontée des eaux profondes, froides et riches en nutriment vers la surface, par exemple sur la côte atlantique marocaine, a-t-elle expliqué.

Après avoir présenté quelque indicateurs clés de l’état du climat et les nombreux impacts du réchauffement climatique et les causes de l’augmentation de la concentration atmosphérique en CO2 depuis 1950, la paléoclimatologue française a démontré, graphiques et cartes à l’appui, que l’évolution de la température de surface est le résultat du déséquilibre radiatif de la terre.

Valérie Masson-Delmotte a, de même, mis en évidence des réorganisations majeures de la circulation de l’Océan atlantique nord, en particulier lors des périodes glaciaires, associées à des instabilités abruptes du climat des régions voisines et ce grâce à l’étude des archives du climat, comme les sédiments marins.

D'après l’experte, l’influence humaine sur le climat est clairement établie. Les rejets de gaz à effet de serre affectent l’état physico-chimique des climats, d'où l'importance de comprendre le rôle des océans dans le système climatique pour évaluer les risques associés à l’évolution future du climat.

Les océans, ces grands absorbeurs de chaleur

Abondant dans le même sens, l'ancien directeur de la météorologie nationale, Abdallah Mokssit, actuel secrétaire général du GIEC, a donné un aperçu sur les processus de modélisation du rôle des océans et les risques de changement abrupts.

Pour ce membre correspondant de l'Académie Hassan II des sciences et techniques, les océans, qui représentent 70% de la planète bleue, créent la moitié de l’oxygène de la Terre et fournissent 20% des protéines animales consommées, ont un rôle de régulation du climat à l’échelle globale, en absorbant plus de 90% de la chaleur cumulée dans l’atmosphère et 25% du CO2 créé par l’homme.

LIRE AUSSI:

Chaleur, pluie... Quel climat connaîtra le Maroc dans les années à venir?

 
 

"Le changement climatique affectera les processus liés au cycle du carbone d’une manière qui accélérera l’accroissement du CO2 atmosphérique (degré de confiance élevé), de même que la poursuite de l’absorption de carbone par l’océan augmentera son acidification", a-t-il noté.

Même son de cloche pour la scientifique française Anny Cazenave, qui a affirmé que le niveau moyen global de la mer, principal réservoir de chaleur de système climatique, est l'un des meilleurs indicateurs du changement climatique actuel, mettant en exergue les contributions individuelles à la hausse du niveau de la mer.

La mer pourrait monter de deux mètres d'ici 2100

Passant en revue les quatre scénarios de réchauffement et les émissions de gaz à effet de serre associées, la spécialiste en géodésie et océanographie spatiale a fait observer que la hausse du niveau de la mer s'est accélérée au cours de la dernière décennie et continuera à monter pendant plusieurs siècles à cause de la grande inertie thermique de l'océan. Elle pourrait ainsi monter de deux mètres d'ici 2100.

Au Maroc, si l’amplitude des impacts du changement climatique diffère par rapport aux pôles antique et antarctique et aux pays insulaires, les 3.000 kilomètres de côtes rendent le pays vulnérable. Elles sont et seront en effet concernées en premier lieu par les conséquences du changement climatique, car l’océan atlantique et la mer Méditerranée constituent une source de revenus des populations et contribuent en grande partie à sa sécurité alimentaire, a alerté Abdallah Mokssit.

Les propriétés physico-chimiques des océans changent, ce qui a des conséquences sur les propriétés et la dynamique de l’océan, sur ses échanges avec l’atmosphère et sur les écosystèmes marins et leurs habitats, a fait savoir le secrétaire général du GIEC.

Organisée du 21 au 23 février, cette rencontre annuelle, qui réunit des experts internationaux, des chercheurs et des climatologues des quatre coins du monde, traite de plusieurs thématiques, notamment "la modélisation des interactions océan-climat", "les niveaux de mers et événements climatiques extrêmes", la "thermodynamique et chimie des océans et impacts sur les ressources".

LIRE AUSSI: Plus d'un jeune Africain sur deux estime que son gouvernement ne lutte pas assez contre le changement climatique

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21 février 2017 2 21 /02 /février /2017 16:43

Après le début de la Guerre Froide, les scientifiques de l’Université de Chicago ont créé une horloge sur laquelle minuit représente la fin du monde. Si à l'origine l'horloge de l'apocalypse représentait le risque d'une guerre nucléaire mondiale, elle a évolué au fil du temps. Créée en 1947 par un groupe de scientifiques dont une dizaine de prix Nobel, l'horloge de l'apocalypse a changé en 2007. Elle prend depuis en considération le changement climatique, les problèmes liés aux hydrocarbures et les problèmes liés aux nouvelles technologies. Donald Trump, signe de l'apocalypse L'année 2017 s'annonce terrible puisque l’heure de la fin du monde a été avancée de 30 secondes le 27 Janvier dernier. Elle affiche désormais 23:57:30. Une décision inquiétante prise en réponse notamment à l’élection de Donald Trump ! Cela faisait 63 ans que nous n'avions pas été aussi proche de minuit, plus précisément depuis l'explosion de la bombe à hydrogène en Russie. Pourtant aujourd'hui le constat est sans appel et les scientifiques s’inquiètent. "[...] de la forte montée du nationalisme dans le monde, des déclarations du président Donald Trump sur les armes nucléaires, du réchauffement climatique et de la détérioration de la sécurité mondiale dans un contexte de technologies de plus en plus sophistiquées". Le Conseil scientifique et de sécurité du bulletin a déclaré : "Cette situation mondiale déjà menaçante a été la toile de fond d'une montée du nationalisme dans le monde entier en 2016 [...] y compris lors d'une campagne présidentielle au cours de laquelle le futur vainqueur, Donald Trump, a fait des commentaires inquiétants au sujet de l'utilisation et de la prolifération des armes nucléaires et a exprimé son incrédulité face au consensus scientifique accablant sur le changement climatique". Éveiller les consciences Depuis sa création en 1947, l'horloge de l'apocalypse a été ajustée 19 fois, de minuit moins deux en 1953 à minuit moins 17 minutes en 1991, fin de la Seconde guerre Mondiale. Si l'apocalypse n'est pas imminente il reste que le monde va mal. "Les faits sont des choses persistantes et il faut les prendre en compte pour préserver l’avenir de l’humanité", a commenté le physicien Lawrence Krauss qui participe au réglage de l'horloge. Une horloge qui sert avant tout à alerter la population sur les dangers qui nous entourent et à nous remettre les pendules à l'heure ! Publié par Sophie Bernard, le 20 février 2017

En savoir plus : http://www.ohmymag.com/sciences/les-scientifiques-ont-avance-l-039-heure-de-la-fin-du-monde-et-ca-fait-peur_art106207.html
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19 février 2017 7 19 /02 /février /2017 21:58
 
 

Climat : 2017 démarre fort

Les températures planétaires de janvier 2017, tout juste publiées par les équipes scientifiques qui surveillent le climat terrestre, sont assez curieuses. D’abord, elles sont bien élevées.

Températures planétaires en janvier 2017, 2016 et 2015

Avec 0,92°C au dessus d’une moyenne climatologique calculée sur la période 1951/1980, janvier 2017 est au dessus de janvier 2015, et au troisième rang des mois de janvier depuis le début de la série des relevés thermométriques planétaires. La carte de ces températures (exprimées en écart à la moyenne climatologique) montre un globe presque partout au dessus de cette moyenne sauf quelques exceptions. Surtout un vaste disque centré sur la Méditerranée où elles sont inférieures, ainsi qu’une zone continentale et océanique centrée sur la côte nord-ouest des Etats-Unis et du Canada.

Du coup, la décennie en cours poursuit sans faiblir la série du réchauffement climatique observé depuis plus d’un siècle. Et surtout celle qui dure depuis le milieu des années 1970 et qui n’a aucune autre explication plausible que l’intensification de l’effet de serre planétaire par nos émissions de gaz à effet de serre.

Le réchauffement climatique vu par tranche de dix ans.

Un graphique politique

Une autre manière d’en prendre la mesure est de considérer la courbe de ces températures (mesurées à un mètre au dessus des sols sur les continents pour l’air et à la surface des océans pour l’eau) depuis 1880. Le graphique ci-dessous est « politique ». Non que la science y soit biaisée par une fraude quelconque, mais le choix de la période de comparaison – 1880/1920 et non 1951/1980 – fait explicitement référence à la Convention Climat de l’ONU. Celle-ci, dans les décisions de sa Conférence des parties (COP-21) tenue à Paris en décembre 2015 a fixé l’objectif de ne pas dépasser les 2°C de plus qu’avant l’ère industrielle, et même de se rapprocher le plus possible des 1,5°C, selon la demande des pays les plus vulnérables au changement climatique. Ce que dit cette présentation, c’est que l’objectif le plus ambitieux est déjà totalement hors de portée, et que les 2°C exigent des décisions beaucoup plus fortes que celles prises lors de cette COP.

Evolution de la température planétaire en écart la moyenne 1880/1920 (GISS, NASA).

Glaces en recul

Le climat planétaire de ce début d’année 2017 montre un autre trait frappant. Celui d’un spectaculaire recul d’une partie de la cryosphère terrestre, la banquise. Ou plus exactement les banquises, celles de l’Arctique et de l’Antarctique.

Pour l’Arctique, les glaciologues sont désormais habitués, depuis son observation quotidienne par satellites depuis 1979, à enregistrer une tendance nette à la diminution de sa surface.

L’évolution de la banquise arctique en janvier depuis 1980 vue par satellites.

En revanche, la banquise de l’Antarctique ne montrait nulle tendance à se rétracter, avec même des phases de croissance ces dernières années. L’année 2016 a montré une rupture nette, dont il est beaucoup trop tôt pour dire s’il s’agit d’une fluctuation naturelle déconnectée du réchauffement planétaire où une conséquence de ce dernier.

Un mystère dans le Pacifique tropical

Il y a toutefois quelque chose de curieux dans la carte des températures de janvier 2017. Si l’on compare cette carte avec celle de janvier 2016, nettement plus chaude avec un écart de 1,13°C au dessus de la moyenne, il apparaît que la cause de cette différence notable se situe essentiellement dans le Pacifique tropical où l’on distingue une longue « langue » rouge, signe d’un El Niño particulièrement intense (attention, il faut fortement corriger son impression visuelle des rapports de surface entre les zones tropicales et les hautes latitudes, la représentation cartographique choisie surdimensionne ces dernières).

Où est donc le « curieux » de l’affaire ? En ce que le très fort El Niño de 2015 et 2016 n’a pas donné suite comme souvent mais pas systématiquement, à une Niña toute aussi forte, un phénomène responsable d’un coup de froid sur l’indicateur de température planétaire. Comme l’indique le graphique ci-dessous.

L’oscillation ENSO (El Niño southern oscillation) vue à travers la hauteur de la mer au centre du Pacifique tropical.

Pour l’instant, l’oscillation ENSO ne se conduit pas selon la métaphore souvent utilisée par les océanographes pour l’expliquer : celle d’une balançoire. Après le très vigoureux El Niño des deux dernières années, on s’attendait plutôt à une forte Niña. Or, pour l’instant, le Pacifique est dans des conditions dites « neutres », ni l’un ni l’autre. Mais surtout, les prévisions des océanographes sont non seulement plus en faveur d’une poursuite de cette neutralité mais la seconde option qu’elles privilégient n’est pas une Niña mais un Niño.

Prévisions pour ENSO en 2017

Le Pacifique va t-il nous concocter un nouveau mystère dans le fonctionnement d’ENSO ? S’agit-il d’un effet du changement climatique – ENSO est un phénomène dit « couplé » entre la température de surface et profonde du Pacifique tropical et de son interaction avec les vents – qui modifierait déjà le mécanisme qui provoque cette oscillation ? Et compliquerait encore plus sa prévisibilité, alors que se préparer à ses phases extrêmes est crucial pour la pêche au large des côtes andines et pour des millions d’agriculteurs en Amérique et en Asie ou en Australie, ainsi que pour les parades aux pluies diluviennes et aux sécheresses qu’il occasionne.

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